Scènes

Les « Éclats d’ARFI » entrent en scène

Une quinzaine de formations et plusieurs dizaines de musiciens, danseurs, poètes, chercheurs de sons et de plastiques nouvelles sont mobilisées le temps de ces « Eclats d’Arfi » qui se déroulent durant dix jours à Lyon et environs.


Les « Eclats d’Arfi » entrent en scène

Depuis jeudi soir, l’ARFI fait des siennes à Lyon

Une quinzaine de formations et plusieurs dizaines de musiciens, danseurs, poètes, chercheurs de sons et de plastiques nouvelles sont mobilisées le temps de ces « Eclats d’Arfi » qui se déroulent durant dix jours à Lyon et environs.

Ce n’est ni une heure ni un lieu pour lancer la chose ? Eclats d’Arfi a démarré le 19 novembre 2009 à 18 h à l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc. A l’heure où Lyon était censée faire bombance de Beaujolais nouveau était ainsi lancé « Dites 33 Entomolo Vox », premier concert-spectacle d’une série de dix qui ponctueront jusqu’au samedi suivant ces journées particulières.
Trompette : Jean Méreu. Clarinette/harmonica : Jean-Luc Peilhon, Bernard Gousset : sons et Michel Boiton : percussions.
Une variation entre cigale et criquet, grillons et autres insectes plus sonores qu’on ne croit. Qui a parlé de moustiques ?

Concerts, rencontres, sorties de CD et multiples confrontations entre musique et danse ou musique et cinéma pointeront le bout de leur nez ici et là durant dix jours avec une prédilection, tout de même, pour l’AmphiOpéra de Lyon, lieu de détour familier pour l’association.
Ici, ce sont moins les musiciens que les projets qui comptent. Ces Eclats, qui ont tendance année après année à devenir un véritable festival automnal sans limites et made in Lyon, ont leur vie propre. Basés sur des rencontres attendues ou non, ils mettent en présence danseurs et musiciens, sons, gestuels, poésies, images et récits, aboutis ou en chantier, à saisir en totalité ou non. Plus particulièrement les trois soirées organisées à l’AmphiOpéra de Lyon (les 26, 27 et 28 novembre) se veulent autant de rencontres ou de confrontations entre danse et musique. Tous genres acceptés, hip hop compris. Au sommaire jeudi 26, le concert Old Blind & Deaf et Pokemon Crew + un vidéaste sur fond de colonisation de l’Algérie revisitée.
Une soirée un peu particulière puisque l’ARFI en profitera pour lancer Colonisation, le premier album d’une nouvelle collection (« One Wait ») dédiée aux musiques électroniques.
Le lendemain, la soirée veut bannir toute banalité : rencontre de la danse sur fond de sax à la recherche de thèmes de Steve Lacy, le duo Morpho de contrebasse enlaçant la danse (Eric Brochard – Cécile Loyer) ou encore enfin ces « Allègres barbares », en guise de retour aux sources, citant certains des duos de Bartok, pionner de l’imaginaire, là encore oscillant entre danse (Yoko Higashi) et improvisation (dont Patrick Charbonnier, Lionel Martin et Eric Delbouys), Catherine Laval costumant l’ensemble.
Des concerts à midi. Des concerts le soir. En attendant l’ultime soirée du 28 marquée par une autre rencontre danse - musique, Julyan Hamilton et Karim Sebbar se chargeant d’exprimer leur danse pendant que l’Arfi enverra « L’Effet Vapeur » (Autin, Garcia & co..).


« Entomolo Vox : un travail de fourmi »

Les insectes parlent. Ils disent même des tas de choses pour peu qu’on tende l’oreille. C’est à cette quête que se livre le quartet Dites 33, composé de Jean Méreu, Jean-Luc Peilhon, Michel Boiton et Bernard Gousset, réuni en concert d’ouverture des Eclats d’Arfi à Lyon.
Entomologie, recherche du son pur ou non altéré par des approches réfléchies des instruments, ce court concert qui va de cigale en fourmi, de criquet en abeille ou en mouche se veut une fidèle traduction d’un pan entier de culture sonore qui nous échappe, sauf au moment de l’attaque traître du moustique en piqué.
Électronique, harmonica, trompette et clarinette réussissent à évoquer ces reflets à travers des mélodies soignées qui sonnent bizarrement dans ce hall d’hôpital en forme de fosse vitrée où quatre ascenseurs lancés dans le vide animent le lieu d’étrange façon. Les explications de Jean Méreu ne sont pas de trop pour saisir le sens de ces conciliabules. Il est vrai, comme le musicien le précise, que l’on recense sur terre un million d’espèces d’insectes, qui ont souvent leur langage propre.

