Chronique

Oasis Boom

Cactus Bus

Vincent Duchosal (g), Mélissa Acchiardi (d, elec)

Label / Distribution : Dur et Doux

On avait déjà entendu Vincent Duchosal dans Meije, avec Léa Ciechelski. Quant à Mélissa Achiardi, elle illumine depuis des années le Toubifri tout en animant l’ARFI. Duo puissant et électrique, Oasis Boom a tapé dans l’œil de Jazz Migration, puisque ces Dauphinois sont dans la onzième sélection de l’institution. Sèche, drue et hallucinogène, la musique d’Oasis Boom cadre bien avec le collectif Dur & Doux qui nous avait déjà permis de découvrir PoiL et sa folie électrique. Au claviers vintage et à la batterie, Mélissa Acchiardi propose un visage différent de celui qu’elle affiche lorsqu’elle joue des percussions à clavier, plus rugueux et en un mot plus punk ; une esthétique que l’emballement bruitiste de Duchosal sur « Wagon » ne peut pas renier.

Cactus Bus, le premier disque d’Oasis Boom, s’offre de sacrés détours pour faire révérence à une musique rude qui ménage ses effets, notamment avec « Ivy Double Mise » et son riff rock qui se délite au gré des overdubs et des trouvailles électroniques d’Acchiardi. Chaleureusement hallucinogène et dansant, on peut sans problème ranger Oasis Boom dans la même catégorie que Parquet ou comme descendant de Power (duo, trio, quartet) qui firent florès il y a une dizaine d’années, tout en gardant une certaine douceur qui peut facilement virer à l’entropie (« Ode Mer »).

Mais ce qui diffère et ouvre de nouvelles perspectives à la musique jouée ici, c’est sa boussole, qui pointe sans vergogne le sud de la Méditerranée et plus particulièrement les traditions du rock saharien, celui de Tinariwen ou plus sûrement de Mdou Moctar, celui qui va chercher dans les pierres sèches une énergie inouïe. Oasis Boom parvient à la capter pleinement, et à la transformer en un propos qui tutoie les confins de la musique improvisée, électronique et même à certains égards d’un Krautrock très épicé. « Oasis Boom », morceau liminaire et très efficace, agit comme une signature. La batterie est puissante et impérative quand la guitare électrique joue avec les climats. Le disque est un joyeux fatras dont on ne se lasse pas et qui fera, à n’en point douter, le bonheur des amoureux de la sono mondiale.

par Franpi Barriaux // Publié le 9 novembre 2025
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