Chronique

John Escreet

Seismic Shift

John Escreet (p), Eric Revis (b), Damion Reid (dms).

Label / Distribution : Whirlwind

John Escreet est né en 1984 à Doncaster, Angleterre. Pianiste de son état, il a joué avec Ambrose Akinmusire, Tyshawn Sorey, Nasheet Waits, Evan Parker et quelques autres, ce qui classe tout de même le bonhomme. Il est à la tête d’une discographie riche et variée en tant que leader (Seismic Shift est son neuvième album depuis 2008), mais aussi en tant que sideman (il fait partie notamment de la bande à Binney). Il semble pourtant que John Escreet soit un peu passé à côté de nos radars pourtant bien aiguisés. Il était donc grand temps de réparer la chose.

Car Seismic Shift est un chouette album, puissant et dynamique. Les six compositions du leader s’articulent autour de son piano éruptif. La contrebasse d’Eric Revis (Aruán Ortiz, Avram Fefer) et la batterie de Damion Reid (Robert Glasper, Steve Lehman) dessinent des chemins sinueux dans lesquels s’ébat l’écriture vive et gourmande d’Escreet, faite d’accords plaqués et de schémas répétitifs. Sa main droite ferraille dans les aigus, dégringole en montées et descentes convulsives, constamment tancée par le jeu hyperlatif de Reid.

Une jolie reprise, gouleyante, presque sucrée, du morceau de Stanley Cowell « Equipoise » complète l’album, ainsi que deux morceaux très ouverts (que l’on peut imaginer être des improvisations collectives) : « Outward And Upward » et « Quick Reset », dans lesquels les trois musiciens, énergiques et opiniâtres, font montre d’une belle cohésion et d’un sens de l’espace toujours à propos. Une belle découverte.

par Julien Aunos // Publié le 25 juin 2023
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