NB : Le concert suivant (21 septembre à La Poudrière, Fort du Bruissin de Francheville) : Labo Arfi dans ses œuvres. Un de ces moments qui agitent régulièrement l’Arfi, au cours desquels se réunissent des musiciens improvisateurs qui tentent d’inventer des formes sonores inédites.
mercredi 25 12h30


Programme de la semaine

  • mercredi 25 12h30 Rencontre C. Rollet / C. Gibert / S. Graoui Sidi Graoui (danse), Clément Gibert (clarinettes), Christian Rollet (percussions)
    C’est sur le terrain fertile de l’improvisation que se déroule la rencontre entre danse et musique. Dans une écoute mutuelle de notes et de gestes, on voit surgir des corps qui sonnent et des instruments qui transpirent. Rollet / Gibert / Graoui
  • Jeudi 26 novembre 2009
  • 12h30
    Rencontre X. Garcia / E. Vagnon / U. Alvarez / E Sammarco Xavier Garcia (samplers), Eric Vagnon (saxophone), Ulises Alvarez et Ennio Sammarco (danse). (participation de Lucia Recio annulée pour raison de santé).
    Xavier Garcia et Ulises Alvarez se sont rencontrés il y quelques années lors d’une création avec la compagnie Maguy Marin. Pour Eclats d’Arfi 2009, ils se retrouvent en invitant Eric Vagnon et Ennio Sammarco.
  • 20h30
    Rencontre P. Charbonnier / J. Gali Jordi Gali (danse), Patrick Charbonnier (trombone, dispositif électroacoustique) Patrick Charbonnier invite le danseur catalan Jordi Gali pour une improvisation autour d’une installation sonore. Jordi Gali a notamment travaillé avec les compagnies Projecte Gallina d’Emilio Gutiérrez, Ultima Vez de Wim Vandekeybus et Rosas d’Anne Teresa de Keersmaeker…
    Rencontre OBD / Pockemon Crew / XLR Project
    Old Blind & Deaf (X. Garcia : laptop, traitements / G. Villerd : laptop, sax, voix), Compagnie Pockemon Crew (hip hop, en résidence à l’Opéra de Lyon) et le vidéaste Nico Tico.
    L’arc électrique des énergies se crée autour de la musique électronica du duo OBD (Old Blind & Deaf). Pour marquer la sortie du Cd « Colonisation » d’OBD (au sein de « One watt », la nouvelle collection du label ARFI), le duo invite la Cie Pockemon Crew et le vidéaste Nico Tico.
  • vendredi 27 novembre 2009
  • 12h30
    Rencontre A. Spirli / J. Aussanaire / K. Sebbar Jean Aussanaire (sax), Alfred Spirli (batterie, objets) et Karim Sebbar (danse)
    Evénement chorégraphique et musical s’inscrivant dans des lieux urbains, cette rencontre improbable se joue entre composition et improvisation pour se glisser au cœur du quotidien. L’humour et la poésie des situations nous entraînent dans des lieux inattendus.
  • 20h30
    « Tips » (1) J. Aussanaire / F. Plisson
    Jean Aussanaire (saxophones), Francis Plisson (danse), Léopoldine Signoret (conception plastique).
    « J’ai le souci de me mettre à l’unisson de la nature bien plus que de la copier ». C’est l’un des aphorismes de Georges Braque, à partir desquels Steve Lacy a composé une suite de 16 thèmes. Cette partition de « Tips » offre une trame inédite de performances musicales, chorégraphiques et plastiques.
    Duo Morpho(s)
    Cécile Loyer (danse), Eric Brochard (contrebasse)
    Morpho, ou lŽirridescence du geste. Dans un langage corporel minimaliste dégagé des codes gestuels et sonores, Cécile Loyer et Eric Brochard expérimentent la lenteur, l’envoûtement. Danse de changements, sons intérieurs, on assiste à la naissance d’un univers…
    « D’Allègres Barbares » /// spectacle invité
    Yoko Higashi (danse), Patrick Charbonnier (trombone), Eric Delbouys (batterie), Lionel Martin (saxophone), Catherine Laval (costumes/maquillages).
    D’Allègres Barbares s’approprient quelques uns des 44 duos pour violon de Bela Bartok pour en donner une version personnelle ouverte sur l’improvisation.
  • samedi 28 novembre 2009 - 20h30
  • « Tips » (2) : J. Aussanaire / F. Plisson + J. Bolcato (b)
  • rencontre P. Charbonnier / J. Gali
    Rencontre Trio Effet Vapeur / J. Hamilton / K. Sebbar Jean-Paul Autin (clarinettes, saxophones), Xavier Garcia (samplers), Alfred Spirli (percussions, objets), Julyen Hamilton (danse), Karim Sebbar (danse).
    L’Effet Vapeur (Autin, Spirli, Garcia) et le danseur-chorégraphe Julyen Hamilton travaillent ensemble depuis 4 ans déjà. Le spectacle « Lighthouse » en est l’expression. Cette année, les musiciens de l’Effet Vapeur proposent à Karim Sebbar de se joindre à eux. Pour inventer un nouveau vocabulaire spontané…
    AFTER> OBD / Pockemon Crew…

DERNIERE MINUTE :

Le ciné-concert Cinescaff’Arfi remplace Electro Merveilles le mercredi 25 novembre à 15h à la MJC Monplaisir de Lyon. >

Programme complet Eclats d’Arfi
Renseignements : 04 72 98 22 00