
Patricia Brennan
Of The Near And Far
Modney (vln), Pala Garcia (vln), Kyle Armbrust (alto), Michael Nicolas (cello), Sylvie Courvoisier (p), Miles Okasaki (g), Kim Cass (b), John Hollenbeck (d), Patricia Brennan (vib).
Label / Distribution : Pyroclastic Records
Avec une constance déconcertante, Patricia Brennan publie des disques aux line-up variables qui de surcroît investissent chacun un nouveau champ d’expression. Après le réussi Breaking Stretch paru l’année dernière en septet, elle propose cette fois un programme interprété par dix musiciens sous la direction d’un chef d’orchestre. La présence de ce dernier laissant entendre au passage la nécessité d’une mise en place rigoureuse indispensable à l’exécution de cette musique.
Si la dimension rythmiquement frontale du précédent disque a effectivement moins cours ici, la précision de chaque pupitre permet l’aboutissement d’un répertoire qui, tout en piochant dans diverses influences, finit pourtant à ne ressembler qu’à lui-même. Le long de ces sept pistes, on plonge dans une monde enveloppant où les individualités sont gommées au bénéfice de l’ensemble. Le son de l’orchestre sans aspérité notable ni rupture, tout en rondeur même et en sensualité, se construit autour de motifs répétitifs parfaitement mesurés auxquels les cordes de Modney, Pala Garcia et Kyle Ambrust apportent un supplément d’élégance.
Structuré avec soin en strates complémentaires, comme c’était déjà le cas sur Breaking Stretch, le groupe se meut avec naturel et un sens notable de la respiration ; les musiciens y trouvent leur place et jouent de pointillismes sans chercher à déborder du périmètre qui leur est imparti comme c’est le cas pour Sylvie Courvoisier ou Miles Okazaki.
Car chacune des compositions fait la part belle à des climats égaux (si ce n’est le plus mordant « Andromeda »), jamais statiques puisque mus dans les soubassements par la basse de Kim Cass, discrètement pulsatile mais qui déroule un flux imperturbable soutenu par la batterie de John Hollenbeck. L’ensemble pourrait être efficace mais corseté : les partitions gagnent en allant grâce à d’habiles responsoriaux où chaque intervention qui se distingue fait écho à celle d’un partenaire. Cette articulation entre une stratégie commune et une possibilité de se mouvoir librement confère une dimension organique à l’ensemble, elle permet surtout le déploiement d’une dramaturgie contrôlée mais sensible et un lyrisme délicat.
