Scènes

B. Charmatz & M. Collignon


Boris Charmatz est à Médéric Collignon ce que la danse est à la musique. Non, ce n’est pas ça. Médéric Collignon est à la danse ce que Boris Charmatz est à… non, ce n’est ça non plus. Reprenons. Boris Collignon… Enfin, quelque chose comme ça…

Tous deux ont, en effet, beaucoup en commun : la maîtrise technique, un sens ravageur de la dérision et de l’autodérision, une indiscipline salutaire, une claustrophobie congénitale qui les envoie bouler très loin des lieux communs de leur art… Une fêlure à fleur de peau, dont ils se protègent en s’exposant : prise de risques maximum, funambulisme sans filet.


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Photo Fabrice Journo (D.R.)

Corps-machines, corps organiques, corps désobéissants : voilà ce qu’ils avaient à nous livrer ce soir. Pas question de s’en tenir à des domaines réservés : ils sont ensemble et c’est ensemble qu’ils s’amusent, se font mal, se/nous font rire et grincer des dents. L’électronique, le cornet de poche - particulièrement bienvenu en cette salle Boris Vian -, la voix improvisée, chantée, vocalisée, scattée ou parlée comme une écriture automatique, ils touchent à tout, de pas de deux parodique en reggae sauce Truffaz, de human beatbox en reptations convulsées. Boris joue sur les engins électroniques de Médéric qui se met à la danse (si si !). Pervers polymorphes au sens freudien : enfants, résolument. Danseurs de corde raide, on vous dit : tous les deux.

Un gros morceau d’engagement physique et artistique, une heure de symbiose entre deux artistes, que le public a saluée sourire aux lèvres et les épaules endolories de tant taper des mains.