Citizen
Édition du 8 février 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Répertoire

Jean-Pierre Como

Jean-Pierre Como (piano), Diego Imbert (contrebasse), Aldo Romano (batterie)

Nous voici en compagnie de musiciens hors catégorie pour un Répertoire de standards, socle d’où partent tant d’autres découvertes musicales, ainsi que le souligne l’auteur de cet album.

Un pianiste co-fondateur et claviériste du groupe de jazz-rock Sixun dont on se rappelle par ailleurs la suite L’Âme-sœur ; une des rythmiques actuelles parmi les plus fiables et inventives ; un répertoire de thèmes connus, archi-connus, parfois rebattus, qu’il ne faut plus interpréter mais vivifier, recréer (« Ces standards qui me filent aujourd’hui entre les doigts ne sont pas à exhumer, mais à conquérir », dit-il encore). Et on se plaît à réécouter ce qu’on croyait connaître sous toutes les coutures avec les ficelles et le vieux « trucs » rabibochés qui vont souvent avec. Oui, il y a ici comme une alchimie qui se transforme rapidement en magie au sens premier du terme : une séduction forte et immédiate grâce à l’osmose absolue où s’insèrent parfois les jaillissements de l’imprévisible.

par Jacques Chesnel // Publié le 25 mars 2010
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Quizz

Belle du Berry & David Lewis

Son fidèle à l’esthétique propre et bien léchée de Paris Combo, textes féministes, drôles, poétiques et bien écrits, musique élégante, Belle du Berry et David Lewis proposent une chanson de qualité.

David Lewis signe trois textes en anglais, et sur « End of the Road » la voix de Belle prend d’autres couleurs qui lui vont joliment, rompant avec son phrasé habituel : souvent proche du parlé-chanté cette voix est beaucoup mieux mise en valeur quand elle s’en éloigne (« Rengaine Again »). On souhaiterait sur plus de titres l’inventivité mélodique de « Déclic », et, ajoutée à l’élégance, un peu d’audace musicale. On demande toujours plus à ceux qu’on aime...

par Minerva // Publié le 25 mars 2010
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Songs of the Falling Feather

Josefine Cronholm

Josefine Cronholm (voc), Henrik Lindstrand (p, g, kbprog), Gustaf Ljunggren (g), gunnar Halle (tp), Thommy Andersson (bass), Per Ekdhal (dms), String quartet (J & E. Eskaer, Anna Gwozclz, Iben Yeilmann)

chez : ACT

Promenades en luge, gros pulls en laine, vite j’ai les doigts gelés rentrons boire un vin chaud au coin du feu...

Miss Cronholm a sûrement beaucoup écouté Joni Mitchell. On ne saurait l’en blâmer. Beaucoup de similarité dans les climats, le phrasé, parfois même les intonations. On est loin du jazz. Un disque de ballades, chantées d’une voix légère, précise, au timbre clair, très agréable ; les arrangements sont sobres - seul le premier titre bénéficie du quatuor à cordes -, le son rond. Josefine interprète délicatement ses compositions, univers de lacs gelés, reflets scintillants sur la neige et vastes étendues. Spacieux.

par Minerva // Publié le 25 mars 2010
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Coleman Hawkins

Live in ’62 & ’64

chez : Naxos

Écouter/voir/revoir celui qui eut droit au titre de « père » ou d’« inventeur » du saxophone est toujours un immense plaisir, que ce soit au cours de sa période ancienne (avant le bop, en 1939, il enregistre un « Body and Soul » d’anthologie, chef-d’œuvre absolu) ou plus récente comme ici.

Encore en pleine possession de ses moyens (chaleureux phrasé éminemment lyrique, maîtrise souveraine de l’harmonie) avant la grosse fatigue qui se manifestera quelques années plus tard, « The Bean » se trouve en 1962 en Belgique lors d’une tournée avec notamment Georges Arvanitas, accompagnateur incomparable, pour une séance assez banale sur le plan visuel en comparaison de la suivante, le 2 octobre 1964 au Wembley Town Hall de Londres avec de vieilles connaissances, le trompettiste Harry « Sweets » Edison et le batteur « Papa » Jo Jones, plus Sir Charles Thompson et Jimmy Woode.

Le grand « Hawk » jouera ensuite jusqu’à son dernier souffle, ainsi que le montre sa dernière apparition à Paris quelques mois avant sa mort en mai 1969 (vidéo à l’INA).

par Jacques Chesnel // Publié le 22 mars 2010
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Art Blakey

Live in ’65

chez : Naxos

Il s’agit ici, en réalité, des Art Blakey’s New Jazzmen filmés sans originalité (les images sont par ailleurs cotonneuses) à la Mutualité à Paris. Ce DVD est l’occasion d’entendre une formation éphémère comprenant un Freddie Hubbard au talent multiforme, Nathan Davis (saxophoniste sous-estimé, parisien à cette époque), Jaki Byard et Reggie Workman.

Quatre thèmes à voir et écouter surtout pour les souffleurs et les compositions du trompettiste : « The Hub » et « Crisis » ; le leader est toujours aussi impérial derrière sa batterie, ce qui n’étonnera personne. En attendant d’autres témoignages à venir...

par Jacques Chesnel // Publié le 22 mars 2010
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Unveiling

Paul Lay Trio

Paul Lay (piano), Simon Tailleu (contrebasse), Elie Duris (batterie)

Premier disque de ce jeune pianiste-compositeur adoubé par notre Martial Solal international et qui, ancien élève du CNSM de Paris au département Jazz et Musiques Improvisées, poursuit un cycle de perfectionnement en étroite collaboration avec Riccardo Del Fra après avoir été récompensé par de nombreux prix, notamment au Concours International Piano Jazz Martial Solal en 2006 et à celui de Montreux en 2007, et avoir remporté le prix du Soliste au Concours national de Jazz de la Défense. Beau palmarès.

La prolifération de pianistes de talent fait qu’on en découvre un nouveau tous les mois ou presque, mais on peut parier sans risque que celui-ci refera parler de lui : Paul Lay a déjà tout d’un grand par sa connaissance de l’histoire du jazz, son imagination harmonique, et un univers poétique loin de tout « pianisme » — péché mignon de ceux qui veulent nous en mettre tout de suite plein les oreilles (son titre révélateur « Haïku », son clin d’œil à Monk, « Walking with Thelonious », son interprétation de « ’Round about Midnight »). Une révélation.

par Jacques Chesnel // Publié le 19 mars 2010
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Ranu

Aaron Choulai Trio

A. Choulai (p), S. Anning (cb), B. Vanderwal/Rory McDugall (dr)

Deuxième album de ce pianiste de 28 ans né en Papouasie-Nouvelle Guinée d’une mère d’origine chinoise et d’un père australo-polonais, albinos, pratiquement aveugle, vivant à Tokyo où il prétend jouer de la pop japonaise après avoir grandi en Australie et enregistré à 21 ans Place (2003) à New York...

Compositeur, il signe ici six des dix titres et présente sa version de deux standards de jazz, deux autres de pop music dont le savoureux « Tell me Why » de Neil Young. Proche de la mouvance incarnée par un Brad Mehldau première manière, il interprète tout en joliesse/finesse les mélodies au cours desquelles s’inscrivent parfois quelques surgissements inattendus de bon aloi. A suivre donc avec attention.

par Jacques Chesnel // Publié le 19 mars 2010
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