Via des compositions de tous les membres du groupe, le quartet Fraanje-Malik-Gouband-Soniano propose une musique bruitiste agrémentée de chuintements et de vocalises (mais qui chante ?), le tout tantôt tendre, tantôt agressif, mais essentiellement acoustique.
1RDR fait irrésistiblement penser aux Pool Players de Benoît Delbecq. Mais ici, l’émotion est plus palpable, plus chaleureuse. Moins abstrait, le talent des musiciens s’exprime aussi par l’improvisation. Une préférence apparente pour les atmosphères éthérées et les ambiances délétères où le talent du groupe s’exprime pleinement.
Dans la filiation des trios rollinsiens, Depart offre tous les ingrédients d’un jazz puissant et festif . La section rythmique composée de Heiri Känzig et Jojo Mayer propose un groove dévastateur, aussi dansant que diabolique dans sa complexité. Sur cette piste de lancement, Harry Sokal alterne entre décollage délicat au soprano (« Another World ») ou verticalité rauque au ténor (« Bassaxunison »). Pour autant l’ensemble ne se « départit » jamais d’une cohésion/densité, façon « big band » (« Mingus » en est le plus bel exemple), et il est un peu vain d’isoler les contributions de Sokal.
On ne s’épanchera pas plus sur cette musique qui parle d’elle-même. On ne peut que regretter une certaine brièveté des morceaux (au nombre de 11, ils durent entre 3 et 6 minutes chacun), qui finit par donner un aspect un peu trop systématique à ce disque par ailleurs extrêmement riche et subtil.
Richard Gagnon (tb), Dave Grott (tb), David Martin (tb), Jean-Nicolas Trottier (tb), Serge Arsenault (tb), Robert Ellis (tb basse tuba), Gaétan Daigneault (p), Frédéric Grenier (cb), Ugo Di Vito (dr)
A l’instar du tromboniste américain Steve Turre avec son « One 4 J », le chef d’orchestre, compositeur et arrangeur montréalais Richard Gagnon propose un très dynamique orchestre de trombones.
Sobre mais puissant, le grand orchestre Trombones Actions joue un jazz aux phrasés clairs et aux couleurs be bop bien trempées. On note un « Body and Soul » agréable et doux et quelques autres standards. Le reste des pièces sont des compositions de Richard Gagnon et des autres membres de l’orchestre.
Danois, Peter Fuglsang a joué avec John Tchicai, Michael Brecker, Mike Stern, Tom Harrel, Marilyn Mazur, Tim Berne... Il est aussi multi-instrumentiste (sax, clarinette, flûte dont le ney). Il est ici à la clarinette basse dans un jazz très convenu, sans frasques - ni faiblesses.
Ce disque est un hommage sympatique à Ray Noble (« Cherokee »), Billy Strayhorn (« Raincheck ») et Thelonious Monk (« Monk’s Mood »). La majorité des compositions restantes de Fuglsang.
En dehors de l’aspect « hommage », composition et exécution sont de bonne facture, dans le respect du canevas jazz standard. Néanmoins, on pressent çà et là une certaine timidité, une absence de prise de risque.
Premier opus du saxophoniste américain et parisien d’adoption Tuesday Warren. Entouré d’un groupe de musiciens français, il en a écrit toutes les compositions. Le but est ici, en intégrant des éléments de musique classique, d’élargir les possibilités sonores du groupe de jazz moderne.
Il en ressort une musique structurée autour de petites suites aux tempos variables, aux phrasés très divers et aux ambiances dynamiques et tendues.
Un disque original et dynamique servi par des instrumentistes peu connus mais très efficaces, et qui réserve de petites surprises...
John Russell (g), Garry Todd (ts on 1), Henry Lowther (tp on 2), Chefa Alonso (ss, perc on 3), Nicole Legros (voc on 4), Jean Michel Van Schouwburg (voc on 4), Stefan Keune (as on 4), Philipp Wachsmann (vi & elec on 4), Ashley Wales (P on 4), Ivor Kallin (cb on 4), Javier Carmona (perc on 4), Steve Beresford (elec & objects)
Dès les années 80, le guitariste britannique John Russell participait, avec l’aide de Chris Burn, aux sessions Mopomoso (Modernism, Post-Modernism, So What ?). Ces concerts ont lieu une fois par mois au Red Rose dans le nord de Londres. Habituellement, on y écoute de la musique improvisée et les musiciens exercent en duo ou en trio.
Analekta regroupe quatre extraits de ces concerts enregistrés entre 2004 et 2006. Emule probable de Derek Bailey, ce guitariste acoustique s’avère assez en retrait. Il propose et évoque dans la délicatesse du murmure, en faisant vibrer les cordes au niveau du chevalet ou au dessus du sillet.
Sans susciter d’enthousiasme particulier, cette œuvre laisse rêveur ; elle prend sans doute toute sa dimension improvisée en concert.
Après avoir été accompagnateur d’innombrables artistes, le clarinettiste
Stéphane Chausse signe enfin son premier album, où il se livre au jeu des
influences et du parcours personnel au fil d’une dizaine de compositions. Tantôt
italienne, tantôt celte ou ponctuellement orientale, parfois apaisée mais parfois effrénée, on y retrouve l’ambiance hétérogène qui règne dans des villes méditerranéennes, telle Menton, la ville natale du musicien, où se trouve la Rue Longue.
Stéphane Chausse, fidèle à sa maîtrise instrumentale, joue lui-même de toutes les clarinettes (dont la basse) ainsi que du saxophone et des flûtes. Grâce au re-recording, qui lui permet de se dédoubler, et au soutien sobre et
impeccable d’Alfio Origlio, Stéphane Huchard et Jérôme Regard, il propose ici un disque parfaitement conçu et finement écrit.