Scènes

Manhattan Transfer

Manhattan Transfer : camomille et jupe plissée…


Sur scène, face au public le moins nombreux jamais rassemblé par le Théâtre antique depuis le début de Jazz à Vienne (3 000 spectateurs, quand même), le quatuor vocal américain Mahattan Transfer n’a pas su retrouver la légèreté, la fantaisie et le rythme qui ont fait son succès dans les années 70/80.

Le phénomène ne date pas d’hier. Il est très prosaïque. Face à la chute des ventes de CD, les groupes mythiques de la pop music ou du rock reprennent les tournées mondiales pour maintenir le niveau de leurs revenus. C’est ainsi que les New-Yorkais de Manhattan Transfer montent sur scène après une éclatante première partie signée Regina Carter… et le public redescend sur terre.

Le quatuor vocal des années 70/80 a indubitablement perdu de son aura : il ne reste bientôt plus que 3 000 festivaliers. Bien moins que lors de sa première apparition à Vienne il y a… 23 ans, lors d’une soirée où se produisait également Stan Getz. Souvenirs, souvenirs…


JPEG - 46.5 ko
Manhattan Transfer © P.-E. Roy

Les quatre chanteurs au profil bien installé - Tim, le petit gros sympathique, bien évidemment la basse du groupe, Cheryl, la rousse et explosive soprano, Janis, l’alto à la jupe plissée et Alan, le beau ténor - s’applique à faire du Manhattan pur jus, en l’occurrence un mélange de jazz, de boogie-woogie et de bop relooké à travers les codes de Broadway et du cabaret américain ; mais le résultat est daté, pour ne pas dire suranné. Le quatuor vocal a beau chanter ses plus grands succès (« Route 66 ») ou des compositions de Chick Corea, faire appel à Regina Carter (que l’on aura donc, pour notre bonheur, beaucoup vue sur scène) et multiplier les clins d’œil, la magie n’opère plus. Le tout manque de rythme, d’éclat, de fantaisie, tandis que le formatage du show reste très daté années 80, très camomille.

La recherche permanente de swing et l’envie de plaire provoquent assez vite la monotonie car cela tourne trop souvent au procédé. Les ficelles sont trop grosses, le naturel s’est envolé et, dans le ciel étoilé de Vienne, l’ennui s’installe…

Line-up : Tim Hauser (voc), Cheryl Bentyne (voc), Janis Siegel (voc), Alan Paul (voc), Yaran Gershovky (md, p), Adam Hawley (g), Gary Wicks (b), Steve Hass (dms).