Dédié à son confrère Mike Manieri, le disque de Tortiller est aussi surprenant que réussi. D’abord le son : excellent prise de son, dynamique parfaite pour un ensemble aussi difficile à mettre en avant que le vibraphone, les marimbas, le cor, la voix. Ensuite, les compositions, toutes de Tortiller sont autant d’univers différents : groove binaire, transe modale, ballades veloutées, rythmes jungle… Les textures sonores sont très travaillées : la voix (Parice Héral) revêt un aspect mystérieux et organique (rap, chant de gorge, percussions, scratchs) entre Bobby McFerrin, The Roots et Bernard Lubat, le cor de Pontiggia est aussi souple et léger qu’une trompette, Torchinsky et Pourradier-Dutheil forment une section rythmique incroyable, unie et à l’écoute, qui ouvrent les voies futures des rencontres stylistiques. Enfin, Tortiller aussi à l’aise sur le vibraphone qu’au marimba fait tourner ses phrases bondissantes, caresse les lames et donne à l’ensemble une sonorité unique. Il s’impose comme l’un des meilleurs vibraphonistes de sa génération et signe avec ce disque l’un des plus intéressants et modernes projets de cette année. A ne pas manquer, donc.
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