Chronique

Radio String Quartet Vienna & Klaus Paier

Radiotree

Bernie Mallinger (vln), Johannes Dickbauer (vln), Cynthia Liao (alto), Asja Valcic (vcelle), Klaus Paier (acc, band)

Label / Distribution : ACT/Harmonia Mundi

On le sait depuis quelques années, les quatuors à cordes se sont ménagé une place à part dans le jazz, si bien que leur intervention suscite la curiosité. Mais ils sont rarement au cœur des projets - ils jouent souvent un rôle d’accompagnement. Le Radio String Quartet de Vienne fait exception à la règle ; cette formation à l’identité très marquée, découverte sur le label ACT grâce à deux albums, Love Is Real d’Ulf Wakenius en hommage à la musique d’Esbjörn Svensson et Celebrating The Mahavishnu Orchestra où les quatre musiciens interprètent des thèmes légendaires de John McLaughlin, s’inspire de l’univers du jazz en le revêtant de nouveaux atours, précis et profonds à la fois sans perdre une goutte de son swing. Radiotree lui en fournit une nouvelle occasion ; cette fois c’est à l’accordéoniste et bandonéoniste autrichien Klaus Paier qu’il rend hommage, en conservant toute son exigence et son originalité.

Il s’agit plutôt d’un quintet tant est grande la complémentarité entre les cinq musiciens. Avec les six compositions de Paier, la tradition européenne est au premier plan et on n’est pas loin de la musique classique ; de plus le folklore traditionnel de « Fly Up », en ouverture, tient du cérémonial. Le Radio String Quartet n’est pas à classer avec les autres quartets à cordes jazz ou classiques - son style est trop personnel. Grâce au violoncelle percutant d’Asja Valcic, à l’alto lascif de Cynthia Liao et aux violons planants de Bernie Mallinger et Johannes Dickbauer la complémentarité des nuances est au rendez-vous (« Prelude & Circulo », « Tarantella », « Musical Journey In Three Movements » (qui rappelle certains titres de Richard Galliano avec orchestre symphonique). Notons au passage l’hommage rendu au vibraphoniste et compositeur autrichien Werner Pirchner, véritable pionnier dans l’exploration des frontières entre classique, jazz et world music (« Hosent’raga »). Mais le quartet trouve aussi son inspiration chez un autre Autrichien (d’origine), légende du jazz-fusion : Joe Zawinul. « In A Silent Way » est réorchestré de façon presque classique par Dickbauer.