Le batteur Tony Levin n’est plus

Pionnier de la batterie jazz moderne dans les années 1960 en Grande-Bretagne, influencé par le drumming d’Elvin Jones, Tony Levin avait joué quatre ans (1965 - 1969) avec le quartet du saxophoniste et flûtiste Tubby Hayes. C’est au sein de cette formation, avec l’album Mexican Green, puis avec Alan Skidmore sur l’album TCB, et sous l’influence des derniers albums de John Coltrane, que Tony Levin découvrit « une façon plus libre de jouer » [1]. Tout en travaillant avec des formations plus mainstream comme celle de Humphrey Lyttelton, il allait évoluer progressivement vers le free jazz et l’improvisation libre, dont il allait devenir l’un des hérauts européens les plus reconnus. Dans les années 1970, on l’entendit aux côtés de musiciens aussi différents que John Taylor, Stan Sulzman, Zoot Sims, Gordon Beck, John Surman…

La rencontre de Paul Dunmall allait être le début d’une longue amitié musicale. Un duo se forme au début des années 1980, puis en 1988 Mujician, avec Paul Dunmall, Keith Tippett et Paul Rogers. Le quartet, à travers 22 ans d’existence et 7 albums, la plupart enregistrés en public, est devenu l’une des figures majeures de la musique improvisée britannique.
C’est aussi en duo avec Paul Dunmall que Tony Levin enregistre le seul album signé de son nom, Spiritual Empathy (Rare Music 1994).

Une autre complicité musicale au long cours : celle qui le liait à la pianiste Sophia Domancich. Il l’invite en 1992 à jouer pendant trois semaines à Londres et Birmingham, en trio avec Paul Rogers. Trois albums vont naître de cette rencontre : Rêve de singe (1993), L’année des treize lunes (1995) et La part des anges (1997), ainsi que plusieurs tournées internationales.

Originaire des Midlands, Tony Levin n’a jamais souhaité s’installer dans la capitale ; il a vécu 20 ans à Birmingham, où il enseignait et eut même son propre club de jazz.

En octobre dernier, Tony Levin avait réalisé une mémorable « tournée du 70ème anniversaire » en compagnie de la pianiste Aki Takase et du bassiste John Edwards, et avec le quartet Mujician.
Il s’est éteint le 3 février 2011 au matin, des suites d’une sale maladie. Il avait eu 71 ans le 30 janvier.