Entretien

Stéphane Tsapis, voyageur au piano léger

Rencontre avec un musicien qui défend sa double, voire triple culture et le pouvoir de l’échange et de la transmission.

Stéphane Tsapis (c) Zeina Abirached

Stéphane Tsapis nous était apparu sur un bateau. Pour tous les amoureux des Balkans et des histoires d’exil, Mataroa est un disque dont on se souvient toujours. Le voici sur un Tsapis Volant, mais il est encore histoire de bateau. Ce n’est plus celui des Grecs fuyant le régime des Colonels, c’est le Pierre de Rosette du rêveur du Piano Oriental, le beau roman graphique de Zeina Abirached. Comme d’ailleurs pour The Immigrant de Chaplin, qu’il mit en musique et qui reste l’un de ses modèles (avec Thelonious Monk et Jacques Tati, puisqu’il est acquis que ce garçon a bon goût…).

- Stéphane, pouvez-vous vous présenter ?

J’ai 37 ans et je vis à Saint-Ouen en région parisienne. Je suis né en Suisse, où mes parents travaillaient dans les années 80, ce qui explique peut-être ma neutralité et mon amour de la montagne et du chocolat. Mon grand-père maternel Yves Haguenauer était un pianiste amateur très doué, il se mettait souvent au piano et improvisait sur du Duke, ou des standards de Gershwin, j’étais très impressionné par sa joie, son plaisir et sa manière de s’élancer au piano en fin de repas familiaux, j’ai compris plus tard qu’il devait sûrement s’ennuyer à mourir lors de ces déjeuners interminables, c’était sa manière de fuir !

Il a été capturé assez vite par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale ; pendant ses cinq années de captivité il a composé sur des poèmes et aussi quelques pièces pour piano seul. Il l’a fait à l’instinct, sans avoir pris un seul cours de composition. Après-guerre, hors de question pour lui de se lancer dans une carrière de musicien, mais sa frustration musicale était sûrement trop puissante ; mon oncle Jean-Louis Haguenauer est devenu pianiste classique, il vit désormais aux États-Unis où il enseigne à la Bloomington University. Le piano est donc une histoire de famille, il trônait là à portée de doigts, je m’y suis mis assez naturellement vers 5 ans et j’ai très vite été attiré par le jazz et l’improvisation.

Stéphane Tsapis © Frank Bigotte

Touche-à-tout et un peu impatient de nature, je me suis lancé ensuite dans plusieurs directions parallèlement. Tout en continuant mes études de jazz, j’ai joué dans plusieurs pièces de théâtre musical du piano et de l’accordéon tout en donnant des cours dans les conservatoires. Depuis 2015 j’ai fortement diminué la pédagogie pour me consacrer à mes projets. Notamment le spectacle avec Zeina Abirached, la composition de musique pour l’image, les concerts en trio et les tournées à l’étranger…

Depuis peu nous avons monté le Coolectif avec des amis musiciens issus des quatre coins de l’Europe, et nous essayons de défendre nos projets sur scène et sur disque avec Le Coolabel.

- Vous avez gagné il y a quelque années le prix Duke Ellington. Pouvez-vous nous expliquer ce que ce musicien représente pour vous ? Est-il toujours une influence ?

C’est drôle, puisqu’avant notre rencontre, vous pensiez que c’était le prix Monk [1] ! C’est un joli lapsus car à mon sens les deux hommes ont énormément de points communs tant dans leur écriture que dans leur manière de jouer le piano. C’est drôle, ils trônent de part et d’autre de mon mur dans mon studio d’enregistrement. Duke à droite et Monk à gauche ! Dieu et le prophète ! Duke c’est l’orchestre, les timbres, le chef, le leader charismatique et lumineux, compositeur insatiable, le beau parleur, le dandy et l’extraverti ! Monk c’est l’artiste sans complaisance, l’original en puissance, l’inventeur d’un style inimitable, le porteur de chapeaux, l’introverti et celui qui montre la voie aux autres uniquement par son originalité. Monk donne des ailes sans le savoir, il nous pousse à nous chercher, à nous trouver !

