Autour de Méliès… avec Joëlle Léandre

Communiqué :

Metz en Scènes présente :

  • Dimanche 4 mars 2012
    CYCLE CINE-CONCERTS 16h00
    L’Arsenal
    Salle de l’Esplanade
    Commande de l’Arsenal / Création mondiale :
    Méliès / Léandre

Joëlle Léandre Contrebasse
Jean-Brice Godet Clarinettes / Clarinette basse
Stéphane Grémaud Percussions

Autour de Méliès…

La jeunesse de Georges Méliès

Georges Méliès est né à Paris le 8 décembre 1861 dans une famille bourgeoise. Il est le petit dernier et donc très choyé par sa mère. Son père est un riche industriel dans la chaussure. Ils ont une vie très parisienne : réceptions, sorties, domestiques, etc. Il passe ses journées enfermé dans sa chambre à caricaturer ses professeurs, écrire des poèmes, bidouiller des inventions, dessiner des paysages et raconter des histoires. De 8 ans à 18 ans, Méliès devient pensionnaire au Lycée Impérial de Vanves puis au Lycée Louis le Grand. Cela va lui forger le goût du dessin et renforcer son côté rebelle. À 18 ans, son bac en poche, il veut intégrer les Beaux-Arts, mais son père refuse. Le jeune Georges devient alors, grâce aux relations de son père, l’élève de Gustave Moreau. Il refuse d’entrer dans l’usine familiale de chaussures. Ses parents l’expédient en Angleterre pour l’éloigner d’une liaison amoureuse et pour qu’il apprenne l’anglais. Il y découvre la magie : un univers inconnu et fascinant.

La période créatrice

À 26 ans, en 1888, grâce à l’héritage de son père, il achète le Théâtre Robert Houdin et monte des spectacles de grandes illusions. À la fois magicien, directeur du Théâtre, créateur de costumes, de décors, metteur en scène, directeur de casting, il fonde, en 1891, l’Académie de Prestidigitation, qui se transformera en 1904 en Chambre Syndicale de la Prestidigitation dont il est président pendant plus de trente ans.
Tout se précipite, en décembre 1895, quand Antoine Lumière (le père d’Auguste et Louis) l’invite à une projection de cinématographe. Une véritable révélation ! Il comprend immédiatement la portée de cette invention et lui fait une offre d’achat pour son appareil. Celui-ci refuse énergiquement et lui prédit une ruine certaine s’il persiste dans cette voie. N’écoutant personne, il se précipite à Londres afin d’acheter à William Paul une sorte d’appareil de prise de vue : l’animatographe. Méliès filme d’abord des sujets simples : la mer, la rue, sa famille, etc. puis bien vite, des sujets comiques joués par ses amis. Il découvre rapidement ses premiers trucages.

Jusqu’en 1912, il réalise plus de 520 films à la fois poétiques, fantastiques, mystérieux, naïfs et pleins d’humour : courts métrages de 1 à 20 minutes projetés dans les foires, et qui émerveillent les spectateurs. Il crée de nouveaux métiers, inconnus jusqu’alors, mais indispensables au cinéma : producteur, réalisateur, scénariste, décorateur, acteur, opérateur, directeur d’acteurs, etc. Chaque jour apporte son lot de défis ! sont les intempéries et les changements de lumière qui l’amènent en 1897 à créer le premier studio de cinéma dans sa propriété de Montreuil. Très vite, il diversifie ses sujets en proposant des publicités, reconstitution d’actualités et de faits historiques, adaptations de livres, etc. Il est toujours à la recherche de nouveaux scénarios. En 1902, il tourne le film le plus célèbre de sa carrière : Le Voyage dans la Lune, premier film de science-fiction au monde. Les scénarios mais aussi les nouveaux procédés techniques le passionnent. Ainsi, il met au point : le fondu enchaîné, la surimpression, le gros plan, le ralenti, l’accéléré, l’usage des caches et des maquettes, l’arrêt sur image, etc.

Son incroyable succès suscite les convoitises et il est pillé, surtout en Amérique où il était impossible de poursuivre les contrefacteurs. Afin d’enrayer ce phénomène, il confie, en 1914, à son frère Gaston, la Go Mélies Star Film Manufacturing à New York. Face aux rouleaux compresseurs industriels et financiers, il ne fait, hélas, pas le poids. Rockefeller soutient Edison et la banque Morgan épaule la Biograph, des accords, pour sa part, qu’il n’a jamais voulu passer. Peindre des décors, inventer des escamotages, faire disparaître un sarcophage ou faire danser un papillon lui apporte une joie intense, bien plus que les chiffres ou les tracasseries financières. La création est au centre de sa vie.
Au même moment, sa femme meurt et il se retrouve à s’occuper seul de ses deux enfants : Georgette et André. La guerre éclate et entraîne la fermeture du Théâtre Robert Houdin. Qu’à cela ne tienne, il ouvre dans l’un de ses studios de Montreuil, une salle de théâtre où il monte avec toute sa famille des spectacles entre 1915 et 1923. Cette année là, c’est la mort dans l’âme qu’il doit revendre, poursuivi par des créanciers, l’ensemble de la propriété familiale. Tous ses films sont vendus à des forains ou détruits.

