
Jungle Money 4
Too Old To Die Young
Hasse Poulsen (g), Jan Kaspersen (p), Peter Friis-Nielsen (b), Claus Bøje (d)
Label / Distribution : Das Kapital Records

En écoutant l’album Too Old To Die Young du quartet Jungle Money 4 que m’a envoyé Hasse Poulsen, je lui trouve forcément des accointances avec d’autres disques d’improvisation, dont évidemment les miens, que ce soit avec Un Drame Musical Instantané ou la série des Pique-nique au labo. J’en profite pour essayer de comprendre comment fonctionne l’improvisation (je ressasse que je préfère l’appeler « composition instantanée », et pour cause) en suivant comment interagissent le guitariste et ses trois acolytes, danois comme lui, Jan Kaspersen au piano préparé, Peter Friis-Nielsen à la guitare basse et le batteur Claus Bøje... D’autant que le groupe privilégie l’ensemble aux sorties individuelles.
C’est ce qu’on peut attendre de mieux d’une rencontre, on discute, on propose, on complète, on plussoie, on répond, on se pâme, on s’agite ou l’on fait tout simplement un pas de côté... Ce « on » fait la différence avec les solistes qui la ramènent à tout bout de « chant » ou font semblant de diriger la séance (suivez mon regard... Ah non, il est mort !). Les morceaux poussent au développement plus qu’à la rupture, on glisse doucement d’une ambiance à la suivante, et lorsque l’un d’entre eux suggère un truc, une phrase, un rythme, une tonalité qui plaît aux autres, on enchaîne, faisant boule de neige.
Pour une architecture plus contrastée, il est préférable d’écrire préalablement pour que tous soient sur la même longueur d’onde. La complicité entretenue permet parfois d’approcher cet effet ; sinon, cela tient du miracle, chacun suivant en général sa petite idée ; c’est le style, ce qui caractérise une œuvre. En cas de composition collective, comme lors de toute réunion, on compose avec les autres, à moins d’opter pour le monologue. Il existe, certes, des constantes comme la corde à linge qui permet d’y accrocher librement ce que l’on veut, ou l’imitation, une forme que j’évite soigneusement ! On peut bien entendu la choisir, ou préférer la complémentarité. Toute la musique est faite de ces écarts et de ces retrouvailles. Tout est possible, ou devrait l’être. La véritable improvisation libre est de pouvoir tout se permettre, sans aucun interdit, du moins pour soi, comme lorsque nous étions enfants et que nous expérimentions sans savoir où nous allions. Décider dans l’instant en fonction de ce que jouent les camarades permet aussi d’inventer une forme inédite, une histoire que personne n’aurait su imaginer seul.


