Entretien

Marco Eneidi (II)

Un entretien avec Marco Eneidi

Suite et fin de l’entretien-fleuve de Marco Eneidi réalisé pour l’émission Taran’s Free Jazz Hours, le samedi 8 octobre 2005. Lire la première partie.

Taran : Nous disions donc que Jimmy Lyons t’avait influencé ?

  • Marco Eneidi : C’était avant tout un bon ami. Il m’a influencé comme ami… En fait, il m’a appris à tenir le sax pour pouvoir jouer vite. Il m’a aussi montré comment jouer de la musique dans un certain esprit… Par exemple, quand nous jouions une étude du répertoire classique, on commençait d’abord par la prendre telle qu’elle était écrite, dans un style « européen ». Ensuite, il me montrait comment aborder le morceau sous un angle différent, avec une attaque rythmique. Oui, c’est ça que je dois à Jimmy Lyons : comment attaquer les notes par un angle particulier pour qu’elles swinguent. Comment leur donner du rythme, tout en gardant de la précision, de la vitesse et une bonne articulation de la phrase. C’est sûr que sa musique m’a influencé. D’une certaine manière, tous les altistes se ressemblent plus ou moins. Jimmy descend en droite ligne de Charlie Parker. Comme Eric Dolphy, John Coltrane, Sonny Simmons, Ornette Coleman… Moi aussi, je descends de Charlie Parker, mais je suis de la deuxième génération. Alors évidemment, comme nous jouons tous les deux de l’alto, vite, avec virtuosité et une articulation particulière, il y a des chances pour que nos jeux soient proches.

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Marco Eneidi © Elvira Faltermeier

D’ailleurs beaucoup de critiques écrivent que le jeu de Marco sonne beaucoup comme celui de Jimmy. Mais, en fait, je ne sonne vraiment pas comme Jimmy - un peu peut-être, mais pas beaucoup ! En tous cas, je ne cherche pas à l’imiter, et je sonne bien plus comme un ténor que comme un alto. Surtout sur les tempos lents, quand je cherche à ouvrir mon son. Aujourd’hui, j’ai vingt-cinq ans de jeu derrière moi. Et je ne dis pas de concerts, mais bien de jeu. Juste jouer, travailler, répéter. Comme ces duos dont nous parlions tout à l’heure… D’abord, toutes ces heures passées avec Jackson Krall ou chez Dennis Charles. Puis, en Californie, mes quelques années avec Donald Robinson. Ensuite, quand j’ai joué tous les jours avec Spirit, Peter Valsamis, parfois quinze minutes, parfois deux ou trois heures… D’ailleurs quand j’ai commencé la musique, je voulais être musicien, pas saxophoniste. C’est pour ça que j’ai joué des tambours dans un combo africain, de la samba dans une école de musique brésilienne, du gamelan, des tablas avec Zakir Hussein et Swapan Chaudhery dans l’école de musique d’Ali Akbar à San Rafael, en Californie… En parallèle, je faisais des duos avec des batteurs… William Parker compare toujours les cordes de sa basse a des fûts de batterie. Moi c’est pareil avec le saxophone. Je joue rythmiquement. C’est sans doute pour ça que je peux jouer avec Cecil Taylor, mais pas avec la plupart des autres pianistes. Parce qu’ils jouent tempéré. Leurs douze demi-tons sont tempérés et ils n’écoutent pas ce que je fais. Leurs accords ne collent pas avec ce que je joue, avec l’esprit de mon jeu. Cecil, lui, joue comme un percussionniste, et c’est comme ça que je vois le saxophone. Mon approche est très rythmique. Oui, même si je reste harmonieux et mélodieux, j’attaque vraiment le saxophone par le rythme !

