Portrait

FrogNstein ou la musique é©lectrique

Autour de la sortie du premier disque de frogNstein - rencontre avec les fondateurs du groupe.


Quatre ans après avoir mis au monde le projet frogNstein, qu’ils ont su faire grandir jour après jour, les deux fondateurs du groupe ont la joie de vous faire part de la naissance de leur premier disque, « Electrify My Soul ».

Ils sont amis et musiciens depuis dix ans : Cédric Hanriot (piano, claviers, programmation, compositions, arrangements) et Bertrand Béruard (basse, contrebasse, programmation, compositions, arrangements) viennent de lancer leur première invitation discographique à un savoureux voyage au pays d’un électro-groove-jazz – c’est ainsi qu’ils qualifient leur musique – où la diversité des climats et des paysages rythmiques tient lieu de géographie : rythmes, forcément, car ces deux musiciens en sont nourris depuis toujours ; tous deux se définissent d’ailleurs comme rythmiciens avant tout, le cœur du projet s’articulant autour de la tierce piano-basse-batterie. Climats car leurs choix esthétiques ne se limitent pas à une approche monochrome marquée par une mode, bien au contraire.

L’univers éclectique d’Electrify My Soul [1] est celui où se marient avec élégance les sonorités aériennes d’un quatuor à cordes, des platines et des samples, d’une section de cuivres (sous la houlette de Florent Briqué le troisième batracien), du chant et des poèmes chinois de Coco Zhao ou de la voix du vieux complice 2TH, sans oublier la présence de quelques bons amis comme le toujours excellent Franck Agulhon à la batterie. Des atmosphères funky de « Won’t U », « Frankenstein » ou « Funky Booster » aux ambiances plus éthérées de « Jeux d’O » ou « Leason », la musique de frogNstein est une incitation à ne s’interdire aucune initiative pour peu qu’elle provoque un brassage harmonieux et unisse autour d’elle un public aux origines et cultures diverses.

Les amateurs de jazz y trouveront leur compte, tant par le choix des thèmes que par la qualité des improvisations (notamment celles, très lyriques, du saxophoniste Hugues Mayot, que les amateurs de Magma se rappelleront peut-être avoir vu aux côtés du groupe lors de sa quatrième semaine de rétrospective au Triton en 2005), et c’est tout naturellement que Citizen Jazz est allé trouver les deux leaders du groupe. Une bonne occasion de faire le point sur dix années de musique et de rencontres, et d’envisager l’avenir de frogNstein.

Rencontre avec Cédric Hanriot et Bertrand Beruard, fondateurs de frogNstein

CJ : Avant de faire mieux votre connaissance, pouvez-vous nous dire d’où est venue l’idée du nom du groupe, frogNstein ?

BB : On a trouvé le nom à l’époque où nous étions trois avec Yvain Von Stebut, Cédric et moi. On avait composé un morceau qui s’appelle « Frankenstein », qui est d’ailleurs sur le disque, où Yvain avait inclus des samples du vieux film en noir et blanc Frankenstein. On est partis de ce film et on a décidé de créer un personnage-grenouille inspiré du personnage de Frankenstein, mais… façon grenouille.

CH : Il y a aussi toute une histoire avec les iguanes… L’iguane, c’est comme ça que je surnomme parfois Bertrand, je trouve qu’il a un côté un peu reptile : frog, et moi c’est le côté peut-être un peu allemand : stein ! (rires)

CJ : Vous êtes donc les deux initiateurs et les leaders du groupe ?

CH : Oui, d’ailleurs, c’est écrit comme ça sur la pochette du disque. Nous sommes les fondateurs et compositeurs de frogNstein, mais nous sommes aussi amis depuis plus de dix ans maintenant.

CJ : Depuis quand le groupe existe-t-il ?

BB : L’idée remonte à 2003. On a commencé à enregistrer tous les deux, c’était la première formation, avec un DJ, François Bonicel, qui est d’ailleurs mentionné sur le disque car on a gardé des boucles qu’il avait préparées à ce moment-là. C’est là vraiment qu’est l’origine de frogNstein. Ensuite, on a changé de DJ et travaillé avec Yvain Von Stebut, puis on a ajouté de la trompette, Guillaume Poncelet ou Antoine Berjeaut d’abord et Florent Briqué à partir de 2005, et on a tourné à quatre, mais sans batterie. Puis nous avons ajouté une batterie afin d’enrichir la dynamique du projet et en mai 2005, le groupe a été lauréat du Concours de Saint-Germain-des-Prés - Paris où il a remporté le prix de groupe, le prix SACEM, le prix SPEDIDAM et le prix du soliste Selmer…

CJ : frogNstein aujourd’hui, c’est donc un noyau dur, une sorte de cœur avec un trompettiste et un batteur ?

