The Thing To Share
A l’écoute de ce disque sans section rythmique, on se dit qu’il manque quelque chose ! Certes le contrepoint de l’alto d’Olivier Zanot et du ténor de David El-Malek, parfois orné de la voix de Laurence Allison, ne manque pas d’habileté. Mais se priver des soutiens habituels ne peut se concevoir qu’en attribuant à chaque instrument un rôle, un espace inhabituel. Bref, ce genre de configuration fonctionne mieux avec des musiques plus risquées, plus libres, plus innovantes, depuis le fondateur Interstellar Space de Coltrane jusqu’au Big Satan de Tim Berne - aucun de ces explorateurs ne se passant, du reste, à la fois de basse et de batterie...
NB : En concert à Paris au New Morning le 25 avril en première partie de Sophia Domancich "Pentacle".
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Strange
Un disque électro/trip-hop/jazzy au carrefour des routes de la soie et de celle des pêcheurs bretons : on note donc beaucoup d’influences indiennes ou moyen-orientales, évoquant Talvin Singh, mais la présence des deux violons et du violoncelle rappelleront aussi des ambiances plus celtiques (Alan Stivell ou Yann Tiersen) (avec le très beau « Cosmos »). Enfin, les claviers parfois désuets de Julian Julien donnent à cet ensemble bigarré une couleur de fête foraine tendrement mélancolique.
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L’obsessionniste
Le foisonnement ambitieux, érotique du palais du facteur Cheval à Hauterives, dans la Drôme, se voit honoré par un duo piano-clarinette troussé au XXIè siècle par deux jeunes musiciens de jazz, ce qui est en soi aussi surréaliste que ledit ouvrage. La vision que donnent de cette œuvre délirante, à la profusion ingénue, Edouard Bineau, l’instigateur du projet, et Sébastien Texier, privilégie, comme l’indique le choix d’une instrumentation dépouillée, le côté onirique de l’œuvre solitaire de ce fonctionnaire exemplaire. Si le parti-pris est réducteur et pas forcément fidèle, le résultat ne manque pas de charme. Pour vos heures de rêverie vaporeuse.
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Irish Heart
Un talentueux chanteur de jazz âgé de vingt-cinq ans : de prime abord, l’étiquette semble convenue. Mais si l’on y ajoute une grande maîtrise de la guitare et un répertoire délibérément tourné vers ses origines irlandaises, subtil mélange de compositions personnelles, de morceaux de Van Morrison et de traditionnels, il devient évident que Torsten Goods est bien plus qu’un simple interprète profitant de l’engouement actuel pour le jazz vocal. Entre ballades intimistes et swing soutenu par un big band, un nouveau talent à découvrir.
Sorti le 22 février 2007.
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Samsingen
Samsingen marie avec une certaine grâce chants traditionnels, folklore et instruments modernes. Mené par une voix suédoise enjouée, accompagnée ici et là d’un accordéon, d’un violoncelle ou d’une clarinette basse (les musiciens étant tous italiens), ce premier album s’écoute avec curiosité. Les oreilles se porteront surtout vers le morceau récité entrecoupé de passages free qui donne son nom à l’album (et au quartet).
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Nu
Belle affiche sur le papier que ces trois grandes figures des musiques improvisées actuelles. Nu est fidèle à son titre en proposant des ambiances dépouillées ; certes, cela commence de façon contemplative, mais l’aridité progressive qui s’installe tend à une abstraction difficile à appréhender. Peut-être la musique du lent réchauffement climatique ?
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Outre-Terres
Enregistré en public à Radio France en 2004, overdubbé en studio en 2005 à Paris, mixé la même année aux Pays-Bas, puis masterisé et édité au studio de La Buissonne en 2006, voici enfin ce généreux objet contenant un CD et un DVD, proposé par Cristal Records.
Le Metropole Orchestra sous la conduite du prestigieux Vince Mendoza, un pianiste, trois choristes et Carine Bonnefoy elle-même au Fender Rhodes et au célesta, y jouent une musique écrite pour évoquer l’Océanie de la famille maternelle de la compositrice. Réservé à ceux qui tirent leur volupté du luxe et du calme...
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Pogo
Parti tenter l’aventure américaine il y dix ans, Jérôme Sabbagh aura suivi un joli parcours. Il fait désormais partie intégrante de la scène new-yorkaise, où on lui reconnaît la « French touch », mais nous revient avec ce Pogo dans la lignée de North, toujours entouré des mêmes compères.
Si les thèmes semblent faciles, on reste admiratif devant les montées en puissance du groupe, denses et remarquables de cohésion. Il faut dire que ces quatre-là se connaissent bien, et que le travail d’écriture (qui les sert équitablement) confère au groupe une consonnance jouissive.
Jérôme Sabbagh craint toujours d’être inutilement verbeux ; il n’en est rien ici. Son jeu est calme et posé - comme celui de ses musiciens. On sent comme une inertie retenue qui n’empêche pas ceux-ci de s’exprimer. Ainsi le guitariste Ben Monder propose des chorus et ambiances aux sonorités rock à la Cream, et le très jeune batteur Ted Poor étonne par son sens de l’à-propos et ses sonorités. Quant à Sabbagh lui-même, ll n’a jamais aussi bien maîtrisé son discours.
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Yele
Quelque part entre Ahmad Jamal et Abdullah Ibrahim, le Malcom Braff Trio manie transe rythmique et lignes mélodiques hypnotiques avec bonheur : l’Afrique n’est pas loin…
Sortie le 5 avril 2007
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Piano solo
De Prokofiev à Monk, en croisant Perrone, Gordon et lui-même, Guillaume de Chassy partage avec l’auditeur un pan de son univers musical fait de finesse et de trouvailles musicales subtiles... sur les traces de Schubert que le pianiste affectionne particulièrement.
Sorti le 15 février 2007
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