Chronique

Paolo Fresu, Richard Galliano, Jan Lundgren

Mare Nostrum II

Paolo Fresu (tp, bugle), Richard Galliano (acc, band, acc), Jan Lundgren (p)

Label / Distribution : ACT/Harmonia Mundi

Le premier Mare Nostrum n’était pas passé inaperçu. De fait, il y a de grandes chances que ce second opus rencontre le même succès. Car les deux projets sont taillés dans le même bois. De manière générale, la même mélancolie traverse cet album d’un bout à l’autre des douze pistes qui le constituent. Qu’il se termine avec « Si dolce è il tormento », une composition de Monteverdi que Paolo Fresu avait déjà repris en duo avec Uri Caine, en est emblématique. Car ce disque associe très étroitement douceur et douleur et, sur ce morceau tout particulièrement, l’arrangement de Paolo Fresu est si efficace qu’on verserait volontiers une larme. L’entrée en matière, avec « Apnea », est tout aussi significative. On ne sait s’il s’agit d’une apnée du sommeil, mais tout respire la douce sérénité, teintée d’une pointe de mélancolie. Le tempo, comme sur la très grande majorité des morceaux, y est lent, très lent. Les mélodies s’y déploient tranquillement, à l’instar de « Blue Silence », « Le livre d’un père sarde », « Lili ». C’est aussi le cas de la « Gnossienne n°1 », une composition d’Erik Satie réarrangée par Richard Galliano. Seul « Leklåt », écrit par Jan Lundgren, est exécuté sur un tempo plus rapide. Mais on serait bien mal inspiré en disant qu’il respire l’allégresse.

Huit ans après le premier Mare Nostrum, les trois musiciens signent un projet quasiment identique : un album contemplatif empli de spleen, de chagrin et d’affliction.