Koum Tara
Barraim El Louz
Karim Maurice (p, dir, arr), Hamidou (voc, mandole), Brice Berrerd (b), Kamal Mazouni (perc), Gaël Rassaert (vl), Mathieu Schmaltz (vl), Clément Sozanski (alto), Amandine Lefèvre (cello)
Label / Distribution : ODRADEK
Le pianiste-claviériste Karim Maurice, dont Barry Harris fut le mentor lors de ses études à New-York, propose un travail d’orfèvre avec son chaâbi mâtiné de jazz, d’électro et de musique classique. Mille et un arrangements précieux et sensuels parsèment les compositions, dont certaines, comme « Houria » (« Liberté »), sont taillées pour les dance-floors, entremêlant funk profond et rythmes nord-africains que rehausse la derbouka méphitique de Kamal Mazouni - ce dernier étant par ailleurs un bassiste électrique au sens du groove sans pareil : il sait y faire pour titiller les bassins.
Certaines plages, plus méditatives, convoquent des effluves de spiritualité créole (la présence arabe et berbère dans l’Hexagone méritant cet adjectif) avec la voix de Hamidou, douce-amère comme une amande. Les grandes voix du chaâbi (Mahboub Bati, Dahmane « Yah Raya » El Harrachi et Mohamed El Badji), cette musique simultanément populaire et savante du patrimoine immatériel algérien, sont revivifiées dans le mix contemporain proposé par l’orchestre. Une réussite, cela va sans dire. Quoi de plus normal quand un collectif se pare d’un nom qui, sous son apparente évidence phonétique, signifie « Lève-toi et admire », issu d’une poésie traditionnelle aussi bien chantée par les musulmans que par les juifs ?
Les bourgeons de l’amandier (traduction du titre de l’album) sont autant d’effluves capiteux à même d’emporter l’auditoire au-delà des horizons des diversités, par-delà les rives de la Méditerranée.