La fin d’un rêve

En 1925, ruiné, il est contraint d’habiter chez son fils et sa belle-fille puis d’accepter pour survivre le métier de vendeur de jouets à la gare Montparnasse dans la boutique de sa seconde épouse Fanny Manieux alias Jehanne d’Alcy, locataire du magasin. À la mort de sa fille, Georgette, en août 1930, il recueille sa petite-fille Madeleine, âgée de 5 ans, dont le père Amand Fontaine était chanteur d’opérettes et très souvent sur les routes de France et d’ailleurs. Coincé 14 heures par jour, 7 jours sur 7 dans sa petite boutique, Méliès s’ennuie et souffre de cette routine peu sujette à la fantaisie. Il continue pourtant à dessiner sans arrêt sur le moindre petit morceau de papier. Son seul luxe : ses vacances annuelles en Bretagne durant l’été.

Un jour, comme tous les autres, en 1926, un cafetier passant par là le salue d’un retentissant « Bonjour, Monsieur Méliès ». Léon Druhot, alors directeur du Ciné-Journal, se trouvant sur les lieux n’en croit pas ses oreilles, il le croit mort depuis belle lurette et l’interpelle. Avec lui, Méliès sort de l’oubli. Le cinéaste va alors se battre avec acharnement pour la reconnaissance de son rôle d’inventeur du spectacle cinématographique, de ses découvertes techniques et du rôle primordial de la France dans les dix premières années du cinéma. Méliès n’a pas seulement inventé des trucages mais jeté les bases de ce qui allait être le cinéma moderne.

Quelques-uns de ses films sortis des greniers furent projetés lors d’un gala en son honneur à la Salle Pleyel le 16 décembre 1929 : un triomphe en présence du tout Paris ! Mais ses détracteurs l’accusent d’avoir reçu les bénéfices de la soirée et il subit un lynchage médiatique qui l’affecte énormément.

De nombreux journalistes s’indignent des conditions de vie du cinéaste et de l’oubli total des politiques. En mars 1931, lors d’un banquet de la corporation cinématographique, il est enfin reconnu par la profession, avec Louis Lumière, comme « l’un des deux piliers du cinéma français ». Deux jours plus tard, Charlie Chaplin reçoit la Légion d’Honneur. Un anglais honoré, l’inventeur français du spectacle cinématographique ignoré ?! La situation est intenable pour le Ministre qui accepte de décorer enfin le cinéaste. Parrainé par Louis Lumière, particulièrement ému, Méliès reçoit la Légion d’Honneur le 22 octobre 1931 lors d’un banquet de 800 convives au Claridge.

En 1932, Méliès s’installe avec sa femme et sa petite-fille au Château d’Orly, nouveau lieu de retraite de la Mutuelle du Cinéma, dont ils sont les premiers et seuls occupants. Le Septième Art est encore trop jeune pour avoir ses retraités. À Orly, bien que souffrant de l’éloignement de la capitale, il accueille de nombreux journalistes, jeunes réalisateurs et admirateurs, et continue de s’occuper du Syndicat de la Prestidigitation. Il fait même des projets de film. Il y passera les six dernières années de sa vie.

Joëlle Léandre - Contrebassiste, improvisatrice et compositrice

Joëlle Léandre, contrebassiste, improvisatrice et compositrice française, est l’une des figures dominantes de la nouvelle musique européenne. Formée à la musique d’orchestre et à la musique contemporaine, elle a joué avec l’Itinéraire, 2e2m et l’Ensemble Intercontemporain de Pierre Boulez. Joëlle Léandre a aussi travaillé avec Merce Cunningham et John Cage. Ce dernier, avec Scelsi, Fénelon, Hersant, Lacy, Campana, Jolas, Clémenti et une quarantaine d’autres compositeurs ont écrit spécialement pour elle.

