Scènes

Un Soup’Mix dans une Marmite Infernale

« On the soupe again »


Dans le cadre du festival "À Vaulx jazz", Soup’Mix s’est donc allié à la Marmite Infernale pour réaliser sous nos yeux une soupe-happening d’un genre nouveau. Pas seulement un plat ou une performance gastronomique, mais plutôt des alliances de sens qui fonctionnent en ordre dispersé.

De toute façon, on sera partial. Isabelle aux fourneaux réussit ce miracle de faire aimer la soupe à ceux qui l’ont toujours détestée. Pis, elle parvient à en extirper un univers où s’installe une étrange ambiance, une poésie inhabituelle. Comme un village reconstitué ou un retour au bercail. Certes, il ne s’agit pas seulement d’un plat et d’une performance gastronomique : Soup’Mix est beaucoup plus que ça. D’ailleurs, ça se goûte, ça s’écoute et ça se regarde grâce au happening vidéo-musical concocté par Wolfgang Spindler, complice-soupier de chaque instant.

Habituellement, ça se passe comme cela : la soupe est au centre de la fête et tour à tour, chacun, chacune, un brin amusé, un brin curieux, un brin emprunté s’approche des grandes casseroles où officient Isabelle et ses aides. Un côté procession-rituel, chacun repartant muni de son précieux bol alors que la musique tonne. Peu à peu, ça prend. Une atmosphère assez inédite s’installe, rigolote, branchouille un tantinet, mais tout de même décontractée et « fort sympathique », comme on dit dans les remises de décorations.


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Photo X/DR

Ce jour-là toutefois, il s’agissait d’autre chose : Soup’Mix partageait en effet la scène avec la Marmite Infernale, trente ans d’âge, déjà présente d’ailleurs à la première édition du festival. Et Jean Méreu et acolytes, en grande formation, avaient prévu d’y jouer leur nouveau répertoire : « Envoyez la Suite ».

Comme il était difficile de servir la soupe aux 400 personnes présentes, les deux événements se sont plutôt associés ou succédé que mêlés. En haut, la Marmite avec ses 14 musiciens mobilisés pour la circonstance et occupant toute la scène. En bas, Isabelle Laurent, surveillant avec ses petits mitrons-mitronnes, le « minestrone » réalisé pour l’occasion (Soup’Mix inaugure chaque fois une nouvelle recette).

C’est donc la Marmite [1] qui a démarré la soirée en égrenant cette Suite nouvelle. Une pièce très écrite par des pensionnaires de la Marmite. Qu’ils soient membres de la première heure de ce chaudron musical ou nouveaux venus, c’est la même envie d’une musique-pied-de-nez mêlant diverses univers, passant à cloche-pied d’un rythme sur l’autre, d’une influence à l’autre, d’un clin d’œil à un autre.

« À la Soupe ! » Une invite. Un cri du cœur. Pendant que la Marmite reprend des forces démarre le Soup’Mix. Pour l’occasion, pas le répertoire habituel que balance l’équipe via les platines ou des formations appelées pour l’occasion mais plutôt des passages musicaux, des déclamations sous forme de duo ou de petites interventions musicales de tel ou tel membre de la Marmite.


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Photo X/DR

Mais pour le coup, on ne retrouve pas totalement l’ambiance habituelle des Soup’Mix, ces inventions hard-vidéo-musico se mêlant avec bonheur à des soupes de mémère/pépère pour faire surgir un monde étrange et festif. Peut-être en raison des personnalités de la Marmite et de Soup’Mix ? Peut-être parce que la « logistique » a contraint les événements à se succéder plutôt qu’à se mêler vraiment.

Le public, lui a apprécié. En raison de cette alliance rare de mets, de spectacle et de sons, combinant le goût, l’écoute et le regard. Un spectacle complet ? Au final, la soirée se concluait par d’autres interventions de Bolcato and Co et surtout par une soupe au chocolat, première du genre, en guise de dessert ou de cerise sur le gâteau, comme on en trouve sur les « lampions » provençaux, ces petits gâteaux rarissimes bourrés d’amandes devenus quasi introuvables. Mais là, on s’écarte du sujet…

par Jean-Claude Pennec // Publié le 16 avril 2007
P.-S. :

Soup’ Mix :

Isabelle Laurent (Soupe Jockey) assistée de Lucie Spindler, Héloïse Leveau, Jutta Scheffer, Anouk Mevel et Hélène Marcel, Wolfgang Spindler vidéo live, assisté de Christophe Fiorletta et Didier Dematons, Bruno Collet aka Max Cara, DJ mix set, Mikaël Michaux et Nicolas Robert, technique.

Big band de l’Arfi :

Saxophones : Jean Paul Autin, Contrebasse : Jean Bolcato, Trompette : Jean Luc Cappozzo, Tuba : Jean François Charbonnier, Trombone : Patrick Charbonnier, Sampler : Xavier Garcia, Trombone : Alain Gibert, Piano, accordéon : Pascal Lloret, Trompette : Jean Mereu, Batterie percussions : Christian Rollet, Percussions, objets : Alfred Spirli, Contrebasse : Claude Tchamitchian, Saxophones : Guy Villerd

À Vaulx Jazz
Vendredi 16 mars 2007
Centre Culturel Charlie Chaplin
Vaulx-en-Velin

[1le grand orchestre de l’Arfi