Citizen
Édition du 20 mai 2013 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
Reproduction interdite de tout ou partie d'un texte ou d'une photo sans autorisation de son auteur.

Tout est musique

Hélios Azoulay

Difficile de savoir à quel endroit dans cet ouvrage s’arrête l’auto-dérision et commence le narcissisme — ou l’inverse. L’empilement d’anecdotes et d’histoires drôles (ou prétendument telles) ne suffit pas à constituer un « livre », quand bien même ce « livre » se revendiquerait d’une liberté absolue de style et de forme. Les paragraphes sans queue ni tête et l’accumulation insensée de points de suspension ne sont effets de style que pour ceux qui n’en ont pas ; et le refus obstiné de tendre vers un objet précis ne fait « moderne » que dans la mesure où il révèle l’absence totale d’objet en question.
Reste, si le cœur vous en dit, à découvrir des anecdotes sur l’invention du scat, Charlie Chaplin, Erroll Garner, Hector Berlioz, John Cage, Bizet, Thoreau, et toutes sortes de personnalités qui ont en commun d’avoir eu à un moment ou à un autre un succès tout à fait reconnu et un parcours désormais parfaitement balisé.

par Raphaëlle Tchamitchian // Publié le 25 juin 2012
Extras

SACK

Erb / Lonberg-Holm / Roebke / Rosaly

Christoph Erb (ts, bcl), Fred Lonberg-Holm (g, cello), Jason Roebke (b), Frank Rosaly (dms, elec)

Comme dans leur très beau duo, le multianchiste Christoph Erb et le violoncelliste Fred Lonberg-Holm délivrent en quartet un alliage fait de densité et de chaos qu’ils érodent à force de fulgurances. Il sont cette fois accompagnés par une paire rythmique pointilliste originaire de Chicago (le remarquable Jason Roebke à la contrebasse et Frank Rosaly à la batterie), pour une musique plus émaciée qui offre plus d’espace.

Malheureusement, plutôt que de libérer les individualités, cet espace dilue le propos. On regrettera de ne pas retrouver dans SACK la tension omniprésente de Screw and Straw. Certes, la longue pièce « Kadhananlo » révèle le jeu de guitare bruitiste de Lonberg-Holm et évoque, de loin en loin, Otomo Yoshihide, notamment dans son dialogue heurté avec la batterie. Mais malgré ces moments brillants, l’échange plus raffiné du duo véhicule davantage d’émotion.

par Franpi Barriaux // Publié le 4 juin 2012
Extras