J’ai beaucoup écouté Monk, beaucoup travaillé sa musique, cela a même frisé l’obsession à un moment de ma vie. Il est et restera une influence majeure sans aucun doute mais je dirais qu’il m’a surtout aidé à trouver ma propre voie, mon propre son ! Ce pianiste est tellement inimitable qu’il semble vous dire au creux de l’oreille : « N’essaye pas de jouer comme moi, c’est impossible, trouve ton son, trouve ton style ! »

- Parmi les « contemporains », y-a-t-il d’autres modèles ? Existe-t-il d’autres Monk ?

Il n’y a qu’un Monk ! Il y a quelques années, j’avais été invité par Arnaud Merlin dans le matin des musiciens dans une émission qu’on avait intitulé : Monk, Monkiens, Monkisme. Mais chez les pianistes actuels, finalement je me rends compte que je les connais très mal et que j’écoute plutôt les vieux !

Je dirais qu’Ahmad Jamal, Duke Ellington, Randy Weston ou Bebo Valdés m’ont tout autant influencé par la suite que Thelonious Monk. J’aime bien aussi l’exubérance et l’extrême inventivité d’Art Tatum, la sobriété de John Lewis ou la classe absolue de Hank Jones ! Parmi les vivants, Stefano Bollani me remplit d’allégresse, et j’admire beaucoup le jeu tout en retenue de Benoît Delbecq ; j’admire Bojan Z qui m’a montré la voie des Balkans et dernièrement j’ai été très attiré par la musique d’Amir El Safar. Le style ou la famille musicale m’importent peu, j’aime en général les musiciens qui racontent quelque chose, même si c’est avec trois notes.

D’un point de vue plus large, j’ai aussi beaucoup écouté Coltrane, Bartók, Ravel, Radiohead, Bernard Herrmann, Frank Zappa, Les Beatles, Boby Lapointe et Brassens, Bratsch, André Minvielle et Marc Perrone… je suis assez fasciné aussi par Philippe Katerine à tous points de vue.

Toute cette musique que j’écoutais enfant s’est mélangée dans mes oreilles sans hiérarchie ou distinction. Monk côtoyant Tsitsanis Vamvakaris et Boby Lapointe.

- Vous êtes d’origine grecque, et dès vos premiers albums, notamment le remarquable Mataroa, vous avez revendiqué ces origines balkaniques. Quelle est votre approche de la musique traditionnelle ?

Mon père, Andréas Tsapis, est né au Pirée en 1945 ; il est venu en France à 23 ans pour faire ses études et il en a profité accessoirement aussi pour fuir la Grèce des Colonels. Il vient d’un milieu très modeste, issu du petit prolétariat du Pirée : mon grand-père Vaggelis Tsapis était forgeron dans le quartier de Kaminia. Ma mère vient pour sa part d’un milieu très bourgeois. C’est donc en quelque sorte la lutte des classes dans ma tête !

Le grec n’est pas ma langue maternelle : mon père, pour des raisons que j’ai comprises bien plus tard, n’ayant pas fait le choix de nous parler sa langue, je m’y suis mis à l’âge adulte. Par contre la Grèce était à la maison d’une autre manière : la musique et la nourriture ! Et nous allions très régulièrement là-bas pour les vacances d’été. Je me souviens aussi que mon père m’avait offert une cassette de rebetiko du Pirée ; j’étais fasciné par le timbre des bouzoukis et baglamas et ces voix éraillées chantant dans cette langue qui m’était à la fois très proche et très lointaine. Toute cette musique que j’écoutais enfant s’est mélangée dans mes oreilles sans hiérarchie ou distinction. Monk côtoyant Tsitsanis Vamvakaris et Boby Lapointe.

Plus tard, étudiant à Saint-Denis, je me suis rapproché de musiciens kurdes, turcs, iraniens, arméniens, grecs, tunisiens, yougoslaves, j’ai petit à petit partagé la scène avec eux en jouant du piano. On se sentait proche, on partageait certains mots, certaines manières de bouger les mains et les yeux et nos pâtisseries avaient souvent le même nom. J’ai compris plus tard que notre langue commune était la langue des maqams, ces modes orientaux qu’on retrouve de Perse au Moyen-Orient, du Maghreb à l’Espagne et qui se distillent dans les Balkans. Mais si parfois les rencontres étaient simples et évidentes, de temps en temps je me suis retrouvé confronté à de vrais rejets car ma manière jazz de jouer la musique traditionnelle détonnait suivant les contextes et les personnes. J’ai donc essayé d’apprendre ce langage maqamique pour en comprendre la substance et me mettre dans le même état d’esprit qu’un improvisateur « oriental », j’avoue qu’aujourd’hui ça m’a profondément transformé.

