Valentina Fin

Negli stessi fiumi

Valentina Fin (voc), Angela Centanin (perc), Alberto Rassu (voc, fl, g, b), Leonardo Franceschini (g)

Label / Distribution : Bacàn Music Production

Les investigations conceptuelles développées par Valentina Fin aboutissent à cet ultime album inspiré par les méandres du fleuve du Trentin-Haut-Adige, le Brenta. Si le dérèglement climatique demeure sous-jacent, l’importance de l’eau comme composante essentielle pour la survie de tous les organismes vivants ressurgit avec des passerelles qui lient l’élocution contemporaine à la musique ancienne.

La biologie demeure un facteur déterminant dans ces huit compositions où l’écriture lyrique et les sons cristallins ne font plus qu’un. Spécialiste de la guitare classique, Alberto Rassu bénéficie d’une longue expérience de soliste au sein des formations de musique de chambre et il amplifie le spectre sonore avec ses interventions subtiles aux vocaux, à la basse, aux percussions et à la flûte. Il co-signe le morceau « Negli stessi fiumi » avec Valentina Fin irrésistible au chant, l’éclat de son timbre vocal associé à la clarté des arpèges de la guitare génère une exquise lisibilité musicale. L’heureux mariage entre des polyphonies intemporelles et des improvisations modernes émerge dans « Ecco mormorar l’onde » baigné par les rythmes de la guitare électrique.

Quatre pièces sont consacrées à des arrangements de madrigaux antiques composés par des artistes italiens du XVIe siècle. En premier lieu avec la première femme à avoir publié un recueil entier de pièces sous son nom à la Renaissance, Maddalena Casulana. Il est bon de rappeler que cette musicienne eu le courage d’exposer à Isabelle de Médicis l’erreur que commettent les hommes en pensant qu’eux seuls possèdent les dons d’intelligence et que de tels dons ne sont jamais donnés aux femmes. Sa détermination exemplaire s’applique pleinement à Valentina Fin qui établit un lien fort entre le respect de la tradition et l’incorporation d’improvisations contemporaines sensuelles. Pierluigi da Palestrina et Claudio Monteverdi sont également mis à l’honneur avec la synergie déployée par Angela Centanin et Leonardo Franceschini, depuis longtemps rompus au langage du jazz. Tel un cours d’eau destiné à se jeter dans l’immensité d’une mer, ce disque amplifie les connexions entre des textes poétiques, des incantations vocales et une recherche expérimentale calquée sur des partitions séculaires.