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Edition du 4 juillet 2008

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Publié le 6 mars 2008
Régis Huby
Simple Sounds
Régis Huby (vl), Alain Grange (cello), Catherine Delaunay (clarinettes), Roland Pinsard (clarinettes), Olivier Benoît (g)
[Le Chant du Monde / Harmonia Mundi]

Au commencement et à la fin, une nappe (é)mouvante de sons et de résonances, contrebasse et violoncelle à l’archet émaillés de brefs éclats de guitare et de grincements légers, sur quelques notes ébauchant un accord de septième. "Simple Sound" #1 et #2, comme un passage du silence à la musique et de la musique au silence.

Entre le son et le son, la musique elle-même. Faite d’ostinatos imbriqués, enchevêtrés, superposés, de respirations improvisées serties dans une construction rigoureuse, elle en appelle à la musique minimale d’un Steve Reich ou d’un Pascal Dusapin et mobilise un instrumentarium bizarre : violon, violoncelle, contrebasse et guitare électrique, clarinette et clarinette basse. Avec un son qui évoque irrésistiblement un orchestre de chambre un brin déjanté.

Dès "Sliding Doors" on entre de plain-pied dans un univers de plans en translation, de paysages qui s’escamotent et de sons pas si simples. Une musique cyclique, certes, mais qui "avance" avec un air de road-movie que corroborent les titres : "Changing Lanes", "Mobile", "Dromotology", "Be Shifted"...

"Dromotology", revenons à ce titre. Un concept de Paul Virilio qui consiste à étudier la vitesse, l’accélération des déplacements et de l’information, dans leur impact sur la perception du monde ; l’une des conséquences étant paradoxalement le besoin de lenteur. Cette lenteur, on la retrouve notamment dans "Sphere" et "GHJ", mais aussi dans ces motifs mélodiques qui semblent ralentir par leur répétition le mouvement perpétuel et fuyant du temps ("Sliding Doors", "Dans le prolongement").

Dans d’autres morceaux, "Mobile" par exemple, c’est la répétition des motifs mélodiques qui engendre la sensation de mouvement quand les cahots de la guitare font buter la course du son.

Les compositions de Régis Huby foisonnent de métriques contradictoires ou faussement carrées, de notes "en l’air" hoquetantes ("Dans le prolongement", "Dromotology"), et mettent en oeuvre un redoutable travail sur les timbres croisés des cordes et des anches, de l’acoustique et de l’électrique. Il en résulte un ensemble assez cérébral mais accessible au non-initié (les essais sont concluants) par son caractère mélodique et vivace et un son véritablement accrocheur.

Voir aussi :
Lambert Wilson - Nuit américaine
Pablo Cueco Erythropus Septet - Nevers Djazz 2005 © H. Collon
Pablo Cueco Erythropus Septet - Théâtre Municipal de Nevers