C’est une question de transmission, j’ai beaucoup appris au contact des musiciens. La spiritualité de la musique, ce qu’elle nous évoque, là où elle nous emmène est fondamentale pour moi. L’étude de la musique m’a permis de creuser aussi mes racines, grecques et balkaniques du côté de mon père et mes ascendances juives du côté de ma mère, cette culture juive qui ne m’a pas été transmise pour des raisons évidemment traumatiques. De Tunis, Marseille, Smyrne, du Pirée ou de Strasbourg, quelle musique écoutaient mes ancêtres ? De quelle manière les accompagnait-elle dans leur vie de tous les jours ? Quelles chansons chantaient-ils ? Pouvaient-ils la transporter dans leurs bagages ?

- Le thème de l’exil est central dans votre musique. Vous avez mis en musique le chef-d’œuvre de Chaplin, The Immigrant. Que représente ce film pour vous ? Pourquoi ce choix ?

Chaplin c’est mon enfance, j’étais fasciné par Une vie de chien, Le Kid, La Ruée vers l’or quand j’étais petit. Héros incroyable que ce Charlot au grand cœur, courageux et ne supportant pas l’injustice ! J’adore aussi la musique symphonique qui accompagnait ses films ; j’ai appris plus tard qu’il en était le compositeur.

Parallèlement à la sortie de l’album Mataroa, j’ai travaillé à la composition d’un ciné-concert en sextet pour ce chef-d’œuvre de 1917. Je me souviens m’être enfermé pendant un mois : j’ai visionné l’intégralité de l’œuvre de Chaplin, puis je me suis mis à écrire de la musique sur ce moyen métrage de 24 minutes. Nous avons joué cette pièce pour sextet de jazz (guitare, clarinette, violoncelle, contrebasse batterie et claviers) lors de la soirée de lancement de Mataroa au studio de l’Ermitage à Paris en 2011. Nous l’avons enregistrée ensuite en studio puis j’ai eu une commande du Conservatoire de Paris en 2016 pour l’adapter pour un symphonique. J’ai eu la chance par ailleurs de rejouer cette pièce en 2017 avec l’orchestre national d’Athènes afin de lever des fonds pour des actions pédagogiques dans le camp de réfugiés de Lavrio près d’Athènes.

La force de Chaplin est de parler de politique par le burlesque et le clownesque. Il parle à l’enfant qui est en nous ! J’aime les clowns, j’aime les poètes et les doux rêveurs ! Ils apaisent nos peurs, nous font sourire et pleurer, leur message est celui de la paix et de l’humanisme. D’une autre manière Jacques Tati dont je me sens aussi très proche a réalisé des films éminemment politiques. Visionner ses films c’est observer en accéléré la dérive du capitalisme et du monde moderne de l’après-guerre.

Parler de l’actualité de manière frontale ne m’a jamais intéressé. Pour Mataroa et The Immigrant j’ai préféré m’intéresser à des événements suffisamment lointains pour laisser aux gens le loisir de faire des rapprochements ou pas avec l’actualité. Tout comme pour Border lines

- Est-ce dans la même démarche que vous vous êtes intéressé au Piano Oriental ?

Sans aucun doute ! L’histoire contée par Zeina Abirached est fabuleuse ! Un piano bilingue, qui permet de jouer la musique tempérée et la musique orientale sur le même clavier ! Le Liban est un pays étonnant, les gens parlent l’arabe, le français, l’anglais en mélangeant souvent les trois dans une même phrase. Le roman graphique de Zeina met en scène une double histoire, celle de Zeina de sa double langue et de sa double culture et celle d’Abdallah Kamanja, le double dessiné d’Abdallah Chahine et de son invention reliant la musique orientale et occidentale.

