Chronique

Luciano Biondini - Michel Godard - Lucas Niggli

Mavì

Luciano Biondini (acc), Michel Godard (tuba, serpent, e-bass), Lucas Niggli (d, perc)

Label / Distribution : Intakt/Orkhestra

Après le rouge de terre et de feu de What Is There What Is Not, le trio Biondini - Godard - Niggli livre un album d’air et d’eau sous le titre éloquent de Mavì, qui désigne en italien - nous dit-on - une nuance de bleu très claire, celle de la Terre vue du ciel.

Neuf titres, dont deux enregistrés en public au festival de jazz de Schaffhouse, ce qui permet d’entendre quelques exclamations de plaisir ponctuant la musique. Un mélange de compositions des membres du trio, plus quelques incursions dans le répertoire jazz classique (« Bluesette » de Toots Thielemans) ou contemporain (« Unrequited » de Brad Mehldau), et le baroque cher à Michel Godard (« Lascia ch’io pianga » de Haendel).

Lucas Niggli joue de la batterie avec finesse et beaucoup de générosité ; Luciano Biondini a l’accordéon résolument populaire et méditerranéen, avec quelques teintes de Nordeste brésilien notamment sur « Dreaming Dancers ». Michel Godard au tuba, au serpent et à la basse électrique, crée ici encore ce son moelleux qui n’appartient qu’à lui. La conjonction des timbres et des caractères donne une musique cordiale, gourmande et toujours empreinte de sérénité, dans la plainte comme dans la joie.