Citizen
Édition du 21 mai 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Athens Concert

Charles Lloyd/Maria Farantouri

Charles Lloyd (ts, fl, tarogato), Maria Farantouri (voc), Jason Moran (p), Reuben Rogers (b), Eric Harland (dm), Socratis Sinopoulos (lyre), Takis Farazis (p)

chez : ECM

Quand il compare Maria Farantouri à Billie Holiday, Charles Lloyd exagère vraiment. Le timbre d’alto un peu mat de la chanteuse grecque ne parvient guère à retenir l’attention, ni sur le versant de la séduction ni sur celui de l’émotion, et il faut tout le talent et la science du saxophoniste pour sauver leur dialogue de l’ennui.

Quant à ses habituels accompagnateurs, ils réussissent souvent à manifester leur talent et à percer la grisaille, comme Jason Moran, toujours parfait et particulièrement excitant dans « Requiem » et à de très nombreux moments de la longue « Greek Suite ». Chaque fois qu’ils peuvent échapper à l’ambiance de sérénité appuyée que Charles Lloyd recherche manifestement, la musique prend du relief et de la vigueur. Un double CD ne s’imposait peut-être pas.

par Philippe Méziat // Publié le 26 décembre 2011
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Live At Inntöne Festival

Lenny Popkin Trio

Lenny Popkin (ts), Gilles Naturel (b), Philippe Soirat (dm)

Lenny Popkin est un des derniers descendants directs de l’école du pianiste Lennie Tristano, dont l’importance fut extrême dans les années 50 pour tous ceux qui souhaitaient intégrer les apports du bop tout en se démarquant de la trop forte influence de Charlie Parker. Lee Konitz en fut, et en reste, un des autres exemples, aux côtés de saxophonistes comme Warne Marsh ou Ted Brown.

Superbement accompagné par Gilles Naturel et Philippe Soirat, qu’on sait rompus à ce genre d’exercice, Lenny Popkin donne libre cours à ses capacités d’invention, tout en faisant entendre un son d’une rare délicatesse, ce qui ne l’empêche pas, à l’occasion, de durcir le propos jusqu’à des bouffées de violence à peine contenues. Incontestablement un de ses meilleurs disques.

par Philippe Méziat // Publié le 19 décembre 2011
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Frère Jacques, Round About Offenbach

Gianluigi Trovesi/Gianni Coscia

Gianluigi Trovesi (cl), Gianni Coscia (acc)

chez : ECM

Gianluigi Trovesi et Gianni Coscia n’en sont pas à leur première « relecture » d’œuvres de musique classique : leur précédent CD était consacré à Kurt Weill.

Cette fois ils s’en prennent à notre cher Offenbach, qui fit les beaux jours et surtout les folles soirées du Second Empire. On retrouve là quelques airs vifs et bien connus que la formule du duo ne permet pas de restituer vraiment, ainsi que quelques pièces de leur cru. Et comme ils n’ont pas intégré à leur propos l’autre aspect d’Offenbach, ce mélodiste génial qui signa un jour une des plus belles barcarolles qui soient, on reste un peu déçu, même si cette musique à la fois intime et populaire ne manque pas de charme.

Alors on s’en retourne écouter Anna Netrebko et Elina Garança dans la fameuse barcarolle. Et on tombe à la renverse...

par Philippe Méziat // Publié le 19 décembre 2011
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Tribe

Enrico Rava Quintet

Enrico Rava (tp), Giovanni Guidi (p), Fabrizio Sferra (dm), Gianluca Petrella (tb), Gabriele Evangelista (b), Giacomo Ancillotto (g)

chez : Universal

Enrico Rava a beaucoup promené cette année son nouveau quintet dans les festivals de jazz en France, et ce avec un vif succès. Il faut dire que cette formation est actuellement la plus intéressante du trompettiste italien, et qu’elle a de quoi satisfaire les amateurs qui recherchent les plaisirs d’un jazz bien identifié.

C’est essentiellement à cause d’une fraîcheur et d’une envie de jouer du leader, retrouvées auprès de quelques jeunes talents, dont le pianiste Giovanni Guidi, lyrique et enflammé, et surtout Gianluca Petrella, tromboniste dont chaque intervention fait monter la tension d’un cran. Sur une base harmonique et formelle qui renvoie explicitement au second quintet de Miles Davis, une séance qui associe séduction mélodique et climats ouverts.

par Philippe Méziat // Publié le 19 décembre 2011
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Hip-Hop and Jazz Mixed Up Volume 2

S. Mos

S. Mos (Turtable, fx, elec)

Comme pour sa précédente compilation, le claviériste et turntabliste S. Mos reprend la technique du mash-up pour créer des dialogues fictifs entre grands noms du hip-hop et du jazz américains.

On prend toujours autant de plaisir à découvrir ces carambolages improbables entre Ellington et Eminem (« Tang ») ou Snoop Dog et Ramsey Lewis (« Ain’t That Peculiar »). Le parti-pris de de ne pas trancher entre jazz et hip-hop apporte un éclairage et une modernité inédits aux musiques comme aux voix. Au sommet de Hip Hop and Jazz Mixed Up Volume.2, Yung Joc et le « Charleston » de James P. Johnson se marient avec une aisance réjouissante (le mélange était a priori incongru).

Ce disque ne fait pas qu’interroger un prétendu cousinage entre ces musiques ; par-dessus tout, il consacre un musicien sensible qui, en mettant ses claviers moins en avant que sur son précédent album, laisse plus de place à un groove brut.

par Franpi Barriaux // Publié le 12 décembre 2011
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Nino Rota

Richard Galliano

Richard Galliano (acc), Dave Douglas (tp), John Surman (ss), Boris Kozlov (b), Clarence Penn (dm)

Suite à une commande de Deutsche Grammophon, Richard Galliano a réuni un quintet exceptionnel pour rendre hommage à Nino Rota, auteur de musiques de films légendaires pour Federico Fellini, notamment La Strada, La Dolce Vita, Amarcord, ou encore les deux premiers volets de la série Le parrain de Francis Ford Coppola.

Malheureusement, ce qui sur le papier était prometteur s’avère au final bien plat, sans véritable saveur, et n’apporte pas grand-chose à l’œuvre du compositeur italien. Les excellents Dave Douglas, John Surman, Boris Kozlov et Clarence Penn sont sous-employés, leur présence étant presque anecdotique. La faute à une relecture bien trop respectueuse et littérale des compositions, et à un accordéon qui laisse trop peu de place aux autres instruments. Dommage, car leur prestation scénique se révèle bien plus intéressante.

par Julien Gros-Burdet // Publié le 5 décembre 2011
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