CH : À l’heure actuelle, on a un batteur fixe, qui est Mathieu Chazarenc. On n’a plus de DJ maintenant, c’est Florent qui gère les samples avec son ordinateur et à partir des concerts de juin prochain, le chanteur 2TH, intègrera définitivement le projet pour former en fait un cœur à cinq musiciens, et là, ce sera stable.

CJ : Comment définiriez-vous la musique de frogNstein ?

BB : On a trouvé un terme : électro-groove-jazz. On a rajouté « groove » à la catégorie électro-jazz où les journalistes pourraient nous classer parce qu’il y a dans notre musique un côté plus instrumental que dans la musique électro « pure ». Mais ce n’est pas de l’électro-jazz façon Jaga Jazzist, un groupe que nous aimons beaucoup d’ailleurs, mais qui est plus axé sur les machines que nous. Et puis, il y a le jazz bien sûr, pour la couleur des thèmes et le côté improvisé.

CJ : Remontons un peu dans le temps et parlez-nous de votre découverte de la musique, votre formation, vos influences, vos expériences.

BB : Au départ, je ne jouais pas du tout de musique, mais mon frère me faisait écouter des vinyles de Led Zeppelin, Queen, Pink Floyd… Je n’avais jamais touché d’instrument et je ne me destinais pas du tout à ça. En fait, je voulais être… footballeur professionnel, jusqu’à l’âge de 15 ans où j’ai eu un problème de tendon d’Achille. Alors j’ai dû transposer ma passion sur quelque chose d’aussi prenant. On a commencé à monter un groupe avec mon voisin batteur, puis avec Matthieu (2TH, qui est sur le disque de frogNstein), Notorious. Cédric nous a rejoints trois ans plus tard, fin 1996, jusqu’en 1999. C’était un groupe qui jouait une musique funk–rock. Et puis au bout d’un moment, en se rendant compte qu’avec Notorious, on n’allait pas forcément devenir des rock stars qui vendraient des millions de disques, on a commencé à se dire qu’il faudrait peut-être voir ailleurs, se former… donc, j’ai fait le Conservatoire à Nancy, mais bien après, à l’âge de 23 ans.

CH : Moi, je jouais déjà un peu de jazz à côté à l’époque et c’était très mal vu dans le groupe, on était presque devenus ennemis avec les autres membres ! Bref, c’est une longue histoire tout ça, on a eu aussi des soucis avec notre manager, une arnaque… Ce sont des choses importantes, finalement, dans la vie d’un musicien.

BB : Oui, et ensuite, j’ai tourné avec un groupe qui s’appelait Les Amis de ta Femme, qui n’avait absolument rien à voir mais qui m’a apporté beaucoup. Je suis resté deux ans et demi avec eux, et on a commencé frogNstein pendant que je tournais avec ce groupe. Mais on a tout de même donné une centaine de concerts en deux ans, c’est un groupe qui cartonnait, qui est connu en France, dans toutes les régions et c’était assez agréable de jouer devant beaucoup de gens tout le temps, sur de grosses scènes. On en profitait, c’était la vie un peu rock’n’roll, avec le camion, les filles, les soirées… mais c’est vrai qu’au bout d’un moment, j’en ai eu assez aussi. Donc, j’ai arrêté il y a deux ans et demi pour me consacrer plus à frogNstein et à mon instrument. Et pour ce qui est de ma formation, je viens d’obtenir le DE de jazz. J’ai fait les choses à l’envers, je crois qu’on est plutôt autodidactes finalement. J’enseigne aussi depuis cette année dans une structure privée à Chambéry, l’APEJ, qui est installée dans les mêmes bâtiments que le Conservatoire, c’est pour cette raison que je vis en partie là-bas.


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Bertrand Béruard © Fabrice Journo

CH : Je ne suis pas né non plus dans une famille de mélomanes, au contraire ! J’ai découvert la musique avec des amis qui écoutaient du hard rock, Van Halen etc… quand on est amis, on est parfois obligé de partager des choses, alors j’ai appris à aimer le hard, les nappes de synthé, Jean-Michel Jarre ! Et puis ensuite, un ami commun, Anthony Morel m’a fait découvrir le jazz avec des gens comme Stanley Clarke, Keith Jarrett mais c’était peu de temps après Notorious. Moi, j’ai vraiment commencé la musique avec Notorious, donc en 1996.

