Viktoria Søndergaard
Music of Secrets
Viktoria Søndergaard (vib), Elvira Skovsang (voc), Frederik Blæsild Vuust (p), Ida Duelund (b), Siv Øyunn (d).
Label / Distribution : April Records
Il y a dans ce premier album de la vibraphoniste danoise Viktoria Søndergaard quelque chose du buffet des grands jours. Grâce à une musique assez lumineuse et très joueuse, on passe de la pop la plus directe à des reflets de cabaret en passant - chose surprenante et tout à fait enthousiasmante - par du rap. Du rap danois, me direz-vous ? Et pourquoi pas du salami texan ? Écoutons « So Nice », à la fois fragile et très bien orchestré, posé par le pianiste Frederik Bloesild Vuust qui a une importance cruciale dans l’orchestre. Lorsque la scansion arrive, que la chanteuse Elvira Skovsang s’efface au profit du reste du quintet, on voyage en accéléré dans un univers aux facettes multiples mais aussi turbulentes. Comme l’est intrinsèquement Søndergaard.
On pourrait s’en tenir à l’approche très pop de Music Of Secrets. C’est la couleur qui sied le mieux à April Records qui publie l’album. C’est ce qui émerge de « Her Absence », où Vuust qui donne de la voix en est la parfaite illustration, bien souligné par la batterie discrète et fleurie de la Norvégienne Siv Øyunn qu’on connaît pour son travail avec Frode Haltli et son Avant Folk. Mais que dire alors d’un morceau plus abstrait, comme le très beau « The Human Noise », où la voix de Skovsang travaille avec un vibraphone plus contemporain, très proche de Vuust ? Rien n’est figé dans Music Of Secrets. Tout se confronte avec une grande élégance.
Il y a beaucoup à découvrir dans ce disque, à commencer par la contrebasse bâtisseuse et chaleureuse d’Ida Duelund. Dans « Le soleil, le pain et l’âme », fruit d’un beau dialogue piano/vibraphone, c’est sa contrebasse qui dirige une musique très théâtrale, qui abouti à un échange très doux. On aura un regard acéré sur cette Danoise, tout comme on est heureux d’avoir découvert Søndergaard. Cette musicienne, qui avait enregistré l’an passé un disque remarquable avec la contrebassiste tchèque Klára Pudláková, a effectivement beaucoup de choses à nous dire. Avec des mots, comme ici, mais surtout avec de la musique.
