Chronique

Raffaele Fiengo

Recall

Raffaele Fiengo (as), Thomas Umbaca (p), Enrico Palmieri (b), Antonio Marmora (d)

Label / Distribution : GleAM Records

Certains albums sont trompeurs. La formule saxophone alto, piano et contrebasse, batterie est bien souvent synonyme d’un jazz mainstream et les balades qui défilent dans Recall pourraient faire croire que l’on est face à un pénultième album de ce style musical. Pourtant, lorsque les thèmes se développent progressivement et que le tempo tend à s’accélérer, apparaissent de bonnes surprises. Ce disque est le premier enregistré sous son nom par le saxophoniste Raffaele Fiengo qui, avec ce groupe, a assuré la première partie du pianiste Ethan Iverson. L’impact de cette expérience formatrice a consolidé l’identité de ce quartet composé de jeunes musiciens italiens.

Les dix compositions sont toutes signées par le saxophoniste, on y perçoit les influences du jazz contemporain américain mais également des traits issus de la musique classique. Belle entrée en matière très dynamique avec « Recall » où le batteur Antonio Marmora se met en valeur d’emblée. Les interactions entre les musiciens sont imprégnées d’une grande fluidité. La musique se teinte d’éclectisme dans « Arthur », composition dédiée au compositeur Arthur Honegger. La deuxième partie de cette pièce particulièrement réussie bénéficie de l’intensité qui monte de l’union du saxophone et du piano de Thomas Umbaca. Ce pianiste né en 1997 s’est illustré dans un concert pour la RAI consacré à la Shoah et à la musique d’Ennio Morricone avec le Verdi Jazz Orchestra dirigé par Pino Jodice. Dans ce disque, ses enchaînements d’accords privilégient le raffinement, comme dans « Obsessive (II Movement) » animé par un solo remarquable du contrebassiste Enrico Palmieri.

Cet album ne manque pas d’originalité et la pureté du son qui émane du saxophone alto ne peut laisser indifférent. Si « Fluid ( I Movement ) » s’inscrit dans une mouvance sensuelle qui renvoie à Lee Konitz, les moments où la fougue l’emporte rapprochent le phrasé de Raffaele Fiengo de celui de Massimo Urbani.

par Mario Borroni // Publié le 19 avril 2026
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