Chronique

Alban Darche

Trumpet Kingdom

Alban Darche (st) ; Eric Vloeimans ; (tp) ; Laurent Blondiau (tp) ; Geoffroy Tamisier (tp) ; Sylvain Rifflet (st, cl basse) ; Gabor Gado (g) ; Sébastien Boisseau (cb) ; Emmanuel Birault (dr)

Label / Distribution : BMC Records UVM Distribution

Bienvenue au royaume de la trompette !

Alban Darche est de retour sur le label hongrois BMC qui l’avait déjà accueilli pour son Stringed (un projet avec un quatuor des cordes) en 2004. Cette fois, le projet tourne autour de la trompette ; des trompettes devrait on dire tant la palette de leur utilisation est large.

L’orchestration est surprenante : trois trompettistes, deux saxophonistes ou clarinettistes, un guitariste, un contrebassiste et un batteur. Toutefois, on est loin du big band. L’originalité constante des arrangements et l’alliage des timbres ne font jamais sonner le groupe comme ce qu’il n’est pas, à l’exception peut être d’« Hypocoristique ».

L’écriture de Darche est à l’origine d’une musique toujours captivante sans être trop cérébrale : chez lui, pas de mise en avant d’un « système », pas d’”école”, mais le souci constant du format juste et de la forme finale. Format de l’orchestre, format du morceau, format du disque, tout est pensé pour livrer un disque maîtrisé de bout en bout (43 minutes) ; jamais parodiques des genres auxquels elles empruntent, les compositions, très variées, forment un tout homogène.

La guitare de Gabor Gado crée un univers de tension et de lyrisme, appuyée par les lignes de basse de Boisseau. (“Novenus” et son ostinato de basse entêtant, déjà présent sur Trickster). Chaque composition recèle une surprise : une valse peu académique peut se « durcir » à l’arrivée de la trompette (« Joseph & Sa Maman »), par eemple, jusqu’à cet « Alex » final où le saxophone se livre presque à nu, uniquement soutenu par une contrebasse enveloppante et une guitare en apesanteur.

Discrètement, disque après disque,- et en multipliant les formats (trio, quartet, grande formation…) et les expériences, Alban Darche construit une oeuvre originale, cohérente et libre. Plus qu’un simple instrumentiste de talent (il joue également dans Le sacre du Tympan de Fred Pallem ou le Thôt Agrandi de Stéphane Payen), il est l’un des co-fondateurs (avec Sébastien Boisseau et Jean-Louis Pommier) de l’ambitieux et durable label Yolk qui permet à une toute une génération de musiciens de s’épanouir.
Vive le roi Darche !

par // Publié le 11 août 2008