Citizen
Édition du 22 mai 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Siren Song (Live at Arsenal)

Elisabeth Kontomanou

E. Kontomanou (voc), Th. Bramerie (cb), L. Courthaliac (p), D. Kontomanou (d), Orch. Nat. de Lorraine, dir. J. Mercier

Pour son huitième album en dix ans, Elisabeth Kontomanou s’offre l’écrin soyeux de l’Orchestre National de Lorraine. Bonne idée : l’espace que lui offre la grande scène de l’Arsenal et la profondeur des cordes mettent mieux en valeur sa voix large et son sens du théâtral que l’atmosphère d’un petit club, et l’on pense immédiatement aux disques qu’enregistra Sarah Vaughan avec des orchestres symphoniques.

Pour autant, Kontomanou n’est pas Sassie : si la puissance vocale est là, la mise en place rythmique de la chanteuse est parfois approximative et le swing s’en ressent. Mais surtout le choix des titres (sept ballades pour neuf plages !) et l’abus de rubato produisent une impression de monotonie faiblement réveillée par le final, « I Put A Spell On You », où les musiciens semblent enfin se « lâcher ».

par Diane Gastellu // Publié le 21 juin 2010
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Sur les corps des klaxons

Olivier Le Goas

Olivier Le Goas (dm), K. Wheeler (tp, bgl), D. Chevallier (g), M. Buronfosse (cb)

Certains batteurs ont pignon sur musique, d’autres ont moins de chance ; Olivier Le Goas est de ceux-là et on ne peut que le regretter, d’autant qu’il a à son actif un parcours significatif et une liste de partenaires choisis parmi les meilleurs (voir son site).
Outre ses qualités évidentes (précision rythmique, sens des couleurs, beau son), il s’entoure ici, une fois de plus, de musiciens qui s’accordent parfaitement à son univers, dont la délicatesse et l’éloquence discrète sont les caractéristiques principales. La présence de Kenny Wheeler (signataire entre autres d’un Gnu High d’anthologie avec Keith Jarrett) est un atout supplémentaire dans ce climat poétique, grâce à son lyrisme raffiné et son phrasé en arabesque au bugle (instrument dont il est l’un des plus éminents représentants). Ainsi, son « Everybody’s Song But My Own » résume la tonalité de ce disque attachant. L’éclectique David Chevallier (dont il faut écouter les Gesualdo Variations) et la fermeté/souplesse de Marc Buronfosse (Cf son Face the Music) lui apportent aussi leur efficace contribution.

par Jacques Chesnel // Publié le 21 juin 2010
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Sa ki ta-w

Bwakoré

Alwin Lowenski (sax), Max Télèphe (sax, fl, voc), Claude Césaire (kb), José marie-Rose (b), José Zébina (dm)

Il y a des musiciens antillais bien connus sur le continent, on peut citer leur nom, est-il besoin de les évoquer ? Ce groupe de musiciens martiniquais est fort apprécié dans les Caraïbes mais pratiquement absent de l’Hexagone ; Sa ki ta-w permet donc d’écouter une musique actuelle mais ancrée dans le patrimoine culturel, et reflétant une grande diversité musicale.

A noter les parties orchestrales et arrangements, notamment sur « A Tou Piti », composé par Pierre Louiss, le papa du grand Eddy, l’interprétation de « A Wé Nèg », inspiré du quadrille français en vogue dans l’Europe du XIXè siècle, les unissons de sax, la belle voix chaude et vibrante de Max Télèphe, le parfait soutien polyrythmique de José Zébina à la batterie… Bref, un sorte de Weather Report jouant de la biguine et des standards traditionnels avec la poésie de la langue créole.

L’album de Bwakoré, réalisé en 2002, a été couronné à trois reprises par la Sacem martiniquaise. C’est tout à fait justifié.

par Jacques Chesnel // Publié le 14 juin 2010
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La Danse du Koala

Aléas

Stéphane Guionie (g, ney), Cyril Laurent (ts, ss, bs), Mathieu Jardat (b, cb), Xavier Guionie (d, steel drum, perc)

Premier album en studio (après un live à Saragosse en 2007), autoproduit, d’un quartet toulousain sous-titré « Jazz oriental ». Huit compositions « maison » aux saveurs mêlées, Balkans, Moyen-Orient, Éthiopie... Beaucoup de mode phrygien donc, beaucoup de mesures ternaires, voire « trinaires », et un ney qui déboule sans prévenir sur « Tolosa Semaï ».

On est très proche, dans l’esprit et dans l’inspiration, d’autres formations midi-pyrénéennes comme le quartet de Didier Labbé ou le trio Zira. L’identité sonore du groupe tient à une basse solide et à un steel-drum très présent, inattendu dans un tel répertoire mais convaincant.

Comme sa ville d’origine, la musique d’Aléas est cosmopolite, chaleureuse, estivale et... dépourvue de toute prétention. Ce n’est pas la moindre des qualités.

par Diane Gastellu // Publié le 14 juin 2010
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