CJ : Vous êtes donc l’un et l’autre musiciens depuis une dizaine d’années ?

BB : Oui, nous sommes devenus musiciens… un peu sur le tard !

CH : Ce qui était super avec Notorious, c’était la route, les tournées, les concerts, l’expérience professionnelle, c’est une des meilleures formations qui soit pour un musicien. Ça nous a permis de découvrir le milieu musical, plus que dans un Conservatoire où on apprend ses gammes et où on ne connaît pas vraiment la réalité du métier de musicien. Mais j’ai commencé à sentir que je n’avais pas trop ma place dans ce style de rock, j’avais envie de développer un style, autre chose, donc j’ai commencé à jouer ce qui me passionnait vraiment plus : le jazz. Je suis allé voir Bernard Maury, décédé depuis, malheureusement, qui était vraiment la légende de tous les pianistes. C’est quelqu’un qui avait compris plein de choses, un ami proche de Bill Evans par exemple ; c’est un peu comme si j’avais commencé le piano en prenant des cours avec Herbie Hancock…

Puis j’ai fait une année au Conservatoire à Metz où j’ai obtenu un DEM en un an, travaillé avec Jean Gobinet, j’ai fait quelques belles rencontres là-bas, comme le saxophoniste et ami Christophe Panzani. Ensuite, je me suis formé tout seul, j’ai travaillé l’instrument, monté des groupes de jazz, pris quelques mauvaises habitudes de pianiste aussi, en tous cas c’est ce que j’ai compris ces derniers mois. Quand je compare avec ma petite expérience de ces quatre derniers mois au Berklee College of Music à Boston), je ne pense pas que l’enseignement au Conservatoire me convenait, ce qui ne remet pas en cause la qualité musicale et pédagogique des professeurs. Je suis allé voir aussi quelques pianistes français célèbres qui m’ont dit : « On n’a pas grand-chose à t’apprendre, il faudrait aller voir ailleurs, sans doute aux Etats-Unis. » En parallèle, j’ai aussi pris quelques cours avec Pierre Bertrand pour l’écriture, l’arrangement, et là j’ai appris énormément, c’était une mine d’informations pour l’écriture, quelque chose qui demande énormément de travail.

Alors Paris… ça me tentait, mais pas plus que ça finalement et je me suis dit que ce serait bien de changer d’air, et je rêvais des Etats-Unis depuis très longtemps. Je me suis renseigné sur les bourses, j’ai posé ma candidature à la bourse Fulbright (sénateur américain qui l’a créée après la Seconde Guerre mondiale pour favoriser les échanges universitaires entre les Etats-Unis et les autres pays) - la plus prestigieuse aux Etats-Unis. Au départ elle est plutôt destinée aux polytechniciens, aux chercheurs ou aux étudiants de Sciences-Po mais pour les musiciens, c’est la seule qu’on puisse encore prétendre avoir. Elle permet de faire au minimum deux semestres d’études là-bas. C’était loin d’être gagné mais j’ai eu la chance de l’obtenir. Alors j’ai consulté toutes les écoles, il y avait Berklee, la moins chère, mais où des professeurs m’intéressaient - comme Danilo Perez. Je l’avais rencontré il y a un an avec Wayne Shorter, il a pris le temps d’écouter ce que je fais, on a eu un bon contact et j’ai décidé d’aller là-bas, étudier avec lui. J’ai la chance de faire partie des quatre élèves à qui il donne des cours.

Et là, l’environnement, l’émulation avec les élèves et les professeurs, les master classes, la générosité des enseignants, les sessions tous les jours etc., ça n’a plus rien à voir, ça change ma vie, j’ai vraiment l’impression de découvrir de nouveaux horizons, c’est plus que bénéfique !!! Je travaille avec Danilo mais aussi avec des musiciens éminents tels que Hal Crook, Joe Lovano ou encore Ed Tomassi. Si dans quelques années on me demande où et quand j’ai appris des choses, je dirai probablement : « Quand j’étais aux Etats-Unis ». Le reste, pour moi, c’était du « warm up » - un échauffement…


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Cédric Hanriot © Fabrice Journo

CJ : Revenons au disque, sur lequel vous vous partagez les compositions. Comment les travaillez-vous ?

