KoKo
Virtual Life
Taiko Saitō (vib, mar), Niko Meinhold (p)
Label / Distribution : Trouble in The East

Avec KoKo, on peut affirmer que la vibraphoniste Taiko Saitō revient à ses premières amours, ou du moins à une rencontre qui avait marqué ses premières années en Europe. On les avait entendus, elle et le pianiste Niko Meinhold, d’une finesse de verre, avec Tobias Schirmer pour un éphémère KoKoTob en 2017 ; mais ce sont bien les vingt ans de leur premier album paru chez Clean Feed que célèbre Virtual Life, et surtout les traces d’une complicité qui ne s’est pas tarie. La fougue de « Virtual Life », avec ce thème mutin du piano que le vibraphone reprend au vol, cette joie un peu enfantine de jouer avec beaucoup de légèreté comme on batifole, en est l’illustration. Entre les deux claviers, c’est la complémentarité qui prime : les mailloches prolongent les marteaux, mouillent le son du piano dans « Morning Glow » qui fait l’éloge de la douceur. Tout est calme.
Dans cet échange serein, il n’y a ni domination, ni face-à-face mais une entente de chaque instant et un plaisir assumé de se laisser gagner par le silence et l’infime. « Vage » est le fruit de cette atmosphère volontiers cotonneuse, de l’étoffe des rêves : le piano progresse, joliment concertant, et le vibraphone l’enveloppe dans une bulle de cristal qui flotte au gré du temps. Meinhold a un toucher d’une suavité rare, notamment main droite, lorsqu’il pérégrine sur les routes tracées par Saitō. Elles sont souvent marquées par les éléments ou les impressions, comme elles l’étaient il y a deux décennies dans le premier album. « Walden Summer », empli de nature, est de ces morceaux dans lesquels il faut se plonger, comme dans « Walden Winter », pour en découvrir chaque détail, chaque miniature qu’abritent les frappes des mailloches. Des micro-organismes comme des mondes à part entière.
C’est sur le label berlinois Trouble in the East Records, fidèle à Saitō, que sort ce nouvel album de KoKo. C’est une récréation dans la carrière de la vibraphoniste qui retrouve son vieil ami avec une simplicité notable : « Arpeggio » et son motif répétitif soulignent cette atmosphère sans heurts qui se fait fluide comme une petite rivière de printemps. Un instant d’une grande fraîcheur et d’une grande connivence, qui fait un bien fou.


