Chronique

Vladimir Torres

Rush

Vladimir Torres (b), Martin Schiffmann (p), Tom Moretti (d), Damien Groleau (p), Hugo Diaz (ss), Constantin Meyer (tb), Gabriel Torres Roch (cor).

Label / Distribution : L’Horizon Violet

Est-ce parce qu’il s’est lancé assez tardivement dans une carrière en tant que leader qu’on ne connaît pas encore assez Vladimir Torres ? Il n’est jamais trop tard pour bien faire et Rush, quatrième rendez-vous discographique [1] de ce contrebassiste franco-uruguayen installé en Franche-Comté, devrait sans nul doute attirer l’attention sur un musicien à l’évidence en pleine possession de ses moyens.

Entouré de la même paire que pour l’enregistrement de Brujos, son précédent disque (Martin Schiffmann au piano et Tom Moretti à la batterie), Torres fait ici appel à quelques forces supplémentaires et amicales pour mener à bien cette nouvelle aventure. Parmi elles, un certain Hugo Diaz [2], un jeune saxophoniste qui s’illustre depuis quelques années à la tête d’un quartet dont le contrebassiste est lui-même l’un des membres. Soit une addition de couleurs pour une musique qui n’en manque pas et s’inscrit dans une démarche esthétique (les influences latino y sont dominantes) tout autant que politique, ainsi qu’en témoignent les titres de certaines compositions (« Gaza Is Burning » ou le poignant « Paz »). Entre lyrisme collectif (« Valencia Bilbao Granada » avec un Hugo Diaz très en verve ou « Dos Hermanos »), mélodies aux nuances presque nostalgiques (« A Song », « Brooklyn Barbès ») et instants beaucoup plus recueillis, parfois en solo (« Paz », « Rush » ou « Soundcheck »), Rush est à n’en pas douter le disque de la maturité pour Vladimir Torres. Il se présente comme l’affirmation d’un artiste dont l’expressivité du jeu (individuel et collectif) est parfaitement mise en lumière tout au long de ses neuf compositions originales. À découvrir sans attendre.

par Denis Desassis // Publié le 7 décembre 2025
P.-S. :

[1Après Inicial en 2020, Music For A Locked In Double Bass en 2021 et Brujos en 2023.

[2Hugo Diaz avait accordé un entretien à Citizen Jazz après la parution de Confluences, premier album de son quartet.