Portrait

Yaron Herman dans le boudoir de Proust

Le jeune pianiste se fixe à Paris où il accumule les distinctions, donne des conférences à la Sorbonne et enregistre son premier disque…


Venu au piano vers seize ans seulement, Yaron Herman a mis les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu : après un bref crochet par Boston, le jeune pianiste se fixe à Paris où il accumule les distinctions, donne des conférences à la Sorbonne et enregistre son premier disque, Takes 2 To Know 1 pour Sketch. Aujourd’hui, Herman a vingt-quatre ans et publie ses Variations en solo sur le label Laborie. En moins de huit ans, le pianiste de Tel-Aviv vient d’accomplir ce que beaucoup rêveraient d’accomplir en une vie. De quoi intriguer Marcel…

  • Le bonheur musical parfait…

Un bon silence bien placé.

  • En tant que musicien, j’ai été le plus heureux…

Quand j’ai compris qu’il était possible de transformer les gens et se transformer soi-même par le seul pouvoir de la musique.

  • Le trait principal de ma musique…

Justement l’absence de trait principal ! Ou que, dans ma musique, tout peut arriver, il n’y a pas de limite…

  • Si je devais changer une chose dans ma musique…

Ma musique change tout le temps. Je déteste me répéter. Cela dit, les seuls véritables changements qu’on peut faire sont en nous-même, en tant qu’êtres humains. Et c’est ce qui se sent dans ce que nous jouons ; les choix que nous faisons.

  • Ma plus grande peur quand je joue

Je n’ai pas peur quand je joue. La peur est liée à la volonté d’impressionner, donc à la possibilité de décevoir. Quand on « ne joue pas pour ça », c’est plus facile d’être soi-même…

  • Ce que j’ai réussi le mieux dans ma vie musicale…

Etre constant dans mes efforts et rester honnête avec moi-même.


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Yaron Herman © P. Audoux/Vues sur Scènes

  • Mon plus grand regret musical…

Ne pas avoir joué avec Miles, ne pas avoir pris des cours de composition avec Schoenberg et ne jamais avoir pu boire un coup avec Glenn Gould.

  • Je rêve de jouer…

… avec Wayne Shorter et de remplacer Danilo Perez (comme la quasi totalité des pianistes de la terre !).

  • La qualité que je préfère chez un musicien…

Ouverture d’esprit et honnêteté.

  • Mon instrument préféré…

Le piano !

  • Les musiques que j’aime par-dessus tout…

Toutes les musiques qui me touchent.

  • Mes héros musiciens…

Keith Jarrett, Bud Powell, Thelonious Monk, Chick Corea, Herbie Hancock, Bill Evans, John Coltrane, Miles Davis, Ornette Coleman, Wayne Shorter, Charles Mingus, Paul Bley, Brad Mehldau

  • Mes disques de chevet…

Question trop difficile : je n’en ai pas.

  • La chanson que je siffle sous ma douche…

Tout ce que j’ai pu entendre le jour-même : aussi bien Lulu d’Alban Berg que Jennifer… Hihihi !

  • Ma note favorite…

Les notes que je ne paie pas.

  • En musique, je déteste par-dessus tout…

La superficialité et l’absence de swing.

  • Mes peintres favoris…

Pollock et Kandinsky.

  • Mes films cultes…

Citizen Kane, et La vie de Brian des Monty Python.

  • Mes auteurs favoris…

Henry Miller, Nietzsche, Kafka, Gogol

  • Ma boisson préférée…

Comme j’essaie d’arrêter le Coca-Cola, je dirais le whisky (modérément) !

  • Mon plat préféré…

Le schnitzel de ma maman.

  • Mon occupation favorite…

Réfléchir.

  • Le don de la nature que je voudrais avoir…

Pouvoir faire des dunks [1] comme Vince Carter.

  • Le morceau que je veux pour mon enterrement…

Ahh, je préfère ne pas y penser, merci (sauriez-vous quelque chose que j’ignore ?).

  • L’état présent de ma démarche musicale…

Rechercher et approfondir ma musique.