Pour en revenir à Jimmy, j’ai pris une leçon par semaine pendant quatre ou cinq mois avec lui. Nous sommes devenus bons amis. C’était vraiment un chic type ! Nous nous entendions très bien ensemble. Sa femme, Karen Borca, préparait à dîner, nous buvions quelques gins et nous restions là, ensemble. Jimmy a commencé à parler de moi autour de lui, à New York. Après, tu connais la suite… De fil en aiguille, j’ai rencontré tous ces musiciens plus âgés, qui m’ont pris sous leur aile. En un sens, ils m’ont détourné des mauvaises voies. Earl Cross, Dennis Charles, Don Cherry, Wilber Morris, Dewey Redman… m’ont tous montré le chemin, et ont été comme des pères pour moi ! C’est pareil pour Jimmy. Il a été à la fois un père et un frère. Un homme très doux, qui m’a bien sûr appris pleins de trucs à l’alto, mais a surtout su partager une sorte d’amour, qui m’a fait tel que je suis aujourd’hui.

La plupart des brillants musiciens que tu cites ont disparu…

  • Ça me rend malade de voir que la plupart des amis qui m’ont accueilli lorsque j’ai débarqué à New York pour la première fois en 1981, ont été emportés, les uns par le SIDA, les autres par la drogue… Rien que le fait d’être artiste aux États-Unis te condamne ! Plus que les drogues ou les maladies, c’est le joug du capitalisme qui tue, l’ingratitude américaine vis-à-vis des artistes et, surtout, la façon dont elle se manifeste. C’est vrai qu’en Europe, vous avez eu l’Inquisition, Hitler et les Nazis… mais en Amérique aussi, le passé est lourd. Le gros problème aux États-Unis, c’est la cupidité des entreprises. Ce système hait tout ce qui est créatif et artistique, et les pauvres. Regarde George Bush, il n’aime pas les Noirs. C’est clair : George Bush n’aime ni les Noirs, ni les rouges, ni les jaunes, ni les pauvres, ni même les Blancs qui sont pauvres. Il n’aime personne. Et ce, au nom de je ne sais quel Dieu, qui n’est pas le mien… Tu vois, je te l’avais dit, en matière de politique, je suis plutôt virulent !

C’est vrai… Allez ! Écoutons un peu de musique… (The Marco Eneidi - Glenn Spearman Creative Music Orchestra). Ton travail avec orchestre est très intéressant. En dehors des disques avec le Creative Music Orchestra et l’American Jungle Orchestra, as-tu enregistré d’autres albums en compagnie d’un orchestre ?

  • Avec mon propre orchestre ? Non. Bien sûr quand j’ai travaillé avec William Parker, j’ai joué dans son Little Huey Orchestra. Mais, avec mes propres formations, il y a ce qu’on vient d’entendre. On a répété une fois par semaine pendant six ou sept mois avant de l’enregistrer. Il y a aussi l’American Jungle Orchestra, avec qui nous avons fait pas mal de boulot. Nous avons joué en club une fois par semaine pendant un mois. Les sessions ont été enregistrées sur l’album que tu as. A part ça, j’ai fait quelques autres trucs ça et là, mais rien qui ait été publié. J’essaie de monter quelque chose ici, à Vienne. Un orchestre avec plusieurs gars du Burgenland, de Nickelsdorf. Des vieux routiers du parti des Verts. Ils vont former un chœur qui chantera de l’avant-garde, ce genre de chose. Je viens aussi de rencontrer une dame qui dirige une troupe de théâtre avec des Autrichiens et des Nigérians, pour la plupart des réfugiés. J’aimerais bien monter un groupe d’avant-garde à base de musiciens, de chanteurs et de théâtre.

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Marco Eneidi © Peter Valsamis

C’est sûr que ma formation favorite est le trio, mais j’aime aussi jouer avec une formation plus large. Ce que tu viens de nous faire écouter, c’était avec des jeunes musiciens peu expérimentés. Glenn et moi adorions jouer sur leur musique, avoir cette liberté de jouer sur un fond. J’aime bien le gros son de l’orchestre. C’est comme un train de marchandises qui passe et qu’il faut attraper au vol. Enfin, moi je n’ai pas à l’attraper, parce que je suis devant le train et je souffle… C’est aux autres musiciens d’essayer de l’attraper… En espérant qu’ils y arrivent avant que le train quitte la gare…

Cet orchestre à Vienne, c’est l’un de tes projets actuels ?

