Lisa Murcia Nana Project Quintet

Nana Project Part.1

Lisa Murcia (vln), Lena Aubert (b), Simon Lannoy (cello), Matthieu Truffinet (p), Ewen Grall (d)

Label / Distribution : Auto Productions

Avec Ehbam, au printemps dernier, on avait déjà repéré la violoniste Lisa Murcia sur nos radars. Aux côtés de la contrebassiste Léna Aubert, elle aussi jeune pousse très intéressante de la scène francophone, elle accompagnait la joyeuse digression balkanique de la chanteuse Monika Kabasele, mais la fluidité de l’échange laissait penser qu’un projet plus personnel pouvait nous apporter de bonnes surprises. C’est exactement ce que nous offre le quintet Nana Project, à la main de Lisa Murcia : une musique à la fois contemplative et rafraîchissante, très bien arrangée. « En haut de l’immeuble », avec ce dialogue très doux entre les cordes, où Simon Lannoy au violoncelle vient s’ajouter au lien Aubert-Murcia, est un exemple de cette simplicité lumineuse que le piano de Matthieu Truffinet vient ponctuer.

Encore un nom à noter d’urgence. Le jeu de Truffinet est au service de l’orchestre et laisse beaucoup de place aux cordes, dans une construction très solide avec la batterie d’Ewen Grall. Le rôle de Léna Aubert dans la base rythmique est celui du liant dans une construction très élaborée dont elle est le pivot. Une construction raffinée mais sans ostentation. Ainsi « Azul » est l’incarnation même de la chaleur positive de cet orchestre où tout semble naturel et joyeux. Lisa Murcia fait le choix de ne pas s’enfermer dans la tonalité chambriste qu’« Interlude » ou « D’eau salée », bel échange entre la violoniste et Truffinet, sait pourtant invoquer. Ce premier album assez court aurait pu céder à la tentation du panorama ou de la démonstration, mais c’est tout l’inverse. Ce Nana Project est déjà très mature et sait pertinemment où il va.

La raison en est tout d’abord la belle écriture de Murcia, bien souvent soutenue par la finesse de Truffinet. Une musique faite d’images et de paysages que la violoniste laisse nous envahir avec la légèreté du vent. La transition entre « Passe-Passe », premier titre de l’album, et le bien nommé « Entre-deux » écrit par le pianiste, l’illustre. Entre ostinato malin et prise d’espace, le Nana Project aime avant tout sa liberté. Ce disque indiquant qu’il s’agit d’une « Partie 1 », on attend avec impatience les prochains chapitres qui seront, à n’en pas douter, tout aussi solaires.