Murat Öztürk
Simple Things
Murat Öztürk (p, Rhodes, voc), Thomas Bramerie (b), Franck Agulhon (d), Sascha Ley (voc), David Linx (voc), Patrice Lerech (tp), Franck Leroy (cor).
Label / Distribution : Mözarts
Pour son sixième rendez-vous discographique [1], Murat Öztürk joue la carte de l’épure et souligne la nécessité d’un retour aux « choses simples », loin des urgences de nos mondes hyperconnectés et de leurs incessantes sollicitations. Disque bref (une petite demi-heure) et d’une désarmante beauté, Simple Things est un cadeau de la part du pianiste, offert à la façon d’un hymne au chant – dont l’origine est sans doute à chercher du côté d’une maman italienne lui ayant inoculé un virus dont la souche est celle des chansons napolitaines. On connaissait déjà l’amoureux des mélodies aux couleurs parfois cinématographiques, ce qu’avait démontré une fois encore le disque Aïna en trio avec Thomas Bramerie (contrebasse) et Franck Agulhon (batterie). On découvre cette fois celui qui se révèle aussi chanteur et réalise de ce fait un vieux rêve. Mais parce que l’artiste est aussi humble que talentueux, il partage son offrande au chant avec deux voix dont la renommée n’est plus à démontrer et qui rivalisent de force intérieure : celles de Sascha Ley et David Linx, invité·es à se joindre à la fête. Leur présence en impose, c’est vrai, mais jamais elle ne semble écrasante : il serait plus juste de dire qu’elle éclaire le chemin emprunté par Murat Öztürk dont le jeu va à l’essentiel, dans un souci revendiqué de concision. Fidèle à ce nouveau rendez-vous, la paire rythmique semble avancer sur la pointe des pieds : Bramerie et Agulhon affichent une souplesse complice éprouvée depuis de longues années (souvenons-nous par exemple de leur collaboration avec Pierrick Pédron au temps de Kubic’s Monk et Kubic’s Cure). D’autres souffles se font parfois entendre, ceux de la trompette de Patrice Lerech et du cor de Franck Leroy. Nous sommes là entre gens d’excellente compagnie, guidés par un même désir, celui de rendre la vie plus belle qu’elle ne l’est au quotidien. Ils y parviennent en toute élégance.