BB : Les morceaux, chez moi, sont tous composés différemment ; je peux partir d’une idée, de quatre accords ou d’un groove… Il n’y pas de règle, et j’essaie de faire venir les choses naturellement, de ne pas avoir trop recours à des procédés. Donc… ça vient comme ça vient !

CH : Et puis comme tout cela est destiné à être électro, on peut aussi partir des machines, des sons. Par exemple, sur « Leason », ou « Jeux d’O », j’ai d’abord créé les sons et ensuite mis le thème, puis les accords. En fait, pour certains autres, j’ai composé le morceau presque au studio, puis ajouté des couches ; donc certaines choses sont venues vraiment à la fin. Tout est possible !

CJ : Sur le disque, il y a pas mal de musiciens. C’était un moyen d’amener toutes les couleurs que vous aviez en tête ou tout cela s’est-il fait au fil des opportunités ?

BB : C’est un mélange des deux en réalité. Au départ, on avait envie de réaliser un disque avec des couleurs de cordes, des sections de cuivres, du chant… quelque chose de très varié. Dès le départ, on a fait la liste des instruments dont nous avions besoin et donc oui, en partie, c’était réfléchi à l’avance, parce qu’on n’avait pas envie de se priver de quelque couleur que ce soit. Ensuite, il y a eu des rencontres en cours de route, comme Coco Zhao ou Dean Bowman.

CJ : Coco Zhao, qui amène des textes en chinois ?

BB : Oui, ça, c’est vraiment une rencontre… alors on s’est dit, sur tel morceau, ce serait vraiment super, on a essayé…

CH : Quant aux autres musiciens, ce sont principalement des gens qui ont déjà été invités par le groupe sur scène, et et qu’on apprécie.

CJ : Ce qui est frappant, c’est que vous semblez avoir deux approches très différentes pour le studio et pour la scène.

CH : Je crois que tous les artistes fonctionnent comme ça. Même dans le domaine du jazz acoustique, avec des gens comme Michael Brecker ou Kurt Rosenwinkel. Quand ils sont en studio, ils prennent des chorus courts, ils vont à l’essentiel, tandis que quand tu les entends en concert, ça peut développer beaucoup plus. Un disque doit être agréable à écouter, pas trop long, efficace. En live, on peut s’autoriser plus de… divergences ! Mais cela dit, on trouve qu’il y a trop de différence entre le studio et le live ; on va essayer de compenser ça lors des prochains concerts.

CJ : Votre son live a un côté un peu brut, on a bien un même univers, mais avec des colorations très différentes.

CH : Mais c’est vrai aussi qu’on n’est ni Axelle Red ni Michel Sardou dans le sens où ces chanteurs-là veulent retrouver sur scène les moindres détails du disque – et je respecte. Tout est millimétré. Nous, je pense qu’on essaiera de garder toujours de la marge entre les deux !

CJ : Et puis il y a aussi une question de moyens, car on imagine que jouer sur scène avec un quatuor à cordes, deux trompettistes, deux saxophonistes, des choristes… ça a un coût.

CH : C’est vrai mais n’empêche qu’il reste un trop grand déséquilibre. Les prochains concerts vont se rapprocher du studio. On va retravailler l’électro, parce que pour le moment c’est encore trop acoustique, et rajouter des couches qui manquent.

BB : Oui, on va retravailler les samples, les équaliser… Il y a beaucoup de couches, donc un gros travail de mix, il faut qu’on soit très pointus, très précis sur nos mixages. Parfois, certains éléments se détachent, sautent aux oreilles… C’est ce qu’on appelle travailler l’électro. Et on va ajouter une voix.

CJ : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur certains des invités du disque, Franck Agulhon par exemple ?

CH : On a évoqué la possibilité d’inviter des solistes-frontmen, comme d’autres groupes électro qu’on apprécie - de super solistes : Stéphane Guillaume, Flavio Boltro, Julien Lourau… On voulait faire ça à une époque, mais on s’est dit « C’est pas trop notre truc »…

BB : Nous à la base, on est d’abord des rythmiciens, batterie–basse–piano, même si on a des aspects mélodiques…

CH : On a évoqué cette question avec un journaliste d’Esprit Jazz qui nous demandait pourquoi, sur le disque, on invitait deux batteurs et pas des « super solistes » ? Mais justement… on lui a dit qu’il avait répondu lui-même à la question : on a invité deux batteurs qui jouent de manière complètement différente et… on a pensé à Franck ! Pour la petite histoire, c’est à la Music Academy International (MAI) de Nancy, où j’enseigne depuis quelques années, que j’ai rencontré Franck Agulhon. J’ai eu ensuite le plaisir de partager la scène avec lui en quelques occasions – pour moi Franck est aussi riche humainement que musicalement, c’est dire !!