  • Pas encore tout à fait, mais c’est en cours. Ça fait deux semaines que je joue dans un restaurant fabuleux, le Celesté, dirigé par quelqu’un de merveilleux, et qui m’a déjà aidé à plusieurs occasions. C’est un monsieur qui vient d’Irak, de Bagdad, et je crois que ça fait une trentaine d’années qu’il vit en Autriche, dont vingt à la tête de ce restaurant. J’y tiens une jam session hebdomadaire, le lundi soir. Chaque semaine, j’ai un invité spécial. Il y a quinze jours, c’était Hans Falbe, du Nickelsdorf Jazz Gallery, qui organise Confrontatione, un festival clé en Europe. La semaine dernière, c’était au tour Paul Lovens, et la semaine prochaine, je jouerai avec Geog Grawe. Un autre jour, J’ai invité DD Kearne, un jeune et talentueux batteur de Vienne. Sinon, il y a eu également une soirée consacrée à une remarquable saxophoniste autrichienne, Tanja Feichtmair, et une autre à un batteur nigérian. Ah ! il y a eu aussi une nuit avec la troupe de théâtre de Birgit Fritz. Ces jam sessions me permettent d’inviter différents musiciens…on essaie de sortir quelque chose, en duo ou en trio… Mais c’est vrai que j’aimerais monter un orchestre… Tiens, il y a quelques semaines, un gars s’est pointé, un traducteur qui travaille pour le Tribunal de Justice et joue aussi du saxophone. C’est devenu un ami. Je voulais qu’il chante. Il a commencé à chanter en grec ancien. Trois mille ans ! De vieilles, vieilles chansons grecques. C’était extraordinaire ! D’abord, j’ai cru qu’il s’agissait d’un dialecte autrichien. En fait, j’aime jouer en solo, dans de petites formations, mais aussi dans de plus gradnds groupes, si je suis libre de composer ou de modeler le groupe à ma façon… Oui, c’est ça : si j’arrive à modeler le groupe à ma façon, alors je peux jouer…

On dirait que ça bouge pas mal à Vienne ?

  • Ben oui ! J’essaie de faire bouger tous ces gens, parce qu’ils sont endormis et fatigués ! (rires).

Mais ils apprécient ta musique quand même ?

  • Je n’en suis même pas sûr ! Peut-être. Laisse-moi d’abord les réveiller, après, on verra…

Comment vois-tu l’avenir de ta musique ? Dans quel sens va-t-elle ? Dans quel sens veux-tu qu’elle aille ?

  • Je veux juste continuer à faire ce que je fais et rester en bonne santé. Travailler dur et conserver fraîcheur, jeunesse et vitalité ! Pouvoir faire mon baluchon, abandonner mes affaires et partir en Autriche comme je l’ai fait ! Dans un pays où je ne connaissais rien, ni personne, et dont je ne parlais même pas la langue… Ce changement a été radical ! Tu sais, parfois, ça fait du bien de sauter dans l’inconnu, se mouiller, changer tout. C’est ce qui te permet de rester jeune, frais et vivant ! C’est aussi un moyen de trouver de nouvelles idées, de raviver la créativité. Parce que si tu restes trop longtemps où tu es, si rien ne se passe, tu sombres dans la paresse et tu restes coincé dans ta routine. Ce déménagement m’a forcé à apprendre une nouvelle langue. Je trouve la langue allemande très difficile, mais elle m’a permis de me faire plein d’amis. Pour la première fois, j’ai des tas d’amis non musiciens. C’est vraiment chouette ! Et, d’une certaine manière, ça m’aide à créer, à alimenter mon énergie créatrice. C’est certain que si j’étais resté en Californie, je n’aurais pas eu ça !

As-tu déjà joué en France ?

