Tuscany Music Revolution
Live in Vitaleta
Flora Carbo (as), Michele Mazzini (bcl), Cèlia Tort Pujol (fh, oboe, voc), Virginia Sutera (vln), Alberto Braida (cl), Ermanno Novali (fx, objets), Gabriele Lattuada (perc), Francesca Remigi (d)
Label / Distribution : Aut Records
Avec un modèle très ouvert sur les racines de la musique jouée et une volonté de rencontres internationales, l’orchestre informel et multimodal Tuscany Music Revolution (TMR) fait parler de lui depuis le début de la décennie. Soutenu par le très aventureux label Aut Records, qui avait fait paraître un premier album en forme de manifeste en 2022, TMR publie depuis des lives réguliers, comptant parmi ses membres de nouveaux visages comme la saxophoniste australienne Flora Carbo ou l’hautboïste catalane Cèlia Tort Pujol. Appuyé sur des personnalités fortes, comme la remarquable violoniste Virginia Sutera ou les claviers d’Alberto Braida, aperçu chez Nino Locatelli notamment, l’orchestre a pour principe l’improvisation libre et débridée et l’écoute profonde. Ainsi qu’une volonté de se tenir à distance du chaos.
Pour ce concert dans une petite ville de Toscane [1], TMR est un octet, avec Braida qui prend une place assez centrale dans une musique qui se situe souvent aux franges du post-rock. C’est ainsi que « When In Vitaleta Part 2 » est une confrontation profonde entre les claviers et le traitement électronique d’Ermanno Novali qui pèse énormément sur la couleur générale de l’orchestre. Dans « When In Vitaleta Part 4 », ses sons se mêlent au violon de Sutera, c’est un univers en constante évolution qui se trouve défriché. Le travail des timbres est omniprésent, notamment avec l’alliance du hautbois et de la remarquable clarinette basse de Michele Mazzini.
Le son de TMR se sculpte comme une matière brute qui prendrait forme avec beaucoup de naturel ; l’apport très coloriste de la batteuse Francesca Remigi [2] et du percussionniste Gabriele Lattuada propose une entropie très construite qui s’inscrit dans l’idée de l’improvisation défendue par le collectif. La volonté du collectif est de s’opposer à toutes formes de murs ou de frontières. Très électrique, le concert dans la petite église toscane se termine avec « When In Vitaleta Part 5 » dans une merveille de cordes et d’anches qui tutoie une musique de chambre contemporaine que le piano souligne comme une douce brise très rafraîchissante. Une formation à suivre de très près.
