C’est une déclaration d’amour à une multitude de musicien·nes qui l’ont inspiré que nous offre Charlie Wood dans son dernier album, traversé par la sérénité. En fin connaisseur du jazz, du blues, de la soul qui ont bercé sa jeunesse, cet artiste né dans la ville musicale de Memphis, Tennessee ne cherche pas à impressionner l’auditoire, il vise simplement l’émotion pure.
Si vous êtes toujours troublé·e en 2026 par le morceau « Shipbuilding », jadis magnifiquement interprété par Robert Wyatt, vous ressentirez le même enthousiasme en entendant la voix feutrée de Charlie Wood s’approprier avec beaucoup d’imagination cette ballade de Clive Langer et Elvis Costello. Un juste équilibre orchestral contribue à amplifier cette réussite avec le phrasé moelleux du trompettiste James Mc Millan, soutenu par le savoureux tapis de cordes que déroulent Villads Littauer Bendixen et Lara Biancalana - frissons garantis. Les femmes sont à l’honneur avec des compositions de Norma Winstone, Ann Ronell et Amy Winehouse. Il n’est pas étonnant que le jeu de balais subtil de la batteuse suédoise Cornelia Nilsson intensifie la magie de « Willow, Weep For Me », transfiguré par les chœurs aériens d’Áyoe Angelica et Sophie Ziedoy et le solo de Daniel Franck à la contrebasse. L’éclectisme est toujours de mise : « Still Crazy After All These Years » de Paul Simon se renouvelle avec l’intensité que déploient l’orgue et le piano sous les mains de Charlie Wood.
Peter Littauer et Søren Friis, les membres fondateurs du label danois Stunt Records, ont laissé carte blanche à Charlie Wood : il a patiemment peaufiné Your Love Is My Home en mettant l’accent sur le minimalisme. Les standards côtoient ses compositions originales « Love Can’t Love Alone » et « Home » sans qu’aucune rupture stylistique se fasse sentir. Une rare élégance résume ce recueil poétique qui se conclut en douceur avec la mélodie de John Lennon et son titre en pleine phase avec ce disque, « Love ».

