Chronique

Tuva Halse Quintet

Reconnection

Tuva Halse - vln, Oscar Andreas Haug – tr, Benjamín Gísli Einarsson – p, Gard Kronborg – b, Øyvind Leite – d

Label / Distribution : Jazzland Recordings

La violoniste norvégienne Tuva Halse trace sa route avec détermination et sans précipitation. Formée musicalement en grande partie à Trondheim, où l’enseignement du jazz est particulièrement libre et ouvert, elle y rencontre plusieurs musiciens avec qui elle forme des groupes. Une sorte de petite famille qui partage le même ADN musical. Aussi son trio Bento Box composé de Benjamín Gísli Einarsson au piano et Øyvind Leite à la batterie constitue une partie de son quintet. Son parcours musical passe ensuite par l’Académie de musique d’Oslo et également par les sessions Intl Jazz Platform de Łódź où elle se fait remarquer. Depuis, ses talents de compositrice et d’instrumentiste s’épanouissent au sein de divers projets.
Son quintet, qui comprend également le versatile bassiste Gard Kronborg (qui signe une magnifique introduction du morceau qui porte son nom « Gard » - il joue sur une basse acoustique fabriquée sur mesure) et le très sérieux trompettiste Oscar Andreas Haug (membre du quintet d’Amalie Dahl, et qui explore l’improvisation libre et les microtonalités avec la pianiste Margaux Oswald) a déjà publié l’album Two en 2023. Celui-ci, Reconnection, est parfaitement dans cette veine compositionnelle mélodique, chambriste et hybride. Délicates et lyriques, les compositions – toutes signées de la violoniste – embarquent dans un voyage qui touche à la nostalgie et à l’espace. Inspirée par l’ambiance très spéciale du Svalbard, Tuva Halse a su transposer cette impression de majestueuse solitude, de froid limpide.

La trompette et le violon sont souvent entremêlés, à l’unisson ou en un dialogue croisé et leurs couleurs se marient parfaitement. La musique tire autant vers le jazz que la musique folklorique, avec une approche très classique. Sur ce projet, la violoniste a choisi la mélancolie, mais on la sait capable de faire trembler les murs, quand ça lui prend !

par Matthieu Jouan // Publié le 8 mars 2026
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