On ne fera pas l’injure à Inama de parler, comme le veut le poncif à toute sortie d’un premier album, de "fraîcheur" : il y a bien plus que cela dans La Boîte noire. Lauréat, sous le nom de Gaia, d’une flopée de concours en 2006 et 2007, le groupe a pris le nom de l’un de ses propres morceaux et sort ce mois-ci un CD qui ne ressemble pas à un coup d’essai. 100 % compositions "maison", treize thèmes qui tricotent écriture et improvisation dans un esprit résolument ouvert. Pas besoin d’inventaire : ce qu’il y a dans la boîte, c’est de la musique. Des parentés jazz, rock, funk, fusion, contemporaines, cela va de soi. Du souffle aussi, puisque dans la boîte, "Pan dort" (c’est le titre de la piste 3). D’ailleurs il ne fait pas que dormir : "Pan rêve", "Pan rit" et "Pan cake". Gourmand... Il y a aussi des influences : flamencas, arabo-andalouses, cinématographiques... Mais surtout une véritable identité sonore, perceptible tout au long du disque. Signes d’identité : prééminence de la flûte et du vibraphone ("3477,5" et la série des "Pan") ; une contrebasse présente et active ("Inama", "Pan Rit", "Fièvre à quatre notes"), des sax capables de toutes les nuances, suaves ou rauques, et une batterie bien décidée à ne pas jouer les seconds couteaux. Le groupe ne se nourrit pas de consensus mou ; il va se chercher dans la confrontation des idées de six musiciens aux parcours bien différents mais à l’énergie commune. Et communicative. Les compositions sont structurées, complexes sans hermétisme, la dissymétrie y règne en maîtresse : rythmes impairs, inversions, grands intervalles, fausses unissons... Le tout porté par une vitalité qui donne envie de bouger la tête et les pieds, même sur des mesures à 7 temps et demi. Bref, les six jeunes musiciens d’Inama ne font pas que promettre : ils tiennent. Inama sera en concert :
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