Outre la musique contemporaine, Joëlle Léandre a travaillé avec les grands noms du jazz et de l’improvisation : Derek Bailey, Antony Braxton, George Lewis, Evan Parker, Irène Schweizer, Barre Phillips, Pascal Contet , Steve Lacy, Raymond Boni, Lauren Newton, Daunik Lazro, Fred Frith, Peter Kowald, Urs Leimgruber, Mat Maneri, Roy Campbell, Mark Nauseef, Marilyn Crispell, India Cooke, Jean-Luc Cappozzo, John Zorn et tant d’autres…

Elle a beaucoup écrit pour la danse, le film, le théâtre, et réalisé plusieurs performances multidisciplinaires. En 1994, elle reçoit le DAAD à Berlin et elle est accueillie en résidence à la Villa Kujiyama (Kyoto). En 2002, 2004 et 2006 elle occupe la Chaire Darius Milhaud, pour la composition et l’improvisation, comme Visiting Professor au Mills College d’Oakland (Californie). Ses activités de créatrice et d’interprète, tant en solo qu’en ensemble, l’ont conduite sur les plus prestigieuses scènes européennes, américaines et asiatiques. De 1981 à 2009, Joëlle Léandre a enregistré près de 150 disques.

Jean-Brice Godet - Clarinettiste

Jean-Brice Godet commence la clarinette à l’âge de 8 ans au conservatoire de Colombes, sa ville natale. Poursuivant un cursus amateur de bon niveau, ce n’est qu’à l’âge de 17 ans en découvrant en même temps Albert Ayler, Sonic Youth, György Ligeti, Duke Ellington et Buddy Guy qu’il prend conscience du champ des possibles de l’expression musicale. Il emprunte alors, d’abord en autodidacte puis sous les conseils de personnalités comme Bernard Lubat, Louis Sclavis et Joëlle Léandre le chemin tortueux, mais, oh combien fondateur, de l’improvisation libre. Incertain sur son devenir professionnel, et d’abord persuadé que la
musique ne doit pas être un métier, il commence un cursus scientifique à l’Université Pierre Et Marie Curie qu’il termine en 2004 par un master de recherche en informatique musicale (ATIAM) qui lui permet de passer un an à l’I.R.C.A.M. C’est aussi en 2004 qu’il achève son cursus musical par un D.E.M. au conservatoire de Gennevilliers sous l’égide de Nicolas Baldeyrou.

C’est avec le collectif In Sit-U qu’il rencontre Fred Frith avec qui ils travaillent une quinzaine de jours sur une création originale, rencontre qui se révèlera fondatrice. Peu de temps après, il intègre le quintet Fröhn et se produit sur des scènes prestigieuses comme Le Petit Faucheux à Tours ou encore sur le plateau de l’émission à L’Improviste à la Maison de la Radio. Il crée son premier ciné-concert en 2004 sur un film muet noir et blanc mais sorti en salle en 2000 de Christophe Ali et Nicolas Bonilauri : « Le Rat ». Le second sur « Berlin, Symphonie d’une grande ville » fera l’objet d’une commande conjointe de la SACEM et de la ville de Gennevilliers en 2011. Il collabore régulièrement depuis 2009 avec Pablo Cueco (Erythropus Quartet, Le Bal De La Contemporraine…) et a eu la chance de jouer avec Anthony Braxton en 2010 à New-York. Il anime les soirées Amok’Improv’ avec Sylvain Cathala et Fred Maurin depuis 2010, écrit pour son quartet « ChaosGumi » et provoque de nombreuses rencontres improvisées sur la scène underground parisienne.

Stéphane Grémaud - Percussionniste-batteur, compositeur et interprète

Né le 10 avril 1951 à St Germain en Laye. 1972-1976 Analyse et Harmonie, Classe de percussions (Direction Michel Cals), au C.N.R. de Boulogne-Billancourt. Parallèlement études d’Architecture aux Arts et Métiers à Paris. Depuis 1978 Enseigne les percussions et la batterie Jazz. Travail de recherches en informatique musicale pour le théâtre et le cinéma (montages audiovisuels et numériques).

Compositeur de musiques de scène et de courts-métrages. En collaboration avec Joëlle Léandre (Festival d’Avignon, Festival d’Aix en Provence, Théâtre de la Criée à Marseille). En collaboration avec Ramon de Hererra (Festival d’Automne à Paris, Palais des Glaces à Paris).

Rencontre avec Sonny Rollins en 1981 Salle Gaveau à Paris. Batteur de Jazz aux côtés de Bill Coleman, Jean-Claude Forenbach, Alain Jean Marie, Marc Fosset, Patrice Galas, Jean-lou Longnon, Michel Delakian, Christiane Legrand, Roger Guérin, Pierre Michelot, Gérard Curbillon, Michel Delakian, David Marcos, Serge Forte, Sheila Jordan.

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