Citizen
Édition du 24 mai 2012 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487
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Climbing With Mountains

Viktor Toth

Matyas Szandai, b ; Hamid Drake, perc ; Ferenc Kovacs, tp

Le label BMC (Budapest Music Center) nous a déjà réservé bien des surprises avec les albums de Gabor Gado, Gabor Winand et autres figures marquantes de la scène hongroise. Viktor Toth (ici avec le bassiste Matyas Szandai et le percussionniste Hamid Drake) compte désormais au nombre des musiciens proposant des œuvres toujours plus mélodiques et sensibles. Celle-ci est intemporelle, mais prête à devenir la référence de la nouvelle génération. On y entend des hommages lointains à Albert Ayler, Ornette Coleman (à qui un titre est d’ailleurs dédié), Lee Konitz ou Joe Lovano, voire John Zorn. Le trompettiste Ferenc Kovacs, présent sur six titres, évoque, lui, l’univers de Don Cherry. Un retour à la tradition qui ne tourne pas pour autant le dos à la modernité.

par Armel Bloch // Publié le 9 janvier 2009
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Bells / The Land of Boldogasszony

György Szabados

« Les beaux sons, à la fois proches et lointains, des cloches qui s’entrelacent, dessinent ce vaste espace où je me sens chez moi. »
Cette belle phrase du pianiste György Szabados est évocatrice de la musique qu’offre ici le pianiste hongrois dans cet admirable enregistrement en solo. Tout un orchestre dans ce piano, un de ces orchestres de l’ex empire austro-hongrois qui s’y entendent comme personne pour vous emmener dans les vastes plaines à la poursuite d’un horizon jamais atteint.

Certes, on objectera qu’il ne s’agit pas de jazz. Pourtant, Szabados, improvisateur de haute volée, s’est déjà produit en concert avec Roscoe Mitchell, Anthony Braxton (avec qui il a enregistré), Peter Kowald, Fred van Hove, Evan Parker... Mais il a aussi obtenu le fameux prix Franz Liszt, qui ne récompense pas des jazzmen, pour avoir composé de la musique de ballet, d’opéra dansé, une pièce pour orchestre à cordes, une cantate, de la musique de cérémonie, un opus en mémoire de la Révolution hongroise de 1956 et bien d’autres choses encore.

Ici, c’est son versant « classique », tout infusé d’âme et de folklore slaves, qu’il nous propose dans ces improvisations poignantes. Et pas seulement slaves ; l’oreille attentive discernera dans cette mélancolie, bien des échos de la tristesse du flamenco, ou de la « saudade » brésilienne telle que Magda Tagliaferro la fit entendre dans ses mémorables enregistrements de l’oeuvre pour piano de Villa-Lobos.

par Laurent Poiget // Publié le 29 décembre 2008
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