Le jazz a sa tribune.

Edition du 18 août 2019 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487

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Une sélection de concerts
proposée par la rédaction.





« Russie mon amour »

Communiqué :

« Soit une année de la Russie en 2010, une ville comme St-Petersbourg, jumelée à Bordeaux. Voilà pour la convergence.
Soit encore une scène musicale de là-bas, foisonnante, créative, riche, mal connue.
C’est notre parallèle. La divergence est là pour marquer que ce « festival » (continuons d’utiliser ce mot) ira dans tous les sens chercher son contenu : jazz, musique classique en tension et en extension, rock savant ou déjanté, musiques de tradition – la Russie n’en manque pas - avec tout ce qui peut se tramer entre ces courants. Bref, l’actualité même.
Festival divergent donc, et si possible éclaté en divers lieux de la CUB, du département, pourquoi pas de la région si des partenaires se déclarent, ou nous sont proposés. »


« A la demande de l’association As Soon As Possible, Einstein on the Beach s’est engagé à assurer la maîtrise d’oeuvre (programmation, administration, régie, communication) d’un projet culturel d’envergure : organiser une manifestation annuelle consacrée à des scènes musicales contemporaines peu visibles en France. La première édition fera la part belle à la Russie. Une occasion exceptionnelle d’inviter à Bordeaux des artistes internationaux de premier plan, trop rarement accueillis sur les scènes françaises.
C’est avec grand plaisir que nous travaillons de concert avec ASAP et les nombreux acteurs engagés dans ce projet, à construire « Russie Mon Amour ». Avec l’espoir, bien sûr, que l’adhésion du public et le soutien de nos partenaires, fassent de cet événement unique un véritable projet d’avenir. »


AS SOON AS POSSIBLE PRESENTE
en collaboration avec EINSTEIN ON THE BEACH :
RUSSIE MON AMOUR 2010
6 au 14 octobre BORDEAUX, GIRONDE, AQUITAINE
Festival divergent d’artistes convergents sur des musiques parallèles

Carré des Jalles / Les Colonnes

A n’en pas douter, voici une des artistes des pratiques vocales contemporaines parmi les plus époustouflantes. Une voix singulière, unique qui transcende sa culture pour nous présenter un travail vocal inouï. Sainkho Namtchylak est originaire de la République de Tuva, au sud de la Sibérie. Initiée à Moscou aux techniques de chant issues de la tradition chamanique, le résultat aujourd’hui est un savant mélange de chants classiques, jazz, musique ethnique et contemporaine. Sainkho Namtchylak est une de ces chimères à plusieurs têtes, capable d’élever sa voix jusqu’au souffle divin comme de l’enfermer dans un cri primal. Le crâne nu, le corps filiforme, elle ressemble à une rock-star hantée par un esprit mystique, par des traditions ancestrales arrachées au secret pour prendre corps dans une musique décalée. Les origines de la chanteuse ne sont pas étrangères à sa marginalité. Elle est née dans un petit village de la République de Tuva, en Sibérie méridionale, à la frontière de la Mongolie. L’une de ces contrées dépeuplées, aux plaines sans fin étendues sur le fleuve Ieniseï. Tuva est célèbre pour son chant diphonique, le « khöömei », issu de la tradition chamanique, qui laisse entendre un son principal accompagné d’harmoniques secondaires, produites par une position particulière de la langue, et qui ressemblent au son d’une guimbarde. Avec 28 albums et trois prix internationaux à son actif, Sainkho Namtchylak a tout tenté, du classique au jazz en passant par la musique ethnique et contemporaine. © Mondomix – Nadia Aci

TNT :

De Maubeuge à Tokyo et New-York, au sein de Catalogue [1] ou de Marteau rouge [2], avec Keiji Haino [3] ou Arto Lindsay [4], cela fait presque trente ans que Jean-François Pauvros trimbale sa silhouette dégingandée de sorcier électrique, sa voix de ménestrel rimbaldien et – surtout – son engagement indéfectible au service de l’homme et sa croyance quasi mystique en la musique comme énergie d’amour capable de regarder la mort droit dans les yeux.