  • Oui, mais uniquement dans la rue… En 1982, mon appartement a brûlé à New York. J’ai sauté dans le premier avion et atterri à Paris, avec cinquante dollars en poche ! J’ai d’abord pris le train pour Florence, puis je suis remonté à Amsterdam. Et tout ça sans acheter de billet ! J’ai aussi passé quelque temps à jouer dans les rues de Dijon. Ensuite je suis allé à Paris. J’ai dormi quelques nuits près de la Seine, à côté de Notre-Dame. Un matin, vers quatre heures, j’ai joué sur le parvis de Notre-Dame. Mais la police est venue et m’a dit d’arrêter… L’autre fois, c’était en 1992, j’étais venu jouer à Nickelsdorf en compagnie de Raphe Malik. Après, nous avons joué au Club Thelonius d’Amsterdam et, de là, nous sommes descndus à Paris, avec le batteur et le bassiste, mais sans y jouer… On ne peut donc pas vraiment dire que j’ai joué en France, sauf quand j’étais un jeune homme à la rue… (rires)

Finalement, où as-tu réellement joué en Europe ?

  • Depuis que j’y suis installé, j’ai joué avec Paul Lovens dans un petit village de la banlieue de Stockolm. J’ai également été invité plusieurs fois en Slovénie. Cet été, je suis allé à Venise. Ce n’était pas pour un concert, mais j’ai quand même joué un peu dans la rue. A part ça, je joue en Autriche, évidemment ! En mai, j’ai fait un duo avec Andrew Cyrille au Ulrichsberg Kaleidophone. Plus récemment, j’ai joué avec un quintet à Saint-Johann, donné quelques concerts autour de Nickelsdorf, et des trios à Vienne, avec Lisle Ellis et Donald Robinson ou Lou Grassi et Roy Campbell. Sinon, j’ai des engagements par-ci, par-là, mais j’espère en avoir un peu plus dans l’avenir.

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Discographie sélective de Marco Eneidi

Tu as travaillé avec beaucoup de musiciens renommés, comme William Parker, Cecil Taylor, Donald Robinson… Comment se fait-il que tu ne sois pas plus connu ?

  • (rires) C’est la question à un million de dollars ! Tu sais, je crois que la principale raison c’est que j’ai passé beaucoup de temps à peaufiner ma musique. Je jouais tout le temps, et quand je ne jouais pas, je travaillais pour pouvoir vivoter. J’ai connu beaucoup de musiciens dans les années quatre-vingts, et j’en connais encore, qui ne travaillaient pas beaucoup leur musique, mais passaient le plus clair de leur temps à chercher des contrats. Ils sont devenus connus, ont beaucoup tourné en Europe, mais leur musique est devenue médiocre. Je me contente de travailler ma musique. Je ne suis pas un homme d’affaires et n’aime pas faire ma publicité… Pourtant, bien que je déteste ça, en ce moment je suis en train d’apprendre à le faire ! Cette année, j’ai eu un peu plus de temps pour essayer de promouvoir ma musique et trouver des engagements. Parce que je sais que si je ne le fais pas maintenant, je vais rater le coche. Le temps passe et je vieillis… J’aurai cinquante ans l’année prochaine ! J’étais un musicien obscur, qui ne se mettait pas en avant, mais maintenant ça y est ! D’ailleurs, regarde, je passe dans ton émission de radio ! Et oui, j’existe ! Et je suis là !

Qu’est ce qui t’irrite le plus dans ta vie de musicien ou dans la vie tout court…

