Chronique

DD Jackson

Sígame

DD Jackson (p), Ugonna Okegwo (b), Dafnis Prieto (d, perc), Freddie Bryant (g), Christian Howes (vln)

Après une infidélité de deux albums sur une major, DD Jackson retourne au label indépendant de ses débuts. Cet album consiste surtout du trio, augmenté sur quelques morceaux de Bryant et de Howes. Jackson abandonne ici l’électricité et les côtés les plus débridés de son album précédent, Anthem, mais continue à développer sa ligne compositionnelle sous tous ses aspects.


L’album s’ouvre sur un blues festif et accueillant, justement intitulé The Welcoming. Tout de suite Jackson montre deux de ses pôles principaux : « joli » et « éclaté ». Mais ces deux pôles se rejoignent, car même dans ces moments intenses où les notes fusent comme des éclats de verre, il reste presque toujours un élément de mélodie au milieu du maelström. Le solo de piano final, Prologue, en est un autre exemple.


Comme l’indique le titre de l’album, Jackson explore la musique latine, mais sans jamais tomber dans du latin-jazz facile. Cubano-Funk transforme une intro très abstraite en un groove afro-cubain polyrythmique. L’abstraction repose sur une base rythmique entraînante, et culmine avec un piano complètement écrasé et un solo de batterie déchaîné. Sígame verse dans la guajira légèrement décalée, car ne cherchant pas à faire de l’ « authentique ».


Des morceaux comme les ballades Romanza ou For Desdemona (ambiance reflets de lune sur mer) et la quasi-pop de Summer, montrent le raffinement des compositions de Jackson. Le Shuffle le montre de manière différente, en poussant loin le concept du thème à riff.


Prieto, batteur cubain, apporte beaucoup à l’album : dynamisme et maîtrise, ainsi que des percussions sur quelques morceaux. Okegwo est, comme l’est souvent le bassiste, le calme, l’ancre. Howes se montre versatile : effet « with strings » sur Summer, libéré sur Cubano-Funk. Bryant enfin est plus conventionnel, mais sa guitare acoustique est mise à profit sur Sígame.