« Hélène Breschand fait partie de ces musiciens capables d’évoluer à la limite de plusieurs domaines qui vont de la musique contemporaine au Jazz. Il suffit de l’entendre jouer pour se rendre compte qu’elle vit pleinement l’interprétation et l’improvisation comme deux approches complémentaires de la musique. » - © Hugues Le Tanneur ADEN - LE MONDE

« Son intérêt se porte sur la construction musicale pouvant représenter la charnière entre la musique écrite et l’improvisation. Par conséquent, la notion de temporalité et du sens tactile interviendront dans son approche de l’instrument. Elle enrichit énormément son rapport à la musique écrite, affinant son exigence. L’interprétation d’une œuvre écrite lui permet de dépasser le simple état de contrôle que l’on appellerait maîtrise au point de se laisser traverser par la musique elle-même. Parallèlement l’improvisation est pour elle une mise en danger qui lui permet de se stabiliser, de se reconnaître et de s’affermir. »
© Théo Jarrier OCTOPUS

Alexeï Aïgui, violon
Pierre Bastien, trompette, mécanium, scie

(…) Alexeï Aïgui. Au centre, se tenant de biais, l’instrument rivé au micro, ce jeune violoniste et compositeur de 27 ans. Un Jean Luc Ponty russe ? Pas du tout. Le son du vilon d’Aïgui picore dans le folklore tout en renouvelant son abonnement à l’éléectricité du minimalisme, il s’aventure, secoué de ruptures et d’accélérations aux envoûtants paliers et le reste du groupe le suit comme un seul homme. Le public (jeune) écoute, foudroyé, ou danse de façon déjantée. (…) © Jean-Pierre Thibaudat – Libération

Après des débuts au hochet comme tout le monde, Pierre Bastien construisit vers dix ans une guitare à deux cordes, à partir des éléments du jeu « Le Petit Physicien ». Vers quinze ans il élabore une première machinerie consistant dans un métronome flanqué à droite d’une cymbale, à gauche d’une poêle à paella. Ces expériences enfantines pourront paraître dérisoires, elles le sont à peine comparées à ses premiers actes de musicien adulte, puisqu’il a d’abord l’occasion de jouer du torchon de vaisselle, le maniant comme un fouet pour le faire claquer devant le micro, dans le disque « Parallèles » de Jac Berrocal. Malgré ce départ peu conventionnel, et grâce peut-être à la survivance simultanée d’un certain esprit dada chez ses contemporains, Pierre Bastien est alors amené à travailler avec de grands artistes : Dominique Bagouet, Pascal Comelade, Pierrick Sorin, DJ Low, Robert Wyatt ou Issey Miyake. En même temps il a longuement construit et mis au point un orchestre domestique et privé fait de dizaines de robots en Meccano, joueurs d’instruments de musique traditionnels et parfois d’objets usuels. C’est avec ces machines regroupées sous le terme Mecanium, et d’autres issues de pratiques voisines, qu’il enregistre ses albums et donne ses concerts depuis douze ans.

Ces musiciens de Saint-Pétersbourg aux influences diverses, larges, culturellement Russes, recherchent le plus haut niveau d’interaction dans la pratique de la composition instantanée. Comme beaucoup de musiciens européens épris de l’Histoire du jazz ils ont cherché à s’émanciper des « pères » et ont réussi à proposer ce jazz « punk » de chambre dont l’énergie scénique reste un de ces moments dont on se souvient ardemment.

TNT :

Cette formation agit comme un laboratoire. A la base du groupe s’ajoutent parfois des artistes permettant de nourrir le propos artistique. Won James Won est un combo majeur du ZveZdaZ art-mouvement. Leurs shows sont des happening permanents, dans lesquels leurs déviances musicales sont nourries d’instrumentations noisy/rock, de samples électroniques, de sauvages vocalises, de textes ambigus et d’excentricité. Voici peut-être le meilleur groupe rock expérimental qui ait été produit en Russie. Les musiciens qui composent le groupe sont basés à Saint Petersbourg et Moscou. Formé en février 2003, ils sont signataires de l’association Russe pour l’art alternatif.