Abdallah Chahine est un poète, je ne l’ai pas connu mais me je sens profondément proche de sa démarche et de son utopie. Le Tsapis volant, quant à lui, c’est mon utopie, pouvoir se retrouver sur scène ensemble, mêler nos langues et nos musiques dans une même énergie.

- Comment s’est passé la rencontre avec Zeina Abirached ? Est-ce qu’il y a une communauté d’esprit dans vos histoires d’exil ?

J’ai rencontré Zeina assez vite quand elle est arrivée à Paris en 2004. Parallèlement à notre amitié, nous avons aussi travaillé ensemble pour différents projets. Une pochette pour l’ancêtre du groupe Kaïmaki, une seconde pour Mataroa, un concert dessiné en 2008. A la sortie du Piano oriental en 2015, j’ai été transporté par son histoire ; elle m’a proposé ensuite de créer une version spectacle. Celui-ci ne cesse de se peaufiner depuis sa création en 2016.

Avec l’arrivée du deuxième piano oriental créé par Luc André Deplasse à Tournai, nous avons voulu immortaliser cette expérience et la suite de l’histoire. Le roman graphique a été réédité de manière augmentée avec le CD des compositions qui accompagnent le spectacle et 18 pages qui content l’histoire qui continue. J’aime la douceur, l’extrême poésie et la délicatesse des histoires de Zeina, dans son dernier ouvrage Prendre refuge, un regard, une caresse peut prendre plusieurs pages. Elle laisse le temps au lecteur de rêver. J’aime beaucoup ça ! J’aime aussi sa pudeur, elle ne brutalise pas ses lecteurs, c’est très agréable !

Une communauté d’esprit dans nos histoires d’exil ? Sans doute ! Une double langue, une double culture, la Méditerranée, la cuisine, nous avons beaucoup de points communs ! Et puis si vous regardez bien Le Pierre de Rosette ressemble un peu au Mataroa…

- Est-ce que le personnage d’Abdallah a un côté chaplinien ? Est-ce qu’il y a une identification ? Est-ce vous qui pilotez le Tsapis Volant ? 

Abdallah est un doux rêveur, il fait penser un peu à Chaplin en effet ! Ce n’est sans doute pas un hasard si je joue son rôle dans la pièce de théâtre. Abdallah c’est l’arrière-grand-père de Zeina. C’est grâce à mon arrière-grand-père que je me suis mis au piano, toute cette histoire est finalement une histoire de transmission !

Le Tsapis volant a-t-il un pilote ? C’est une bonne question ! Je dirais pour ma part que je ne suis que la tour de contrôle. Alors que Mataroa et Charlie and Edna étaient des albums très arrangés, très écrits, Border Lines et Le Tsapis volant sont quant à eux des albums construits en studio avec les musiciens sur place. J’arrive avec une idée générale d’arrangement un peu floue parfois, non par paresse mais pour donner la place et l’envie aux autres d’apporter leur vision. J’essaye de plus en plus d’épurer au maximum mes idées pour libérer la créativité de mes comparses.

- Vous vous reconnaissez dans les personnages lunaires et un peu fantasques ? Votre musique vient-elle de cette légèreté ?

C’est en répondant à cette interview que je me rends compte de l’interconnexion de mes choix et de la similitude entre Chaplin, Abdallah, Karaghiozis [2]. On me dit aussi souvent dans la lune, j’aime en tout cas m’évader dans le silence. Je ne savais pas que cela se ressentait dans ma musique, en tout cas si elle permet de faire rêver les gens et de leur faire oublier quelques instants leurs souffrances et leurs peines j’en suis ravi !

- Parlons du Tsapis Volant… Comment s’est fait le choix des chanteuses ? Pourquoi n’avoir choisi que des femmes ? 

Le Tsapis volant est né parallèlement à ma rencontre du piano de Luc-André Deplasse. Je joue avec Arnaud Biscay depuis une dizaine d’années, Marc Buronfosse depuis 5 ans : le trio que nous formons est en quelque sorte l’air sur lequel le Tsapis volant va pouvoir rentrer en lévitation. Le percussionniste kurde Neşet Kutas est arrivé l’année dernière dans notre formation, c’est un fabuleux musicien et un incroyable danseur !

