Scènes

ONJ Olivier Benoit - Résidence et répétitions publiques à Nantes

C’est à la Fabrique Chantenay, l’ancienne salle de concert Olympic, heureusement préservée des promoteurs avides par la Mairie, et aménagée en lieu de résidence, de création et de répétitions, que le nouvel Orchestre National de Jazz 2014, dirigé par Olivier Benoit, a pris ses quartiers d’hiver.


C’est à la Fabrique Chantenay, l’ancienne salle de concert Olympic, heureusement préservée des promoteurs avides par la Mairie, et aménagée en lieu de résidence, de création et de répétitions, que le nouvel Orchestre National de Jazz 2014, dirigé par Olivier Benoit, a pris ses quartiers d’hiver.

Une semaine bien remplie pour finaliser un programme présenté ce 1er février dans le cadre du festival Sons d’hiver.

Le travail de déchiffrage ayant déjà eu lieu à la Dynamo de Pantin en décembre, il s’agit maintenant de jouer le répertoire. La résidence se déroule donc en situation de concert : les musiciens sont sur scène, en formation. On teste les lumières, les réglages, l’emplacement de chacun.

Dès les premières minutes de musique, ce qui saute aux oreilles c’est la cohésion. Après quelques semaines seulement, l’ONJ a déjà un son de groupe. L’instrumentation y est pour beaucoup, le violon de Théo Ceccaldi, le tuba de Fidel Fourneyron et les claviers de Paul Brousseau lui donnant une couleur bien particulière. Mais il y a plus. Les tutti, nombreux et puissants, conçus comme de véritables « murs de riffs », sont compacts et homogènes. Il faut dire que le son est assuré par l’immarcescible Boris Darley, dont la devise tient en quelques mots : ensemble, mais séparément. Chaque musicien se fond dans la masse sonore avec énergie, mais sans perdre son identité.


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ONJ Olivier Benoit. Photo Michael Parque

Le concert s’écoute comme une suite, comme un seul et long morceau aux ambiances changeantes. Un battement permanent, une pulsation sert de fil conducteur. De la basse (Bruno Chevillon) il passe au trombone, au piano (Sophie Agnel) puis aux sax, et ainsi de suite. Cette figure métronomique est comme un feu qui ne doit pas s’éteindre. Les tableaux se succèdent, sans heurts mais non sans contrastes. C’est l’occasion, souvent renouvelée, d’entendre les solistes. Et il y en a de très bons - le choix des membres de cet orchestre est intelligent. On retient particulièrement la prestation de Fabrice Martinez au bugle, dans un solo magnifique aux couleurs très personnelles. Jean Dousteyssier, jeune clarinettiste, fait montre de talents évidents, tant par sa maîtrise technique que par son sens de l’à propos.

La générale (il ne s’agit pas encore d’un concert) permet de se faire une idée du répertoire, une partition écrite sur mesure pour les musiciens, dense, énergique, marquée de mouvements internes équilibrés. Olivier Benoit, rompu à l’écriture pour grands ensembles, offre aussi de petits espaces de dialogues inventifs où le violon et le trombone, par exemple, forment la rythmique pour le reste de l’orchestre. A l’inverse, les parties d’ensemble, fortes, énergiques et assez radicales, reviennent un peu trop régulièrement et finissent par se ressembler. Le parquet et la salle quasi vide jouent un rôle d’amplificateur qui pousse le niveau sonore à la limite du confort.

C’est néanmoins un plaisir que de découvrir cette formation prometteuse. L’entente entre musiciens est évidente, et il est appréciable de revoir le directeur musical jouer parmi eux. A l’image de leur musique, cette cohésion fait sens.


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ONJ Olivier Benoit. Photo Michael Parque