TNT :

« Evelyn Petrova est grande, robuste et sublime. Elle joue assise, mais sa performance est également une danse. Son corps puissant et « masculin » vole et balance, son énorme accordéon virevolte entre ses bras comme un jouet de « concertina ». Les mimiques de son visage, ses cris perçants, murmures vocaux et râles accompagnent sa musique, nous sommes ainsi invités à un rituel chamanique et notre corps est parcouru de frissons les plus agréables d’étrangeté. » - © Alex KAN

TNT :

Diplômé du conservatoire de Saint Petersbourg comme compositeur en 1987, il n’est pas seulement connu en Russie mais bien au delà de ses frontières. Il est à la fois leader d’orchestre et accompagnateur. Il joue en duo avec le guitariste américain Paul Bollenbeck comme avec le corniste russe Arkady Shilkloper. Il est membre du quartet international comprenant Igor Butman, Lenny White et Eddy Gomez. En 2004 il rencontra Bobby McFerrin avec qui ils jouèrent en duo.

Vyacheslav Guyvoronsky compose et joue de la musique depuis la fin des années 60. Il est une des figures de la nouvelle scène musicale russe, responsable des deux duos cités plus haut. L’album enregistré avec Evelyn Petrova « Chinyi Together » fut acclamé par la critique. Vyacheslav GUYVORONSKY n’est pas simplement un improvisateur. Il écrit de la musique de chambre, des poèmes symphoniques, des opéras…Nous pouvons nous référer par exemple à une oeuvre appelé « Caprichos » (Leo Records, CD LR 519) pour cordes et trompette. Il est également membre du Moscow Composers Orchestra et participa à de nombreux festivals en Russie et ailleurs.

Vladimir VOLKOV : Considéré comme le joueur de contrabasse le plus demandé de Russie, il est membre de nombreux groupes de jazz, groupe de rock d’avant garde et d’orchestres symphonques. Il joue dans les festivals les plus reconnus dans en Europe et eu USA. Un de ses projets les plus en vue se nomme Vershki da Koreshki qui mélange musiciens originaires du Sénégal, de Tuva et Russes. Il fait partie du Moscow Art Trio et est également membre du Moscow Composers Orchestra.

TNT :

Vladimir Tarasov, membre du Ganelin trio (groupe de jazz contemporain fondateur de la scène d’avant garde russe), navigue dans une pratique percussive étonnante, capable de danser avec Josef Nadj ou improviser avec Anthony Braxton. Nous lui avons proposé de rencontrer le trio de batterie, groupe sonore, qui travaille sur les textures, le métal, le bois et la musique ambiant organique. A n’en pas douter la musique noise de demain…

TNT :

« Projet vaste qui a pour ambitions de montrer ce que tout le monde voit mais n’ose pas regarder. Ne rien dénoncer précisément mais montrer, simplement montrer en mettant en évidence des paradoxes urbains. Filmer autour des lieux qui accueillent les concerts et en faire une performance improvisée visuelle et musicale. Partout dans le monde sur les cinq continents. »

« Lenin On Tour, A Road Show“, performance à l’issue de laquelle tout le monde s’accordait à dire qu’on tenait là l’événement majeur du festival. A partir d’images tournées en 2004 par Rudolf Herz, concepteur d’un projet visant à faire se promener sur un camion d’énormes bustes de Lenine et autres camarades de lutte à travers toute l’Europe, de Berlin à Berlin en passant par les Alpes, Rome et Prague, Nicolas Humbert et Martin Otter ont réalisé un montage d’une heure environ, sur lequel les musiciens de „Das Kapital“ sont invités à improviser. Emouvant au plus haut point, profondément engagé dans le meilleur sens du terme, lyrique, puissant, juste. C’est exactement ce qu’on peut souhaiter entendre aujourd’hui, musicalement par la manière dont le jazz s’y prolonge, avec entre autres un Daniel Erdmann qui a retenu les enseignements du parcours et du travail d’un Ellery Eskelin par exemple, et qui fait entendre dès la première mesure un chant profond et souterrain de toute beauté. Mais aussi plastiquement, tant la matière iconique est fortement traitée, et superbement agencée à la musique. Tout cela relève un peu du miracle, d’une série de rencontres heureuses, et en même temps, à l’évidence, d’un travail prolongé. « Das Kapital » est un vrai groupe. Une rareté. © Phillipe Méziat – Jazz Magazine ; propositions de Spectacles »As Soon As Possible" en collaboration avec EINSTEIN ON THE BEACH

TNT - Le potager - 7,8,9 octobre : installation ouvertes à partir de 19h30, chaque soir rendez-vous avec le public à 22h30 pour une performance / concert. Une carte blanche est donnée au collectif girondin, Les Potagers natures afin d’imaginer une « habillage plastique et sonore » du TNT lors du festival.