  • Ce qui se passe au Darfour, en Irak ou ce qui vient de se passer à La Nouvelle-Orléans. Tout ce sang et ces massacres au nom de ce qu’ils disent être Dieu. Ça me met hors de moi. La manière dont l’être humain traite son prochain et tue au nom de Dieu. Les génocides religieux ou ethniques. Tiens, j’ai vu l’autre jour que cet hiver, au Malawi, près de trois millions de personnes risquent de mourir de faim. C’est ce genre de truc qui me met en rage ! Et ce que je suis, en tant qu’homme et musicien, n’a aucune importance… Ce qui se passe en Palestine, voilà autre chose qui me fout en colère ! Ce comportement absurde des hommes entre eux… Au moins, quand les animaux tuent, c’est parce qu’ils ont faim ! Mais l’homme tue pour la sensation que ça procure, et pour des prétextes religieux ou économiques qu’ils ont eux-mêmes créés ! C’est bafouer le comportement humain. C’est ce qui me rend furieux, plus que tout. Ce que George Bush est en train de faire. Sa croisade, pour ce prétendu Dieu qui lui aurait parlé. En tout cas, ce n’est pas le mien ! Là encore ça m’exaspère ! Et la cupidité des entreprises ? L’argent, l’esclavage ! Voilà encore des choses qui m’horripilent.

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Marco Eneidi © Elvira Faltermeier

Comme je l’ai déjà dit, je suis un enfant des mouvements pour les droits civiques, des années soixante et soixante-dix. Contre la guerre du Viêt-nam. Voilà mes racines. Je participais aux manifestations, écoutais Angela Davis, Cesar Chavez… J’admire Martin Luther King, mais je suis d’avantage Malcom X, parce que quand vient la bagarre, il faut se battre. Heureusement que j’ai un saxophone ! Je me bats par la voix de mon instrument… Je livre ma guerre sainte via mon sax, par la musique… Sinon, tu sais, je pense que j’aurais des problèmes ! Tu sais combien de personnes sont mortes au Rwanda ? Trois, quatre, cinq millions ? Et l’armée française qui était là, à côté de ceux qui tuaient des gens, qui massacraient des villages, mais c’est pareil avec les Anglais et… C’est incroyable ce que l’humanité s’inflige à elle-même ! Je pense qu’il temps que les gens s’arrêtent, s’excusent et recommencent à zéro. Que nous ayons chacun nos particularismes nationaux, mais que nous acceptions les autres tels qu’ils sont. Il faut aussi que le monde des affaires arrête de violer la planète ! C’est une alerte générale ! Il n’y a qu’à voir comment ça s’est passé avec les ouragans. Si on ne réagit pas rapidement, je ne sais pas combien de temps la terre va survivre à tous ces désastres… Bush construit de nouvelles bombes atomiques, beaucoup de pays font la guerre, etc… Tout ça me met en colère. Et je me sens impuissant…

Dans les années soixante, l’extrême-droite du parti conservateur avait pour slogan : « L’Amérique, tu l’aimes ou tu dégages ». Ce à quoi les hippies répondaient : « Notre Amérique, aime-la ou change-la ». J’ai bien essayé de la changer, mais en vain, donc je suis parti. Aujourd’hui, il faut que les choses changent sinon on va avoir de gros problèmes. Moi, je ne fais que jouer du saxophone. Et quand je ne joue pas, je conduis un taxi, lave la vaisselle ou fais n’importe quoi d’autre pour pouvoir manger. En fin de compte je ne sais plus trop qui je suis… Ich Bin Nieman… Je ne suis personne…

Marco, la tournure prise par cette discussion est intéressante et nous pourrions la poursuivre toute la nuit, mais…

  • Hier j’étais au téléphone avec Cecil Taylor et nous avons parlé pendant six heures… Nous aurions pu continuer, mais finalement j’ai dû dire à Cecil que j’avais vraiment besoin d’aller aux toilettes, puis acheter des cigarettes et boire un coup, parce qu’il était déjà tard ! Pourtant, ce que Cecil me racontait était passionnant ! Des histoires qu’il ne m’avait jamais racontées. Un excellent moment… Oui, c’est vrai qu’on pourrait continuer cette discussion sans fin… Merci pour cet entretien, ainsi qu’à tous les auditeurs qui nous écoutent sur Internet, et désolé de ne pas parler français. J’espère vous rencontrer un jour.

Nous aussi !

Entretien réalisé par Taran Singh et Jolyon Derfeuil.
Traduit de l’anglais par Bob Hatteau.