Cinq ans après le très beau If, Myriam Alter livre un nouvel enregistrement dans une formation un tant soit peu renouvelée. C’est toujours la rythmique version soyeuse de Masada (Cohen/Baron) qui propulse le groupe, mais le violoncelle de Jacques Morelenbaum a remplacé le bandonéon de Dino Saluzzi, ce qui apporte une coloration plus « musique de chambre ». On retrouve avec plaisir les volutes du clarinettiste John Ruocco. Salvatore Bonafede a remplacé Kenny Werner au piano puisque, chose rare, Alter, pourtant pianiste, préfère ici laisser la place aux interprètes qu’elle a choisis.
Les amoureux des arêtes vives et des angles saillants ne trouveront pas leur compte sur Where Is There, où tout n’est que luxe, calme et volupté ! Les compositions, d’inspiration judéo-espagnole, toutes de la plume élégante de Myriam Alter, invitent tour à tour à la danse, à la rêverie ou à l’humeur vagabonde.
D’aucuns jugeront cette musique insuffisamment aventureuse. Mais en fin de compte, qui d’autre aujourd’hui (à part peut être le « Bar Kokhba » de John Zorn), propose avec une telle grâce, une telle sincérité, ce genre de musique poignante et qui va droit au coeur ?
