Chronique

Aqua Bassino

beats ’n’ bobs

Jason Roberston (production), Martin Kershaw (ss), Paco di Agua, Bensoni (g), Nikki King, Jill Vader, Nahawa Doumbia (voc), Collin Steele (tp), Stevie Christie (p)

Label / Distribution : F-Communications

F-Com (ceux qui ont découvert St-Germain ! vous rappelleront-ils) continue d’œuvrer dans le jazz-house avec cet album de l’Ecossais Jason Robertson, alias Aqua Bassino. C’est un album aux ambiances généralement douces et feutrées, avec des beats filtrés, des accords de synthés reposants et des solos instrumentaux pas trop agressifs. L’exception à cette règle est plutôt désastreuse : To hard, try and find, où voix et beats tentent d’être hardcore, mais tournent rapidement à la parodie agaçante.


La formule du solo instrumental par-dessus une courte boucle rythmique a beau être plus que rodée, elle est largement utilisée ici. Ola et With You mettent des beats house en-dessous de solos de saxophone (plutôt fade) et de trompette (sauvé par de subtiles interventions électroniques) respectivement. Sur Welcome Home, Collin Steele joue bien un sympathique solo de bop funky, mais une boucle samba-jazz de deux mesures répétée ad infinitum avec de très légères modifications, c’est d’abord intéressant, puis lassant. Time… change un peu la donne, en ajoutant une petite voix féminine (qui veut nous faire comprendre qu’elle chante du JAZZ) à la trompette, toujours sur une boucle rythmique légère. Nana’s Waltz a un nom trompeur, mais reprend toujours le même concept, cette fois avec Bassino lui-même aux pianotements raffinés qui accompagnent la charleston sur le 2 et le 4. Milano Bossa a également un nom trompeur, mais là, c’est un beat house-funk plutôt satisfaisant qui accompagne le piano électrique de Bassino.


Quelques morceaux sortent tout de même de cette formule aux limites évidentes. Les résultats sont Love is here to stay, de la soul très saccharine, Moon Light, un duo piano acoustique-voix qui s’efforce à être profond et émouvant, Spirits with Jiwe nous sort de l’ordinaire avec une voix « venue d’ailleurs » sur des beats « bien d’ici », et le To hard, try and find sus-cité. Un peu plus intéressant peut-être est Baby C’mon, du blues-house basé sur un court sample de Taj Mahal chantant le Sweet Home Chicago de Robert Johnson.


En tout, un album à la fois agréable et inintéressant qui distrait quelques instants, ou alors sert à meubler une conversation trop vide.