Gueorgui Kornazov Brass Spirit

Autumn Impressions

Gueorgui Kornazov (tb), Quentin Ghomari (tp), Lucas Dessaint (tba), Didier Ithursarry (acc), Eric Échampard (d)

Label / Distribution : Auto Productions

A la tête de son Brass Spirit Quintet depuis quelques années déjà, sideman de luxe en France et animateur de nombreux orchestres comme son très beau Horizons Quintet qui fit la joie de BMC, on ne présente plus le tromboniste Gueorgui Kornazov. En quelques décennies, le musicien bulgare a su mettre sa technique instrumentale hors du commun au service de nombreuses formations hexagonales ; mais cela ne doit pas oblitérer son talent d’écriture, notamment pour les cuivres. Le Brass Spirit, avec la trompette de Quentin Ghomari et le tuba de Lucas Dessaint, en témoigne : la danse légère de « Autumn Breath », autour d’un tuba guilleret et des circonvolutions de l’accordéon de Didier Ithursarry est une construction à la fois simple et limpide où le trombone de Kornazov peut jouir de toute la précision de la coulisse. Le résultat est impeccable, et fait songer à ce que Massot et Debrulle peuvent proposer avec l’orchestre du Lion. Des histoires de big bands de poche qui vont très bien à la musique de Kornazov, et que la batterie d’Eric Échampard souligne à merveille.

Le lien entre Ithursarry et Kornazov est la clé d’Autumn Impressions, conçu comme une suite aux couleurs de feu. Il y a dans le dialogue entre accordéon et trombone toutes les inflexions possibles de la voix, qui donnent à cette musique des allures de chansons. Une chanson aux accents lyriques, souvent portés par la trompette très en avant de Ghomari. Il y a entre trompette et trombone une grande complicité, forgée par des années de collaboration et une connaissance commune de l’orchestre et des ses dynamiques. « Burnt Horizon » en est l’illustration, avec cette ouverture tout azimut de la trompette, seule d’abord puis rejointe par batterie et accordéon avant de laisser place à une discussion avec le trombone qui élargit encore les perspectives pour une musique fluide et lumineuse.

Il y a dans cet Autumn Impressions quelque chose de très naturaliste. Kornazov agit à la manière d’un peintre pour envisager toutes les couleurs et les arranger avec beaucoup de simplicité. L’automne est là, une saison pour les oreilles, nimbé d’un soleil froid, ce qui, après ces mois de canicule, fait languir d’un peu plus de fraîcheur à l’occasion d’une balade en sous-bois. Ce disque est une promesse.