Chronique

Tommaso Iacoviello

Birds

Tommaso Iacoviello (tp), Nazareno Caputo (vib), Nicolò Francesco Faraglia (g), Ferdinando Romano (b), Saverio Cacopardi (d)

Label / Distribution : GleAM Records

Plus qu’une carte de visite, Birds nous fait découvrir l’univers de Tommaso Iacoviello. Ce trompettiste originaire de la région de Livourne s’était fait remarquer sur les albums Ornettiana de Monica Nica Agosti, Visions - Homage to William Blake de Clizia Miglianti et Totem de Ferdinando Romano. Ses collaborations avec Stefano Battaglia dans son laboratoire de recherches musicales et avec les associations Save The Children et Animali Celesti dédiées à l’inclusion sociale de populations en difficulté témoignent de sa vivacité.

Le standard « Ornithology », souvent attribué à tort au seul Charlie Parker mais co-signé avec le trompettiste Benny Harris, est-il l’une des raisons qui ont incité Tommaso Iacoviello à dédier cet enregistrement aux chants mélodieux des oiseaux ? S’il tient à bien préciser que les sons naturels sont souvent noyés sous des bruits artificiels, sa composition « Tottavilla » apporte une réponse plausible : aucune précipitation dans le déroulement thématique, les musiciens s’envolent sans toutefois se perdre de vue, tout comme le faisaient les inventeurs du bebop. La trame mélodique demeure omniprésente et les intonations de la trompette lorsqu’elle s’engage dans des solos fait immanquablement penser à Enrico Rava, cet oiseau rare comme l’est l’Ara de Spix. Ensoleillé, « Rigogolo » instaure des dialogues expansifs, les interventions solistes diffusent une poésie rêveuse et le quintet apparaît comme en équilibre sur la branche haute d’un arbre.

L’irisation des couleurs musicales succède aux gazouillis qui accompagnent la contrebasse dans le délicat « Uccellande ». Ces atmosphères habilement détaillées qu’installe Nazareno Caputo amplifient la densité orchestrale. Ce n’est pas un hasard si ce vibraphoniste diplômé en architecture s’intéresse aux liens entre cette forme d’expression majeure et la recherche musicale. La vitalité contagieuse de « Valsolda » est rehaussée par la guitare de Nicolò Francesco Faraglia, déjà remarqué pour ses albums Smòs Octuor et Kissós. Garant de cette harmonisation sonore, le batteur Saverio Cacopardi privilégie un jeu aérien qui évite les tournures démonstratives. Tout comme Olivier Messiaen qui enregistrait et transcrivait les chants d’oiseaux, Tommaso Iacovello inscrit Birds dans une mouvance artistique qui démontre que la nature reste une source d’inspiration inépuisable.

par Mario Borroni // Publié le 19 avril 2026
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