Nous jouons uniquement deux morceaux tirés du spectacle : « Abdallah Kamanja » et « Victor Challita ». Je voulais confronter cet instrument au timbre particulier, qui rappelle le santour, à des voix du monde entier ! Cet album est un peu la rétrospective des collaborations artistiques de ces dernières années. Je voulais par ailleurs que le piano oriental se confronte au chant et surtout pas avec des instruments orientaux. Je n’ai invité que des chanteuses car il se trouve que j’ai des affinités particulières avec les chanteuses, je ne me l’explique pas ! Et puis cet album c’est aussi une histoire d’amitiés, je ne peux jouer qu’avec des gens que j’aime.

Stéphan Tsapis & Maki Nakano

Maki Nakano, la comparse de toujours, me fait le cadeau d’écrire des paroles sur « Le Vent vient de loin ». Cybèle Castoriadis, avec qui je travaille depuis plusieurs années, interprète une chanson de Manos Hatzidakis, « Το μαγικό χαλί » (Le Tapis magique). J’ai rencontré Lynn Adib au Conservatoire, elle a une manière très originale d’improviser et de chanter, à mi-chemin entre le scat et les amanées orientales, elle a écrit des paroles en arabe sur « Victor Challita ». Las Añez (Valentina et Juanita Añez) sont deux chanteuses colombiennes jumelles rencontrées à Bogotá en 2018 lors d’une résidence de création pour Jazz Tropicante avec le trio. Valentina a écrit de belles paroles en espagnol sur Neblina. Gülay Hacer Toruk m’a proposé quant à elle de chanter un traditionnel Karamanli d’Anatolie. Elle a découvert cette chanson, « Yagmur Yagar », dans un recueil de chansons, elle est écrite en alphabet grec mais en langue turque. J’ai rencontré Gülay Hacer Toruk lors d’un stage à Royaumont avec Amir El Safar, c’est devenu une amie, nous nous retrouvons souvent dans notre quartier à Saint Ouen pour boire des cafés… turcs…

Toutes les chanteuses se retrouvent sur « Le Tsapis volant » ; leurs voix harmonisées se mélangent à merveille, les langues sont ensuite parlées et se mélangent aussi dans une sorte de brouillard. C’est un morceau qui a été très travaillé en post-production avec l’ingénieur du son Sylvain Thévenard. Nous le jouons depuis de la même manière en live.

- Vous avez emmené l’histoire du Piano Oriental partout, on se souvient l’avoir suivie au Japon… A-t-elle une portée universelle ?

Nous avons beaucoup joué ce spectacle en France, au Liban et aussi au Japon lors d’une tournée en 2017. Nous ne jouons pas de la même manière suivant les pays et le texte est un peu différent. Au Japon, Maki Nakano était intégrée au spectacle, chantait, jouait de la clarinette et faisait la traduction en temps réel du texte de Zeina. Mon personnage est pour le reste un peu plus muet et j’avais quelques répliques en japonais : effet comique assuré ! Au Liban, mes répliques étaient en arabe, le spectacle est évidemment entendu d’une manière plus puissante là-bas ! La tournée de 8 dates dans tout le pays a été une expérience mémorable ! Nous avons fini à Beyrouth pour trois représentations sur le piano original d’Abdallah Chahine, l’émotion était palpable et j’avais réellement la sensation qu’Abdallah était avec nous !

Stéphane Tsapis & friends - Alice Leclercq

- Quels sont vos projets à venir ?

J’aimerais faire un peu voler ce Tsapis volant, il y aura quelques tournées tout bientôt ! Le piano oriental continue sa route ici et là en France. Un projet enthousiasmant à l’initiative de l’Institut français de Thessalonique en mars 2020, une rencontre entre la marionnette grecque Karaghiozis et le Guignol français ! La rencontre au sommet sera accompagnée de ma musique ! Je viens d’enregistrer un album en duo avec le saxophoniste alto Jonathan Orland qui sortira courant 2020. Nous interprétons nos compositions et des standards de musiques d’Europe de l’Est.

par Franpi Barriaux // Publié le 26 janvier 2020

[1L’intervieweur est mortifié de honte, NDLR.

[2Marionnette du théâtre d’ombre grecque, NDLR.