Citizen
Édition du 8 février 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Music of Konitz

François Théberge 5 Featuring Lee Konitz

Lee Konitz (as), François Théberge (ts), Stéphane Belmondo (tp, bugle), Jerry Edwards (tb), Paul Imm (b), Karl Jannuska (d).

Des concerts au Duc des Lombards à Paris qui ont précédé l’enregistrement de ce CD, je garde un souvenir de chaleur, d’entente, de joie de la rencontre sur scène. Ecouter le CD quelques mois après fait également ressortir des éléments qui m’ont été moins évidents : la sobriété des arrangements de François Théberge, par exemple. L’absence de piano, plus un côté imperturbable du tandem basse/batterie, me fait paradoxalement penser à Lennie Tristano, ancien maître de Konitz, dont la musique avait aussi quelque chose de cérébral, de concentré.

C’est peut-être ça qui distingue la musique de Lee Konitz : la concentration, l’absence de superflu. Théberge et son quintette l’accompagnent dans ce voyage à l’essentiel. L’essentiel, c’est la mélodie constamment inventée s’entrelaçant dans les structures des standards, qui forment la base de la plupart des compositions de Konitz ; et c’est ce swing calme et délibéré, comme le pouls d’un homme serein. L’autre élément konitzien qui ne manque jamais d’étonner, c’est l’absence de cliché. On a entendu le saxophoniste mille fois sur les mêmes morceaux, on reconnaît son phrasé, sa sonorité, mais à aucun moment on ne peut dire qu’il est question simplement de « faire du Konitz ». Il ne s’appuie pas sur la rassurante répétition de plans comme le font tellement d’autres. Cette honnêteté de l’improvisation doit être contagieuse, car les autres solistes font pareil : Théberge au ténor, Stéphane Belmondo à la trompette et bugle, Jerry Edwards au trombone, le propos de chacun a la fraîcheur de la vraie présence.

Ma seule réserve, c’est que sur certains morceaux j’aurais aimé que le tempo soit un chouïa plus rapide, ce qui aurait donné un peu plus de nervosité. Mais ce n’est qu’une petite réserve pour un grand album. Son écoute rince les oreilles et recentre l’esprit. Chaudement recommandé.

par Tom Storer // Publié le 15 septembre 2002