Il ne s’agit pas de rajouter un musicien pour le prestige… bien au contraire, c’est même mieux. Nous ne voyions pas, pour notre disque, l’intérêt d’appeler un « super soliste », de le payer… pour simplement dire qu’on l’avait sur le disque ! On a voulu prendre des gens avec qui on s’entend bien, des gens généreux… Ces deux conditions réunies, on a invité Franck, Dean Bowman avec qui on avait partagé deux ou trois concerts … même si par ailleurs on a connu des problèmes de prise de son pour la voix de Dean - une histoire de buffer de la carte son qui ne marchait pas. Il y a eu de la « friture » sur la voix, on a essayé tous les traitements numériques, rien n’y a fait, on a dû laisser tomber… alors il intervient très peu, malheureusement…

CJ : L’enregistrement s’est effectué sur une période assez longue ? Et même si ça ne s’entend pas, ce disque a aussi un petit côté « fait à la maison » ?

CH : C’est gentil de dire que ça ne s’entend pas… (rires) parce qu’on est quand même tombés sur des gens pas très compétents, depuis le début… Pour la fin, en revanche, on a eu des gens très, très compétents, ça a relevé tout. Pour le mixage et le mastering, on ne pouvait pas trouver mieux…

CJ : Avec ces expériences, vous pensez donc forcément à l’avenir ?

BB : D’abord la composition du prochain disque…

CH : J’aimerais bien qu’on le fasse aux Etats-Unis, c’est que je dis à Bertrand, parce que je commence à connaître des gens là-bas, à New York… J’aimerais profiter de mon expérience américaine pour l’enregistrer avec des Américains que l’on admire tous les deux. L’avantage de l’école où je suis, c’est que j’ai la chance de rencontrer beaucoup de très bons musiciens.

BB : Tout cela n’est pas encore planifié, mais on fera très certainement des prises sur une période beaucoup plus concentrée.

CH : Il faut qu’on soit plus efficaces… A la longue, tous les problèmes extérieurs à la musique sont très fatigants et finissent par intervenir dans la musique. Par exemple, actuellement, ce disque est mal distribué dans le sud de la France… ce sont des détails mais on finit par se dire qu’on va peut-être un peu attendre pour le deuxième.

BB : Oui, il faut faire plus organisé, plus simple. Finalement, c’est instructif d’être passés par une organisation beaucoup trop complexe !

CH : Oui, plein de galères… mais, le disque est là…

CJ : La prochaine étape, pour le disque ?

CH : D’abord le promouvoir, ce qui passe par des concerts…

BB : On en a huit pour l’instant… mais on a besoin d’un agent, un tourneur. Actuellement on est a trois à s’occuper du groupe, Cédric, moi et Sébastien Dupin, le manager et co-producteur du disque, qui s’occupe des relations avec le label.

CH : Mais son rôle n’est pas de trouver des concerts ; il nous faut quelqu’un pour ça, malgré tous les gens qui nous aident, qui sont intervenus sur le disque et qui diffusent l’information. On a la chance d’avoir été sélectionnés à Jazz à Vienne cet été dans le cadre d’un concours, avec une douzaine de groupes présentés par des festivals (Nancy Jazz Pulsations dans notre cas). On va jouer à six, le groupe complet, on va être filmés, il y a aussi le projet de faire une vidéo, un DVD…

CJ : Vous serez au programme de la prochaine édition de « NJP » ?

BB : Oui, normalement, on jouera les 19 et 20 octobre, avec un projet de création vidéo, projection et captation d’images en temps réel. On a trouvé la personne pour ça, on est en train d’organiser ça parce que nous aurons besoin d’une résidence de trois ou quatre jours pour tout mettre ça en place scéniquement ;t on en profitera pour travailler sur un visuel de scène… et sur l’aspect scénique, qu’on a un peu négligé parce qu’on avait la tête dans le disque. Maintenant, il faut qu’on se concentre sur le spectacle. frogNstein a quand même une image assez forte, avec la pochette, le site Internet. Alors si on voit des types qui arrivent en chandail et en claquettes…

CH : Oui oui… et puis vraiment…on a besoin d’un agent, un « booker », il faut l’écrire en gras sur l’interview, on lance un appel !

Entretien réalisé le 20 mai 2007