Chronique

Jean Lapouge Trio

Plein air

Jean Lapouge (guitare), Grégoire Catelin (violoncelle), David Murris (batterie)

Label / Distribution : Great Winds/Muséa

Jean Lapouge invite au voyage, comme quand on était môme et qu’on se régalait de « Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». Chez ce trio à l’instrumentation inhabituelle (guitare électrique, violoncelle et batterie), on rencontre aussi des soleils mouillés et des ciels brouillés, des meubles luisants, polis par les ans… Un peu d’americana, un peu de rock, un soupçon de grande musique (le violoncelle sans doute), et beaucoup de jazz pour mixer le tout. On se sent bien en compagnie de cette musique tout en climats, presque de la musique de chambre concertante. De la poésie et de la balade, en tout cas, sur des compositions originales – voyez les titres : « Par la côte », « En campagne », « Cloches »… sans parler de la pochette, apaisante, et son troupeau de bovins.

Les cordes se frottent, magnifiées par la discrétion exemplaire mais incarnée de la batterie. On entend se mêler ici les influences de musiciens appartenant à des générations et des histoires culturelles différentes. À celles que revendique le guitariste sexagénaire (de Soft Machine à Eberhard Weber en passant par Miles Davis) s’ajoute la formation plus classique mais mâtinée de musiques du monde de Grégoire Catelin, en passant par les tribulations au long cours de David Murris – un homme qui vient d’ailleurs, puisqu’avant de devenir batteur il faisait dans l’océanographie et la géophysique marine… c’est dire si le grand air, il connaît : d’abord des accords folk et un thème jazz précédant trois accords « rockailleux » et des sonorités hispanisantes au violoncelle... on chemine bien « Par la côte » ! Puis « Acteur fétiche » part sur un picking aérien, et « Cloches » conclut le disque avec des clochettes qui s’égrainent et fleurent bon la campagne. Pas de doute, on est bien en « Plein air ».