Scènes

Dominique Pifarély Trio, Jacky Molard Quartet, Camel Zekri et les Diwan

(« Vous avez la parole »)


Inaugurale d’une série de concerts en Bourgogne initié par Roger Fontanel, la création du nouveau trio de Dominique Pifarély, accompagné de ses jeunes complices Eric Groleau à la batterie et Julien Padovani à l’orgue Hammond a été présentée le 2 février à Nevers.


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Dominique Pifarély © H. Collon/Vues sur Scènes

Alliage d’univers divers, de la ritournelle populaire à l’exploration de
territoires moins familiers, la suite de pièces, pour certaines reprenant des matières issues d’Anabasis, nous invitait à cheminer sur la voie très personnelle du musicien compositeur. Sa musique se plait à nous égarer dans des étonnements sonores pour mieux nous reprendre au vol du plaisir sensible et immédiat que la générosité du trio distille sans retenue. Un trio électrique, à l’énergie parfois rock, dont l’évident bonheur d’être ensemble invite au partage, et nous maintient de bout en bout en état de « qui-vive » joyeux.

Dominique Pifarély sera présent dans la région avec différents projets, dont
notamment son nonet « Dédales » présenté le 22 mai au Théâtre de Nevers, où l’on retrouve outre les complices de ce trio, Christiane Bopp (tb), François Corneloup (sax), Hélène Labarrière (ctb), Guillaume Roy (alto), Jean-Luc Cappozzo (tp) et Vincent Boisseau (clarinette).


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H. Labarrère © H. Collon/Vues sur Scènes

Etrangement, moult concerts plus tard, Jacky Molard s’installe pour un soir (le 16 février) au Zèbre de Belleville avec son « acoustic quartet » (Hélène Labarrière à la contrebasse, Janick Martin à l’accordéon diatonique et Yannick Jory aux saxophones alto et soprano). Etrangement car si les langues de ces deux violonistes, complices par ailleurs (les verrons-nous bientôt réunis sur une même scène ?), semblent parfois étrangères, elles suintent pourtant les mêmes tripes, le trio de l’un et le quartet de l’autre s’enracinent en des terres communes, celles qui nourrissent joie et chagrin.


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Camel Zékri © H. Collon/Vues sur Scènes

Dire pour l’un, exprimer pour l’autre en réinventant une tradition qui, de la Bretagne à la Moldavie, accompagne les deuils, les fêtes, les mariages… Le lendemain, c’est l’envoûtante musique des diwan du Maroc, d’Algérie et de Tunisie réunis autour de Camel Zekri qui clôture le festival Sons d’Hiver et un parcours musical que le hasard a bien heureusement imaginé et qu’il est agréable de partager par ces quelques lignes. Impossible d’échapper à l’infiltration des rythmes et phrases qui tournent et enflent. Même à Créteil, emprisonnée dans le béton, l’assemblée des auditeurs ne peut rester calée dans les fauteuils. Au milieu de ces flots d’une autre musique de tradition, Camel Zekri s’abandonne sobrement à improviser, en déplaçant à peine l’univers de ses cousins et amis.

Finalement, ces cordes racontent la même histoire, avec des mots singuliers. Et l’on voudrait nous convaincre de nos différences…