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Edition du 24 juillet 2008

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Publié le 6 mars 2008
Caroline
Monaco
Sarah Murcia (b), Gilles Coronado (g), Olivier Py (ts), Franck Vaillant (dm)
[Label Bleu]

Avec Monaco le quartet de Sarah Murcia offre un bien curieux objet sonore, au milieu de notre époque post-moderne où l’éclectisme bon teint rivalise d’artifice avec le bruitisme le plus sauvage pour ensorceler/choquer le bobo. Mais ce disque présente toutes les garanties de l’authenticité. Voyons plutôt.

Tout commence par une chansonnette que n’aurait peut-être pas reniée feu Syd Barrett « I Did Acid with Caroline ». Incongru ? Peut-être mais il ne suffit que de deux minutes pour se retrouver « avec un pote », sans doute boiteux et nostalgique d’un pays que l’on situerait bien au sud du Rio Grande. Plus au nord, grands espaces et far-west résonnent dans la rythmique claudicante de « Twot », dans ses accords de guitare décharnés comme une carcasse nettoyée par les vautours. Et la pesanteur du soleil s’exprime dans le thème obsessionnel joué à l’unisson par Olivier Py et Gilles Coronado. Vision cliché ? Certes, le critique ne s’en dédouanera pas, mais louera par-là même la parfaite expressivité de cette musique, qui suscite tant d’images comme d’autres des tics instrumentaux.

Coronado apporte énormément au paysage sonore de Caroline et l’affirmer n’est pas faire injure aux autres, ni à Sarah Murcia, unique compositrice des douze morceaux. Sa guitare porte à elle seule « Talaguala », à mi-chemin entre le gros son écorché de Neil Young et le tranchant de rasoir d’un Robert Fripp période 72-74. Présence monstrueuse donc, qui confère à ce disque un caractère véritablement (post-)rock, équivalent transatlantique des productions de Jim Black et ses amis.

Sauf que Caroline joue peut-être aussi totalement la carte du retour aux sources. Ainsi, le quartet, accompagné du chanteur Vic Moan, interprète avec une sincérité déconcertante, un « Mami et Grischka » à la rythmique rock’n’roll anachronique. On se surprend aussi à penser à Led Zeppelin [1] lorsque retentit la mandoline de Moan sur « Hey Baby ».

Monaco explose comme un bouquet de saveurs et d’influences. La fin du disque laisse une légère impression de torpeur (comme lorsque l’action de la bière dépasse celle de la grenadine). Pour autant, il convient de saluer la démarche de Sarah Murcia et ses acolytes, qui évitent toujours le pastiche ou le panachage de styles musicaux.

[1] Plus précisément « The Battle of Evermore ».

Voir aussi :
Dum Dum - Verrière des Cordeliers
Banlieues Bleues 2006 [2]


Simon Goubert Sextet / Cindy Blackman Quartet / United Color Of Sodom
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